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dualite

Lundi 10 juillet 2006 1 10 07 2006 06:53

 

 

Toujours pour illustrer le rapport dualité-violence, voici quelques CITATIONS de Jiddu KRISHNAMURTI accompagnées de commentaires tout à fait personnels. 

 

KRISHNAMURTI   LA REVOLUTION DU SILENCE (Le Livre de poche)

Dans cet ouvrage, KRISHNAMURTI parle de la méditation, pour autant que l'on puisse parler d'un événement qui a lieu sans témoin. On y trouvera aussi des conversations avec des visiteurs qui portent sur la recherche de Dieu et sur la spiritualité. 

 

"L'actuel, dans l'existence, est le labeur quotidien, la routine avec ses luttes et ses conflits; c'est la souffrance de la solitude....l'ambition, la recherche d'un épanouissement, d'une réussite- et la douleur : cette liste couvre tout le champ de notre vie....

En contraste, ou en opposition à cela, il y a ce qu'on appelle vivre une vie religieuse ou une vie spirituelle. Mais le contraire contient le germe même de son opposé, de sorte que bien qu'il puisse vous paraître différent, il ne l'est pas."

Ce qu'apporte et ce que promet la religion : l'union, l'amour, la sérénité, le bonheur, ne correspond-t-il pas à ce qui nous manque cruellement dans la vie ? N'aurait-on pas pu le prévoir à partir de la nature de nos souffrances ? Si la religion n'est qu'une compensation, quelle valeur lui attribuer ?

 

 

"On se conforme à cause d'une promesse ou de l'espoir d'une récompense. On se discipline en vue d'obtenir quelque chose. Dans l'espoir d'un résultat, on obéit, on se soumet, et le modèle – communiste, religieux ou personnel- devient autorité. Il n'y a là absolument aucune liberté."

Se conformer, c'est, par définition, se soumettre, qu'on le fasse librement ou plus ou moins contraint.

A quoi, exactement, se soumet-on ? Pourquoi se soumet-on ? Quelle part de soi se soumet ? Ces trois questions sont liées.  On peut se soumettre à une réalité incontournable (le vieillissement, la fatigue etc). On peut se soumettre à une coutume, une règle collective, une loi de la société. On peut se soumettre aux volontés de quelqu'un, d'une institution. 

 

 

La coutume, la règle, la loi ont généralement leur bien-fondé, leur utilité.  On s'y soumet parce que l'on y adhère et on y adhère en confiance parce que ce qui nous est demandé et le résultat escompté sont clairs et bien définis. 

Jiddu KRISHNAMURTI fait allusion ici à une soumission qui fait suite à la croyance en l'accomplissement d'un rêve personnel. Le désir rend crédule. On se soumet aux exigences exprimées non pas parce que l'on en comprend nettement la nécessité et les fruits mais parce que l'on reconnaît les termes de notre désir. La promesse, le modèle expriment notre désir.

 

 

KRISHNAMURTI  COMMENTAIRES SUR LA VIE. Tomes 2 et 3 (ed. Buchet-Chastel)

C'est une exploration approfondie, avec un ou quelques visiteurs, des différentes questions de l'existence : la société, la mort, le désir, l'amour, la haine, la violence etc

Peut-être les ouvrages qui vont le plus loin dans l'exploration de l'esprit humain. Indispensables pour connaître Jiddu KRISHNAMURTI  

 

"Vous ne comprenez pas que toute ambition, tout désir de réussir en quoi que ce soit, est générateur de conflit intérieur et extérieur.

Le comment est le chemin de l'ambition et du conflit et c'est cette question elle-même qui vous empêche de voir la vérité du problème. Le comment est l'échelle de la réussite."

 

Le désir est générateur de conflit :

- parce qu'il introduit une opposition entre l'état actuel et l'état désiré

- parce qu'il introduit la peur que le désir ne se réalise pas ou que son contraire n'advienne.

- parce qu'il nous nous oppose, potentiellement, à toute personne qui se mettrait sur sa route.

- parce qu'il oriente toute notre perception, notre compréhension du monde de façon à ne pas manquer une occasion de le satisfaire. 

- parce qu'il est coercitif en soi et autour de soi à l'égard de tout ce qui ne sert pas ses intérêts.  

Demander "comment" montre que le problème, la réalité actuelle ne nous interesse pas, ce qui veut dire que nous n'avons pas de vraies raisons de nous en plaindre.

 

"Aussi longtemps que l'on se servira psychologiquement ou physiquement de l'homme, que ce soit au nom de Dieu ou en celui de l'Etat, la société ne pourra reposer que sur la violence.

Utiliser l'homme à une fin est une ruse qu'emploient le prêtre et le politicien, et cela détruit la relation."

 

Franchement, qu'est-ce que cela peut nous faire que l'oppresseur, l'exploiteur s'appelle X, Y, ou Z, soit de tel parti, de telle église, de telle idéologie ?

Qu'est-ce que cela peut faire si la cupidité, la soif de pouvoir, l'ambition, la cruauté sont toujours au pouvoir ? Le résultat sera le même n'est-ce pas ?   

 

"Toute expérience est un processus d'interprétation dans les termes du passé, du connu, et n'aboutit pas à nous libérer de ce connu, car ce n'est qu'une continuité modifiée de ce qui a été. L'esprit n'est libre que dans la mesure où cette continuité cesse.......

C'est ce désir de certitude, de sécurité qui est à l'origine de l'asservissement. Lorsque l'esprit n'est pas pris dans le filet de la certitude, et ne recherche pas celle-ci, alors- et alors seulement- il est en état de découverte."

 

Si l'on est conscient de vivre une expérience, si l'on peut parler d'expérience, c'est que la nature de cette expérience a été définie ainsi en fonction d'un arrière-plan de connaissance. C'est le connu qui donne à l'expérience sa dimension d'expérience. L'expérience dont on parle , c'est du connu qui prend une saveur nouvelle ou qui reçoit une nouvelle application. Le neuf, l'inédit ne peut être reconnu par le connu, l'arrière-plan. S'il advient, il échappe à toute classification. 

Le désir de certitude s'accomode très mal de l'ignorance, de l'imprévu, de l'inconnu.

 

"C'est l'idée que nous devons être en paix avec nous-mêmes qui rend le mécontentement douloureux. Vous pensez que vous devez être quelque chose n'est-ce pas ? - Un individu responsable, un citoyen utile et tout le reste.......

C'est, en fait, parce que l'esprit part d'une conclusion, d'une croyance, d'une expérience, d'un savoir qu'il se fait prendre par la routine, le filet de l'habitude, et étouffe ainsi le feu du mécontentement."

Si un phénomène psychique tel que le mécontentement est objet de jugement, de rejet de la part d'un arrière-plan de savoir, de croyance, alors il n'a pas la possibilité d'être ce qu'il est, de se faire connaître tel qu'il est et de déployer ses vertus éventuelles. 

  

 

 

KRISHNAMURTI   CARNETS (Ed. du Rocher)

C'est un journal que Jiddu KRISHNAMURTI a tenu en 1961 et 1962.

Il y relate ses états de conscience, rend compte des douleurs, particulièrement cérébrales, qui l'ont tourmenté un certain temps et surtout des compréhensions, visions qui jalonnent son évolution personnelle.  

 

 

"Apprendre sur soi-même n'est pas accumuler du savoir sur soi-même......

Celui qui apprend afin d'accumuler cesse d'apprendre... Connaître, apprendre sur soi-même n'a ni commencement ni fin, alors que  le savoir en a. Le savoir est fini et l'acte d'apprendre, de connaître n'a pas de fin...

Quand il y a une vision, une compréhension du fait qui n'est ni verbale ni théorique, quand celui-ci est vu comme tel, apprendre a lieu d'instant en instant et cet acte est sans fin; c'est cela qui importe le plus et non les échecs, les réussites ou les erreurs.

Seul le voir existe, et non celui qui voit et ce qu'il voit."

 

Ces propos permettent de préciser ce que KRISHNAMURTI entend par : "se connaître soi-même" et de le distinguer des philosophes qui ont pu exprimer la même idée.

Il ne s'agit pas là de se constituer un savoir. Au contraire, LE SAVOIR S'OPPOSE AU VOIR en ce qu'il influence,conditionne la vision (Comme nous venons de l'indiquer).

 

C'est d'instant en instant, sans chercher à en faire un savoir , qu'il faut être au fait, conscient ,des processus et événements divers qui jalonnent notre vie. Ces événements et processus se renouvellent, changent sans cesse. Apprendre, voir  implique d'être sans cesse à l'écoute sans a priori, sans idées préconçues.

La vision directe à laquelle KRISHNAMURTI fait allusion se situe en amont de la pensée, avant que celle-ci ne nomme les choses, quand les faits constatés sont encore bruts ou de l'ordre du phénoménologique ou du ressenti. 

 

 

"Il s'avère donc très difficile d'être vous-même; si vous êtes tant soit peu éveillé, vous connaissez la souffrance inhérente à tout cela. Vous vous noyez alors dans votre travail, votre croyance, dans vos méditations et idéaux fantastiques.

Et vous voilà au seuil de la vieillesse et de la tombe si vous n'êtes déjà mort intérieurement.

Ecarter toutes ces choses, leurs contradictions et leur souffrance croissante pour n'être rien, serait l'attitude la plus naturelle, la plus intelligente. Mais avant de n'être rien, il faut avoir déterré toutes ces choses cachées, pour les exposer et les comprendre.

Pour comprendre ces désirs et ces contraintes cachés, il faudra en avoir une conscience sans choix, comme pour la mort; alors dans le pur acte de voir, elles se faneront et vous serez sans souffrance, et par là vous ne serez rien.".

 

 

La douleur de ne pouvoir être soi-même, de se trahir sans cesse ou du moins  d'être infidèle à soi-même est, en effet, notre lot à tous. Et nous nous désespérons de ne pouvoir y remédier.

Mais n'être rien, qui voudrait cela aujourd'hui à part quelques mystiques ? Cela semble du suicide.

Pourtant, KRISHNAMURTI suggère que le simple fait d'exposer au jour ces croyances, désirs, idéaux,  va entraîner tout naturellement leur décomposition et leur disparition. Comme s'ils ne devaient leur existence et leur pouvoir qu'aux faisceaux de pensées qui les accompagnent, comme s'ils étaient tous surfaits. 

N'être rien, c'est n'être rien pour la pensée. 

 

 

KRISHNAMURTI   ETRE HUMAIN ( Ed. Le Courrier du livre)

Le ton de cet ouvrage est plus léger que  les autres. Jiddu KRISHNAMURTI s'attache plus spécialement à explorer l'influence des images, idées, concepts sur notre vie. Il nous dévoile aussi, certains axes fondamentaux de sa philosophie.  

 

 

"Quel est l'état de l'esprit qui dit : « je ne sais pas s'il existe un Dieu, s'il existe l'amour » C'est à dire, quand il n'y a pas de réaction de la mémoire...Cet état dans lequel l'esprit dit : « je ne sais pas » n'est pas un état de négation. L'esprit a totalement cessé de chercher, il a cessé tout mouvement, car il voit que tout mouvement visant à sortir du connu pour aller vers ce qu'on appelle l'inconnu n'est qu'une projection à partir du connu.

Seul l'esprit qui est capable d'être dans un état de non-savoir – pas seulement sous forme d'une affirmation verbale mais d'un fait réel – est libre pour découvrir la réalité."

 

 

Tout mouvement de l'esprit, toute recherche s'appuient sur un savoir, sur le connu. Voir cela, voir que l'esprit en mouvement n'échappe pas à sa mémoire et donc ne peut que perpétuer un conditionnement produit un état d'esprit tout à fait différent. 

L'esprit réalise son impuissance, il y a un arrêt des fonctions habituelles qui seul, permet d'accueillir le neuf.  

 

   

"Nier tout ce que nous considérons comme positif, nier la totalité de la morale sociale, nier toute acception intérieure d'une autorité, nier tout ce qu'on a dit ou conclu à propos de la réalité, nier toute tradition, tout enseignement, toute connaissance, sauf la connaissance technologique, nier toute expérience, nier toutes les pulsions qui trouvent leur origine dans des plaisirs dont on se souvient ou qu'on a oubliés, nier toute plénitude, nier tout engagement à agir d'une manière particulière, nier toutes idées, tous principes, toutes théories. Une telle négation est l'action la plus positive, de ce fait c'est la liberté."

 

 

S'il faut nier tout cela, c'est que tout cela nous détermine à notre insu. Il n'y a, en effet, aucune raison de nier des choix libres, effectués en connaissance de cause.

 

 

 

KRISHNAMURTI  L'EVEIL DE L'INTELLIGENCE. ( Ed. Stock)

Cet ouvrage est constitué de conférences puis de conversations au cours desquelles Jiddu KRISHNAMURTI questionne avec insistance et acuité ses auditeurs de façon à permettre les prises de conscience nécessaires sur les sujets importants de l'existence.  

 

 

"Nous voulons découvrir pourquoi nous autres, êtres humains, recherchons toujours la satisfaction....la plupart d'entre nous désirent avoir une situation éminente, être le meilleur ingénieur, le meilleur avocat ou le président de quelque société, ou ceci ou cela. Pourquoi ? C'est qu'intérieurement nous sommes des gens tout à fait ordinaires, pleins de tourments, de conflits, de luttes, une peur qui est constamment là...je le désire parce que dans la vie quotidienne, je suis simplement un petit être humain pas très heureux."

 

 

Nos ambitions ne sont-elles pas des compensations ? Nous voulons compenser notre misérable ou médiocre opinion de nous-mêmes, notre tristesse ou notre détresse par des réussites sociales les plus marquantes possibles. Cette réussite apportant une sorte de démenti et de revanche. Quel besoin d'être ambitieux si nous sommes heureux et en paix avec nous-mêmes ? 

 

 

"Ma conscience est la conscience du monde, et la conscience du monde c'est moi."

 

 

Ce sont des propos qui ont souvent été repris. Cela ne signifie pas, à mon avis,  que chacun d'entre nous est responsable de ce qui se passe dans le monde entier ou que notre conscience est extensible au monde entier. Cela signifie que notre conscience est constituée de notre vision du monde, de notre appréhension du monde. Nous agissons à l'égard du monde, nous nous comportément conformément à notre conscience.  

Si nous voyons le monde, la vie, comme une grande compétition, comme un ring, toutes nos relations, toutes nos actions seront conflictuelles, implacables et nous serons responsables, à notre échelle, dans notre milieu, des désordres qui s'ensuivront.

 

 

Cela signifie également que pour que le monde change, il faut que les consciences changent. Ce sont toutes ces consciences qui le construisent et le maintiennent. A elles seules, les institutions, les lois ne sont que des coquilles vides. 

 

 

"Dans cette conscience, il y a tout le contenu, les efforts humains, les tourments de la cruauté, du mal, toutes les activités humaines se poursuivent dans cette conscience....... Quand nous parlons de changement dans la conscience, nous changeons la position des morceaux, les prenant dans un coin pour les mettre dans un autre...nous nous livrons à des jongleries." 

 

 

Il s'agit en fait de changements DANS la conscience sous l'égide d'un soi-disant organisateur qui voit et réaménage l'ensemble. De cette façon, les éléments prennent les uns par rapport aux autres un sens un peu différent. Mais avons-nous réellement changé la nature des éléments déplacés ?

 

"Nous rendons-nous compte que ce penseur fait partie de cette conscience et qu'il n'est pas une entité séparée existant en dehors d'elle ?"

 

 

La pensée suscite le penseur. Il apparaît à la conscience comme portée par elle. Mais ce n'est pas une  pensée différente des autres. 

L'homme a UN esprit, UNE conscience et l'opération mentale par laquelle une pensée donne son avis sur les autres pensées n'est qu'un jeu intellectuel grâce auquel le penseur se donne l'impression de dominer le sujet et de s'en abstraire. Alors qu'en réalité il n'a fait que de donner la priorité à une de ses pensées sur les autres.

 

 

"Cette entité (le penseur) qui paraît être séparée fait partie de ma conscience....Je me trouve donc devant ce fait qui est la division entre l'observateur et la chose observée

"C'est donc un fragment qui a pris sur lui l'autorité d'agir sur les autres. Mais il demeure que c'est un fragment et par conséquent il y a une lutte entre lui et les autres. Et n'est-il pas possible de voir qu'une telle fragmentation ne résoud pas nos problèmes ?"

 

 

Ce fragment, (le penseur correspondant à une pensée), qui se croit au-dessus de la mêlée des autres pensées mais qui est dans la mêlée veut agir sur les autres fragments (le reste de la conscience). Mais comment une pensée pourrait-elle agir sur les autres pensées, comment pourrait-elle changer l'esprit tout entier dans lequel elle est englobée ? Tout ceci est un jeu mental vain. 

 

 

"Dès l'instant où il a pris sur lui cette autorité, il est contraint de maintenir la fragmentation"

 

Tant qu'un fragment existe, il maintient la fragmentation. . Par son existence même, le penseur qui s'est saisi d'une pensée maintient la division de la conscience. Tant qu'il a l'illusion de représenter la totalité de la personne, le conflit persiste.

 

 

"Le "moi" est la racine de toute cette confusion, ce "moi" s'est identifié avec une certaine nation, une certaine communauté, une certaine idéologie ou un fantasme religieux. Il s'est identifié avec un certain préjugé, et il dit : "il faut que je me réalise"; et, quand il se sent frustré, il y a colère et amertume. C'est lui qui dit : "Il faut que j'atteigne mon but, il faut que je réussisse", c'est lui qui veut et qui ne veut pas, qui dit : "je voudrais vivre en paix", et c'est le "moi" qui devient violent" 

 

Quand nous disons : "moi", c'est bien à ce "moi" que nous faisons référence. Il est le centre d'attraction et de répulsion. Il est ce qui nous distingue de tout le reste du monde. Il est le sujet de nos préoccupations, notre centre d'intérêt. Nous sommes prêts à tout pour le protéger voire le fortifier, le dilater. L'identification et l'acquisition sont à l'oeuvre pour le renforcer. Le moi se définit par rapport à tout ce qui n'est pas moi. Il est donc à l'origine des conflits, des rivalités. 

 

 

 

"Quand c'est le "moi" qui voit, inévitablement il a peur, inévitablement il résiste et dit : "Comment vais-je vivre ?" Comment vais-je faire ? Me faut-il renoncer à ceci ? Dois-je tenir à cela ?" et ainsi de suite. Nous avons dit tout mouvement du "moi" est violence.

Mais il existe une simple vision du tableau qui est entièrement différente"...... Voir le tableau sans direction, sans orientation, sans but, simplement voir."

 

 

Si le "moi" a peur, c'est qu'il n'est pas assuré. Il est l'inquiétude même. On dirait même que c'est cette inquiétude qui le constitue, qui le fait exister. La sérénité, la détente totale sont-elles compatibles avec l'activité d'un moi ? Pour le "moi" la vie est un combat permanent.   

L'absence de direction, d'orientation, de choix, de but,  selon KRISHNAMURTI, caractérise une vision non egocentrée.

 
SE LIBERER DU CONNU

Ce texte est, sans doute, le plus connu de Jiddu KRISHNAMURTI. Le titre, comme je l'ai lu quelque part, viendrait de l'éditeur. Jiddu KRISHNAMURTI affirmant lui-même, en de nombreuses occasions, qu'il est impossible de lutter contre son conditionnement ou de s'en débarrasser, de quelle libération s'agit-il alors si nous restons à jamais ce que nous sommes, et qu'entend-t-il par connu ? 

" La cause fondamentale du désordre en nous-mêmes est cette recherche d'une réalité promise par autrui. Nous obéissons mécaniquement à celui qui nous promet une vie spirituelle confortable "

Nous sommes en quête de cette réalité promise par autrui. Ce qui signifie que cette réalité est devenue vérité. Nous savons où nous allons, ce que nous cherchons. 

" La Vérité n'a pas de sentier, et c'est cela sa beauté : elle est vivante. Une chose morte peut avoir un sentier menant à elle, car elle est statique; Mais lorsque vous voyez que la vérité est vivante, mouvante, qu'elle n'a pas de lieu où se reposer, qu'aucun temple, aucune mosquée ou église, qu'aucune religion, qu'aucun maître ou philosophe, bref que rien ne peut vous y conduire - alors vous verrez aussi que cette chose vivante est ce que vous êtes en toute réalité " 

La Vérité ne peut pas faire l'objet d'un savoir ou n'est pas de l'ordre d'un savoir sans quoi son accès serait connu. Nous saurions où aller, à qui nous adresser. Ce qui est vivant, mouvant, ne peut pas faire l'objet d'un savoir.  

" L'homme qui dit : je veux changer, dites-moi comment m'y prendre, peut paraître très profondément sincère et sérieux, mais il ne l'est pas. Il est à la recherche d'une autorité, dans l'espoir qu'elle mettrait de l'ordre dans sa vie.  Mais son ordre intérieur pourrait-il jamais être instauré par une autorité ? "

"Dites-moi", "comment", "autorité"....toujours quête d'un savoir. L'autorité est censée savoir.  S'en remettre à une autorité, c'est s'en remettre à son savoir. Ce qui nous dispense d'une véritable démarche personnelle.

" Lorsqu'on parvient à une réalisation, on a perdu les qualités propres à l'innocence et à l'humilité. Dès que l'on tient un résultat, ou que l'on cherche à s'informer en se basant sur des connaissances acquises, on est perdu, car on ne fait que traduire tout ce qui vit en termes de ce qui n'est plus. Mais si l'on n'a aucun point d'appui, aucune certitude, on est libre de regarder ; si l'on n'a aucun acquis, on est libre d'acquérir "

Tenir un résultat, se baser sur des connaissances acquises, avoir des certitudes, des points d'appui intellectuels, c'est toujours se reposer sur un savoir. Être innocent, humble, au contraire, c'est être ouvert à ce qui est, sans la résistance que constituerait la défense de certains points de vue.

" Pouvez-vous observer la peur sans rien en conclure, sans qu'interviennent les connaissances que vous avez accumulées à son sujet ? Si vous ne le pouvez pas, c'est que vous observez le passé et non la peur ; si vous le pouvez, c'est que vous observez la peur pour la première fois, sans qu'intervienne le passé "

Observer la peur elle-même et non les idées, le savoir accumulés au fil du temps sur la peur. 

" Tant que je considère la vie d'un point de vue particulier ; ou en fonction d'une expérience vécue que je chéris ; ou à partir de certaines connaissances que j'ai amassées (toutes ces données étant mon arrière-plan, c'est à dire mon moi) je ne peux percevoir aucune structure dans sa totalité. J'ai découvert intellectuellement, verbalement, par une analyse la cause de ma dépendance, mais tout ce qu'explore la pensée est inévitablement fragmentaire "

La pensée, fruit d'expériences ou connaissances diverses, fournit un pseudo-savoir à partir duquel la vie sera interprétée, comprise. Mais ce ne sera jamais qu'une compréhension partielle, superficielle du fait que ce savoir est partiel.
 

" Peut-on, étant ainsi constitué, trouver cette liberté qui est solitude totale, en laquelle n'ont de place ni chefs spirituels, ni traditions, ni autorités. Cette solitude est un état d'esprit qui ne dépend d'aucun stimulant, d'aucune connaissance. Elle n'est pas, non plus, le résultat de l'expérience et des conclusions que l'on peut en tirer. "

Cette solitude de l'esprit est une sorte de vide, de désert de pensée et une sorte de dénuement. Les traditions, les chefs spirituels, les autorités, les connaissances et la sécurité qu'ils procurent sont absents.

" Vous attendez que je vous dise ce qu'est ce silence afin de le comparer à ce que vous pouvez en penser, de le traduire, de l'emporter et de l'enterrer. Il ne peut pas être décrit. Ce qui peut se décrire n'est jamais que du connu, et l'on ne peut se délivrer du connu qu'en mourant chaque jour à lui " 

Le connu, ce n'est pas seulement ce que l'on reconnait, c'est le savoir que l'on possède, que l'on utilisera et que l'on exposera. La vérité de la vie est toujours neuve, nouvelle. Elle est changeante, mouvante. Nul chemin, c'est à dire nul savoir, acquis par soi ou détenu par quelqu'un,  ne conduit à cette vérité.      

 


KRISHNAMURTI   DUALISME OU MONISME 

L'approche du réel par Krishnamurti est non-duelle. L'observateur est l'observé, le penseur, la pensée. Il n'y a qu'une seule conscience et seule la vision globale, non-divisée, est exempte de déformation. Mais la philosophie profonde qui sous-tend tout cela n'est-elle pas dualiste. ? Il n'y a rien à attendre du mental qui est radicalement et définitivement séparé de l'Inconnu, de l'Incommensurable. L'immobilité de l'esprit (c'est à dire l'ordre total qui est semblable à l'ordre qui règne dans la mort) peut permettre à cet Incommensurable d'advenir. Mais l'Incommensurable peut venir ou ne pas venir.

Chez les maîtres de la non-dualité au contraire, même si la pensée est l'obstacle à la Réalisation, elle n'est cependant pas séparée du Soi. Rien n'existe sans le Soi. (ou l'Atman) Il faut remonter le fil pour atteindre la source. 

L'Inconnu est-il étranger à l'homme et vient-il l'habiter ou l'homme en fait-il partie ? Bien sûr, tout est emporté par « l »otherness » dont il est question dans « Carnets », mais la façon dont Krishnamurti en parle peut donner l'impression que c'est la première alternative qui se révèle la bonne : « Ce matin, juste avant le petit déjeuner, telle un couteau lancé sur une terre molle, cette bénédiction avec sa puissance, sa force. Venue comme l'éclair, elle est repartie aussi vite » «  et à nouveau l'après-midi, entrant dans la chambre à la vitesse de l'éclair pour repartir bientôt » «  et lorsque cet otherness vint, il se manifesta avec une telle beauté, une telle intensité que tout s'immobilisa; il emplissait la chambre et bien au-delà »

 

D'autre part, pour Krishnamurti, il n'existe absolument pas de soi ou d'entité permanents chez l'homme. Inutile de partir à sa recherche : «  L'approche traditionnelle consiste à aller de la périphérie vers l'intérieur, avec l'idée que le temps, les dévotions, le renoncement permettront d'atteindre graduellement cette fleur intérieure, cette beauté intérieure, cet amour....et lorsque, enfin, on arrive au centre, on s'aperçoit qu'il n'y a rien, parce qu'on s'est rendu amorphe, incapable, insensible » (« Se libérer du connu »)

«  Donc, si vous êtes une entité spirituelle....C'est fini, il y immortalité. Mais vous n'êtes pas cela »

«  Si c'est (l'entité spirituelle) au delà des temps, c'est immortel. Et si c'est immortel, si c'est au-delà de moi, alors je n'ai aucun contrôle sur cela; ce n'est pas dans le champ de ma conscience » (De la connaissance de soi »)

Si l'hypothèse est juste, comment expliquer cette vision pénétrante qui n'est pas conditionnée et qui est intemporelle ?

voir aussi :  

   http://www.unisson06.org/dossiers/religion/ecrits_spirituels/maitres_spiritualite/jiddhu_krishnamurti.htm

 

     

  

   

Par Jean Louis
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Dimanche 9 septembre 2007 7 09 09 2007 11:55

mental.jpg

Le sens à donner aux événements, aux écrits, aux discours divers semblent mobiliser toute l'attention de ceux qui s'expriment.
 Comme si les choses ne commençaient qu'avec le point de vue, l'opinion que l'on adopte. Les médias transforment la société en champ clos pour ces opinions. Le grand enjeu étant de façonner, d'influencer, d'éclairer, de former les opinions des uns et des autres.


 
En amont de l'opinion, qu'y a-t-il ? Existe-t-il quelque chose d'interessant ?

Je vous propose cette petite expérience fortement inspirée d'un propos de Ramana MAHARSHI :

Prenez un verre, remplissez-le d'eau. Regardez le verre d'eau en imaginant qu'un singe est en train de le boire. (A la place du singe, vous pouvez mettre n'importe qui)
Maintenant, essayez de boire ce verre d'eau sans penser à un singe buvant un verre d'eau. ....? ? ?
L'image du singe buvant un verre d'eau s'est trouvée mémorisée et réapparaît aussitôt. Nul besoin d'adhérer à l'idée. C'est automatique.

Il se trouve, n'est-ce pas, que nous avons une mémoire. Il se trouve que cette mémoire fonctionne ou peut fonctionner sans que nous ayons besoin de nous en occuper, sans avoir à décider quoi que ce soit, sans effort de notre part.


Il se trouve que nous ne contrôlons pas ce que notre mémoire emmagasine.
Il se trouve que nous ne retenons pas seulement ce que nous voulons retenir. Il se trouve même que nous ne retenons pas uniquement ce dont nous sommes ou avons été conscients.

 


Il se trouve, comme d'innombrables expériences le prouvent, que la mémoire réagit en émettant des images, des idées, des mots.
 Il se trouve que ces images, ces idées, ces mots surgissant dans notre esprit, ont tendance à produire des effets, à nous mobiliser.
Nul besoin de notre adhésion.

 

 

 

Notre univers mental ? C'est simple. C'est l'ensemble des images, des pensées, des mots qui nous viennent spontanément à l'esprit au quotidien.
On peut laisser les facteurs divers et variés qui vont influer sur la mémorisation et les réactions de la mémoire aux psychologues qui vont rivaliser de théories ingénieuses, préoccupés qu'ils sont de démontrer qu'ils ont un pouvoir sur le psychisme humain.

Il suffit de savoir que la mémoire, c'est sa fonction naturelle,  réagit aux stimuli et sollicitations de l'existence sous forme de pensées et d'images. Mais nous ne pourrons jamais contrôler ni les éléments mémorisés au fil de l'existence, ni les conditions d'apparition de ces images et pensées.

Plus grave encore, le processus de mémorisation implique un certain accord de notre part, une approbation qui ne sont pas forcément volontaires, lucides. On ne peut pas retenir quelque chose que nous rejetons, refusons, écartons. 
Don Miguel RUIZ, dans "Les quatre accords toltèques" va plus loin :
" La seule façon de conserver de l'information, c'est d'être d'accord avec elle " 
Et cet accord est souvent accordé à la légère ou sans y prêter attention.

Le monde dans lequel nous vivons, ce qui constitue notre univers quotidien : travail, loisirs, médias, environnement, univers culturel etc peuvent être enregistrés en mémoire et ressurgir sous formes de pensées agissantes ou structurantes .

 

 


Pendant que les médias diffusent les avis des uns et des autres prétendant nous informer, il se trouve que les thèmes, les images, les idées fortes de ces émissions se gravent concrètement dans notre mémoire. Inutile de dire que si des thèmes ou des idées sont ressassées, nous avons peu de chance d'échapper au marquage.

Alors tous ceux qui regardent des films violents, s'identifient à des héros violents, jouent à des jeux-video violents, entendent des chansons violentes n'agresseront pas forcément quelqu'un physiquement, mais il leur viendra des images violentes, des pensées violentes.  Seulement cela ne se voit pas. L'univers mental est invisible.

De la même façon, le pouvoir de la publicité ne réside pas dans le bien-fondé ou la logique de ses messages mais dans le fait qu'ils sont rabachés de façon identique à longueur de journée. Elle cherche à s'enraciner durablement et profondément en mémoire pour provoquer des réflexes conditionnés ou pour déclencher des pensées inconscientes qui aboutiront à des comportements instinctifs. 

La meilleure façon d'établir son pouvoir, son influence sur quelqu'un, en dehors des institutions et structures qui confèrent ce pouvoir, est de s'en prendre à sa mémoire. D'où les apprentissages par coeur, les répétitions, les techniques pour marquer les esprits (idéalisation, émotion etc)

Lu ici : http://mandala.skynetblogs.be  

Surveille tes pensées, car elles deviennent tes mots.
Surveille tes mots car ils deviennent tes actions.
Surveille tes actions, car elles deviennent tes habitudes.
Surveillent tes habitudes, car elles deviennent ton caractère.
Surveille ton caractère, car il devient ton destin.
Mais n'oublions pas qu'hier est de l'histoire ancienne,
demain est un mystère et aujourd'hui est un cadeau. (anonyme)
  

Tous les vices, toutes les violences, toutes les injustices, toutes les folies sont dans la société. C'est une source immense et inépuisable d'occasions d'exercer tous ses mauvais penchants, de réaliser tous ses désirs.

 


Ainsi, nous sommes comme affranchis du devoir d'examiner la nature et la justesse de nos envies ou idées si ces envies et idées se trouvent déjà dans la société.
Elles apparaissent alors comme des éléments de socialisation, de reconnaissance. Elles sont, de ce fait, quasiment légitimées.

 


Il est impensable de proposer la société en exemple, de faire de la socialisation un but si on donne à ce mot le sens, non pas d'art des relations humaines, mais de conformité ou d'adhésion aux forces sociétales ou aux créations de la société.

Sans bien comprendre la façon dont il se forme, sans connaître tous les facteurs qui interviennent dans la mémorisation, nous sommes quand même bien obligés d'admettre que notre univers mental va dépendre de l'existence que nous menons : les idées et les événements auxquels nous prêtons attention ou auxquels nous accordons de l'importance, les sollicitations du monde environnant, tout ce que nous faisons et disons. Parce que nous ne maîtrisons ni les processus de mémorisation ni les processus de remémoration, ni nos pensées, nous devons nous soucier de ne pas nous faire de mal.     

 

Par Jean Louis
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Vendredi 12 octobre 2007 5 12 10 2007 12:17

I  L'INTOX 24 heures sur 24

Commu
nication, information, publicité, propagande, marketing, sensibilisation, campagne, messages, commentaires, annonces etc
 
Il est clair que les idées circulent de plus en plus vite et en nombre croissant.
Autrefois, la propagande, les informations étaient l'apanage de quelques institutions : l'Etat, l'Eglise. Encore fallait-il aller vers ces sources.

Après les affiches et les journaux sont apparus la "tsf", le cinéma. Puis la télévision. Maintenant nous avons les téléphones portables, internet.....

Nous sommes en situation de recevoir (et d'émettre) un nombre tous les jours croissant de messages : textes et images.

Ce n'est pas sans poser un sérieux problème.

 "Cerveau planétaire" dit Joël de ROSNAY ? Est-ce bien sérieux ?

Quelle garantie avons-nous de la véracité de tous ces messages ? Et quelle possibilité avons-nous de vérifier voire de recouper des informations ? Le plus souvent aucune sauf à entamer une enquête longue, difficile, hasardeuse. Nous n'en avons pas le temps.

Internet a peut-être révélé de façon plus aiguë que les informations pouvaient être sujettes à caution. Ce serait nous rendre un grand service.

On peut dire, sans exagérer, que nous vivons ou pouvons vivre au coeur d'un flot ininterrompu de messages de toutes sortes.

Nous venons de voir que tout ce qui était mémorisé était susceptible de donner lieu à des pensées et que les pensées pouvaient se transformer en actes.

La vocation des mots est de susciter des images. Les images parlent peut-être d'elles-mêmes mais elles parlent d'autant mieux et d'autant plus fort qu'elles sont accompagnées de commentaires. 

                         
 Les parents d'aujourd'hui               Aujourd'hui les enfants
manquent de temps pour                sont de plus en plus exigents.
s'occuper des enfants.                     Ils harcèlent leurs parents.

 

Il y a lieu de s'interroger sur la fiabilité de toutes les informations que l'on reçoit, sur  la nature ou à la légitimité des emetteurs mais aussi sur l'usage que nous ferons de ces informations.

Honnêtement, sérieusement, on ne devrait pas décider d'agir ou d'adopter une opinion sur la foi d'informations que nous ne pouvons pas vérifier. Je sais que certaines actions donnent bonne conscience, mais quand même.
 
Or, je crains que cela ne concerne TOUTES les informations diffusées par les médias, à quelques très rares exceptions près. Même lorsque nous avons affaire à un événement aussi flagrant et massif que le tsunami de Thaïlande, il est difficile de se faire une idée claire et fiable des dégâts et des besoins.

En fait, nous dépendons entièrement des journalistes ou de tous ceux qui diffusent des messages sur les médias. Notre confiance dans ces informations sera exactement proportionnelle à la confiance que nous avons dans les émetteurs.

Car il n'est guère possible non plus de se renseigner à leur sujet. C'est un acte de foi.

Mais la raison principale pour laquelle la télévision et la radio ont un tel succès, c'est qu'elles alimentent les pensées spontanées ou prennent leur relais. Car la pensée permet de se sentir exister, de combler le vide existentiel.

On se situe, on s'affirme par rapport aux nouvelles, informations, commentaires, images. Cela nous change de nos pensées habituelles. Peu importe la vérité des diffusions.  C'est juste pour conforter le "je".

TROPISME :

Car le vide est ressenti seulement par l'ego. C'est un problème propre à l'ego. Plus l'ego est important et plus il éprouve le besoin d'accomplir des choses, de faire ses preuves, de réussir, de fuir un vide de plus en plus menaçant. 

" Il n'est rien en dehors des faits mentaux qu'il a. Il n'en est que l'idée générale, le lieu-dit. Mais se concevant comme une entité, il veut savoir quel rôle il doit jouer dans la nature - nous concevons toute chose comme existant en vue d'une fin ou en fonction d'un rôle, utile ou autre ;  s'il n'a pas de rôle à jouer, de but à atteindre, de valeurs à découvrir et à mettre en pratique, le moi va se retrouver face à son néant, l'entité va voler en éclats et la calamité à la U.G. va advenir. Alors, c'est la fuite en avant éperdue " ( Jean-Michel TERDJMAN .- Le dos au mur .- ed. Les deux océans)    

L'objectif des médias est donc surtout de satisfaire ce besoin.
 
1) Besoin : "entertainment " : 

- A l'instar des pensées spontanées, il faut que les informations soient facilement assimilables et nous soient, si possible, familières, nous concernent.
- il faut de l'action de l'entrain, du dynamisme, de l'humour, c'est plus agréable.

2)  Besoin de réagir, d'agir : 

Les images ont une fonction très importante. Elles apportent l'émotion, elles ont un grand impact, associées aux commentaires elles ciblent précisément l'objectif à atteindre. Mais surtout, surtout, contrairement aux paroles mêmes destinées à frapper les esprits, à stimuler notre imagination, mais qui nécessitent un certain effort de notre part, elles s'imposent immédiatement, elles passent pour être la réalité elle-même, incontestable.

Les paroles, en effet, conduisent, aboutissent à des images, des représentations  puisque les mots ont pour fonction de désigner des choses concrètes ou abstraites. Quand l'image ou la représentation est déjà là, c'est plus simple.  

Quelle différence faisons-nous entre le monde que nous avons devant les yeux et le monde en images de la télévision ou des magazines ? En fait, nous n'en faisons guère.

Et pourtant, on oriente, on fabrique, on manipule les images de la même manière que les idées. On leur fait dire ce que l'on veut. (Voir les illustrations au-dessus)

Apparente réalité et possibilité de réagir (un mot en vogue) et, éventuellement, de participer, collaborer, à l'invitation des medias, à une campagne, un forum.
La satisfaction apportée par cette affirmation ou mise en valeur de soi fait oublier la prudence nécessaire à l'égard du message.

3)  Besoin d'aimer et de détester 

"Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose." disait Beaumarchais.

La rumeur est instillée ou exploitée par les médias. La rumeur devient une occasion de communiquer à outrance sur la rumeur et de l'amplifier. La suspicion, le parti-pris, l'opinion, la croyance, se développent à partir de la rumeur.

Quand la vérité se révèle, elle concerne un fait particulier, rarement tout le contexte, les causes et les intentions. Aussi les suppositions tombent, mais pas les parti-pris, les opinions, les croyances, les préjugés qui ont fait plaisir à leur auteur et auxquels il ne veut pas renoncer. Ils réapparaitront à la première occasion.

Il y a des rumeurs, des opinions qui ne sont jamais démenties parce que l'on ne cherche pas à savoir la vérité : ce sont les clichés. Les clichés sont le terreau sur lequel se développent, les rumeurs et les opinions. Les médias réactivent régulièrement les clichés,  s'appuient sur eux et les exploitent au maximum.

Aujourd'hui, on parle moins de rumeur que d'opinion. Quelle différence entre : opinion publique et "rumeur du monde" ? 
Toutes les conditions sont réunies pour que la rumeur-opinion circule, gonfle, commande.
- absence de vrai savoir sur le sujet. Pas de vérification personnelle.
- bouche à oreille assuré par les médias
- amplification, transformation de la rumeur en événement assurées par les médias. (Ce que raconte les médias devient l'événement couvert pas les médias)

4) Et surtout, besoin de combler le vide.
Le vide de sens, le face à face avec soi-même. Les médias audiovisuels diffusent 24 heures sur 24. Il y a de la parole, de la pensée qui fournissent un rapport à soi 24 heures sur 24. L'entertainment, les occasions de réagir, de prendre parti, de penser, d'exister,   fonctionnent 24 heures sur 24. La répétition des publicités, des nouvelles rassurent, offrent un semblant de stabilité, de permanence. 

En flattant, exacerbant notre ego, les médias suscitent les divisions, les parti-pris, les méfiances, les croyances, les conflits, les rumeurs, les passions.

On peut imaginer ou comprendre que lassés d'être manipulés, nos concitoyens se rabattent sur la fonction "entertainment" et ne prennent tout en spectacle distrayant.
Les médias ne sont que des extensions possibles de notre mental. 

   
II  COMMENT RECONNAITRE UN MANIPULATEUR

1) Rendre vulnérable : 

- empathie : donner l'impression qu'on vous comprend, qu'on vous connait.
Description amicale et adroite de votre situation actuelle.
- susciter une conscience malheureuse : cette description met en lumière
des difficultés de vie, exacerbe l'affliction, des tristes sentiments dans le domaine
choisi par le manipulateur (situation morale, sentimentale, matérielle etc) et ceci
en référence au modèle inverse, à l'idéal..

2) Mobilisation :
Susciter, encourager la révolte, la réaction, le désir d'en sortir.

3) Salut.
Présentation de la solution préparée par le manipulateur. 
C'est la réponse aux problèmes soulevés précédemment. 
Espoir en rapport avec l'idéal précédent. Promesses. 


Illustration à l'aide d'un cas déjà cité : 
http://www.eglise-reformee-mulhouse.org/textestheo/sens.html  

1) rendre vulnérable (empathie et conscience malheureuse) 

"On se regarde un jour dans les couples d’en face, et on n’a plus rien à se dire, on ne s’est pas aperçu que, pendant dix ans de vie commune, on a passé son temps à s’occuper de ce genre de petits riens, plutôt que de s’occuper de ce qui était fondamental pour la vie du couple. Il en est de même pour la foi et la spiritualité, pour les relations avec les autres, et pour la structuration de notre propre individu. Zapper n’a jamais forgé une âme, ni même un esprit."  Idéal de référence : " fondamental dans la vie de couple " " spiritualité" "Forgé une âme"

2) Mobilisation : 
"Nous sommes effectivement tombés sur la tête et il est temps, humblement mais fermement de réagir. Le fer de lance de ce qu’il faut bien appeler une reconquête nécessaire, devrait être le peuple des croyants.
Il est temps que le peuple de l’Église se remette sur les rails et se repose véritablement les questions qui doivent être posées dans une vie humaine."

3) salut
Notre Dieu doit être le sens de nos vies...etc
 




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Par Jean Louis
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Samedi 22 décembre 2007 6 22 12 2007 15:35

Il y a, selon moi, deux paradigmes, deux grandes conceptions ou théories de l'homme et du monde possibles.

Et je pense que nous sommes constamment et pour longtemps encore confrontés à eux, que nous le voulions ou non, que nous ayons choisi un paradigme ou un autre.
 
Selon la première vision de l'homme et du monde, les idées, les pensées, les croyances, les convictions sont essentielles, sont la vérité de l'homme et du monde, sont les critères qui permettent de les évaluer. 
La valeur de l'homme se confond avec la valeur de ses idées et des actions qu'il accomplit conformément à ces idées.

Selon la seconde vision, il y a une nature fondamentale de l'homme déjà totalement
présente maintenant
. Et 
cette nature est le bien ou la valeur suprêmes. Elle n'est pas conceptuelle. Par conséquent, ce qu'un homme est, la nature de son être est le critère essentiel. Plus il est lui-même et mieux c'est. Il est ainsi un témoignage.

Ceci posé, il est aisé d'en tirer les conséquences.

Puisque, dans le premier paradigme, ce sont les idées qui sont la valeur principale, les livres sacrés, les grands systèmes politiques ou philosophiques où elles sont exprimées seront vénérés ou adorés comme il se doit. Suprêmatie de l'écrit, des gardiens et connaisseurs les plus éminents de ces écrits.

 



Dans le second paradigme, s'il y a transmission, c'est de façon directe, de personne à personne et cela va bien au-delà des mots. Mais de toute façon la vérité est l'objet d'une réalisation, d'une transformation  personnelle, intérieure dans laquelle les concepts disparaissent.



Dans le premier paradigme, la vérité est à chercher à l'extérieur. Elle est contenue, cachée dans certains textes qu'il faut étudier, creuser. Il y a toujours un enseignement, une idée qui nous manque. C'est un processus d'acquisition.



Dans le second, elle est à l'intérieur. Elle est déjà là dans notre nature fondamentale.

Il s'agit plutôt d'enlever ce qui nous la masque. S'il y a recherche, c'est d'une compréhension qui détruit, abolit l'erreur, l'illusion conceptuelles.

Il y a donc bien deux sortes de parole ou d'écrit : il y a ceux qui postulent, instituent et il y a ceux qui détruisent, nient, démystifient.

Les premiers ont servi à construire le monde, les sociétés et leurs valeurs.
Les seconds ont servi à s'affranchir du monde et de ses valeurs.
Les premiers ont servi à mettre les institutions au-dessus des hommes.
Les seconds ont mis l'homme au-dessus des institutions.
 

Au quotidien (comme on dit maintenant), les adeptes du premier paradigme essaient de conformer leur comportement, leurs paroles ou leur vie à un modèle préétabli.
Du fait de cette dialectique, de ce jeu en miroir soi/modèle, il faut toujours un témoin de leur efforts : opinion des autres, organismes adhoc, institutions organisées qui représentent ce modèle. Quand ce témoin manque : c'est leurs propres pensées, leur bonne conscience qui prennent le relai. 

Dans le second paradigme, l'opinion, l'approbation, la réputation, l'image ne comptent pas. 

Le premier paradigme est donc fondé sur un mythe : la croyance qu'il existe ou peut exister une vérité universelle qui puisse se dire, s'énoncer, se théoriser, une vérité qui s'imposerait à tous.


Certains croient volontiers que cette vérité existe déjà et que c'est celle qu'ils professent.
D'autres plus prudents ou plus modestes, pensent simplement que leur vérité se situe sur la route de cette grande vérité, qu'elle la prépare, qu'elle y contribue. Bref, ils croient qu'ils sont sur le bon chemin parce qu'ils croient en l'existence d'un chemin et d'un but plus ou moins discernable.
Puisque c'est un mythe, c'est une question de foi.



Dans le second paradigme au contraire, ce qui est, maintenant, ce que l'on fait, maintenant, ce que l'on est, maintenant est la réalité et produit ses effets, les seuls effets qui soient.  
Les idées n'ont pas de réalité. Elles sont toutes également inexistantes. Ce sont des produits de l'imagination. Les idées sur la société juste ou idéale ne sont pas moins inexistantes que les autres.
Ce sont les actes accomplis au nom de ces idées, la façon dont on les incarne qui sont réels.

Le premier paradigme dit : " Crois "
Le second dit : " Vois "

Le premier paradigme, les religions du livre par exemple, ont toujours rendu un culte à la mort. Elles adorent ce qui est arrêté, figé, ce qui ne change pas. Ce qui est définissable, dogmatisable. 
Ce qu'elles appellent la vie n'est que la tension, la pression, la contrainte permanentes de la mort sur la vie.


Peu importe, au fond, le monothéisme ou la philosophie, ce qui est capital, c'est d'avoir à se reporter à un écrit, à un verbe arrêté dans lesquels on cherche éternellement la vérité. C'est sûr qu'à force de se compliquer l'esprit, on devient très malin.   

Le second paradigme célèbre la vie. La vie de l'homme, que nul ne saurait définir,  s'exprime de toutes les manières, crée des formes culturelles, sociales à l'infini. Ce ne sont que des reflets passagers de l'être sans réelle existence.

Il est absurde de vouloir rapprocher ces deux visions, d'espérer trouver une sorte de modus vivendi ou de dénominateur commun. Elles sont complètement antinomiques. 
 

La vision selon laquelle l'existence précède le sens et la conscience, la pensée, s'opposera toujours à la vision selon laquelle le sens précède l'existence et la pensée, la conscience qui justifie que le sens ou la pensée dirigent l'existence ou la conscience.

 

.  



La vision selon laquelle il n'y a rien à faire moralement, métaphysiquement, s'opposera toujours irréductiblement à la vision selon laquelle ce sont nos actes, nos oeuvres, ce que nous devenons qui font notre valeur .

 

 

La vision selon laquelle notre véritable nature est parfaite et n'a besoin de rien s'opposera toujours à la vision selon laquelle il y a un idéal à atteindre en transformant, dépassant sublimant notre nature initiale.

La vision selon laquelle les valeurs de ce monde sont illusion s'opposera toujours à la vision selon laquelle tout se passe dans ce monde et à travers lui. 

La vision selon laquelle nous ne sommes responsables de nos actes que dans la mesure où nous nous réclamons de nos pensées s'opposera toujours à la vision selon laquelle il faut chercher le plus possible à être responsables de nos pensées et de nos actes. 

 

La vision selon laquelle la Vérité est dans le silence (c'est à dire qu'il n'y a pas de Vérité) s'opposera toujours à la vision selon laquelle la Vérité est dans la Parole.

La vision selon laquelle il y a quelqu'un qui peut ou doit être ceci ou cela, comme ceci ou comme cela, selon le système de pensée, s'opposera toujours à la vision selon laquelle il n'y a personne.

 

 
Il n'y a pas de synthèse ou de compromis possibles. 
 

Aujourd'hui il semble que l'on veuille parfois prendre de la distance par rapport aux entreprises de sens, aux engagements, aux convictions.
Il semble que certains veuillent, enfin, prendre soin de leurs frères humains en se plaçant au-delà des discours, des partis-pris.

Il semble que l'on commence à comprendre que ces entreprises de sens, ces engagements, ces convictions finissent toujours par s'opposer à la liberté, à la paix et au bonheur des hommes.

    

 
En attendant le grand jour toujours à venir, les convictions des uns s'opposent aux convictions des autres, les désirs des autres s'opposent aux désirs des uns, et c'est la guerre sous toutes ses formes. 

Ce n'est pas : " La fin justifie les moyens " mais presque.
Quand l'idée est belle, on ne regarde pas le présent, on n'est pas regardant sur la nature de ses actes et leurs conséquences. On a les yeux tournés vers l'avenir.
Par Jean Louis
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Dimanche 30 mars 2008 7 30 03 2008 18:29

   

     

 ARTICLE REVU ET CORRIGE 

 La conscience est un mystère et « soi » est un mystère. 

La conscience se confond pour nous avec ses objets. Comme nous l'avons indiqué : un son ne se distingue pas de son audition, un arbre de la vue de l'arbre. Une douleur EST la sensation de la douleur.

 

 

CONSCIENCE DE SOI  Le mot "soi" quand il est question de CONSCIENCE DE SOI fait référence à quelqu'un que nous sommes censés bien connaître : nous mêmes. Mais ce n'est pas parce que notre existence nous paraît évidente et que nous sommes conscients de pensées, sensations, impressions qui nous traversent que nous pouvons dire qui est ce "soi". 

 

 

D'autant que parfois, nous sommes en conflit avec nous-mêmes. Nous répudions ce que nous avons dit, fait ou pensé.

 

 On aura sans doute noté que la conscience embrasse un nombre plus ou moins important d'objets ou que ces objets occupent une place plus ou moins importante dans la conscience.Il suffit d'être détendu, débarrassé de toute préoccupation, de s'oublier pour que la conscience s'élargisse, embrasse un immense espace où chaque chose est cependant perçue. Il suffit d'être taraudé par un souci pour que ce souci occupe presque tout l'espace de notre conscience.  

                                                                       

 Ce qu'il faut retenir, c'est que dans le premier cas, soi (ou le sujet) s'allège, s'estompe; alors que dans le second cas, il s'épaissit. 

 

Mais nous ne savons pas répondre à la question : qu'est-ce que la conscience ?

 

 

 

CONSCIENCE DE SOI  Pas plus qu'à la question : de quoi est-on conscient dans la CONSCIENCE DE SOI ? 

 La conscience immédiate, avons-nous indiqué, est non-duelle. Ce qui signifie que soi est absent. Entre un son et sa perception, il n'y a pas de place pour vous.
En fait, la conscience, est toujours non-duelle, impersonnelle, on pourrait presque ajouter (cela s'éclaircira) inconsciente.

 

 

 

Dans Karika ( « Comme un cercle de feu » trad. Et commenté par Pierre FEUGA .- Ed. L'Originel) GAUDAPADA déclare :

«  Assurément, dans l'état de rêve, le mental, qui est en réalité non duel, revêt l'éclatante apparence de la dualité. Assurément, dans l'état de veille, le mental, qui est en réalité non duel, revêt l'éclatante apparence de la dualité «

 

 

 

Dans le rêve, il y a bien un personnage (nous) aux prises avec un univers, une situation donnés. Dualité. Personnage, et situation sont tous deux issus du même mental, celui du rêveur. Le mental du rêveur produit le rêve avec tous ses éléments. Non-dualité.

Il est évident que le personnage et la situation sont de pures créations, des images fictives. Magnifique exemple d'un sens mis en scène. 

 

 

 

Si, percevant le monde, nous lui donnons un sens, si nous l'interprétons, alors il faut admettre que cette image du monde est une pensée du monde. Or, la pensée se constitue à partir du logos, c'est à dire à partir de symboles reliés entre eux logiquement. Le symbole, donc la pensée sont des abstractions. Le sens est un produit de l'imagination. 

" Il n'est pas possible de faire l'expérience directe de quoi que ce soit si on court-circuite l'idée de la chose......Il n'y a rien en dehors de la connaissance que vous avez déjà du monde et vous faites l'expérience de cette connaissance elle-même, et pas de l'objet "

(Uppaluri Gopala KRISHNAMURTI .- " Le dos au mur" Ed. Les Deux Océans)



La conscience ou connaissance directe est dépourvue d'expérimentateur ("faire l'expérience")   

La perception du monde qui est le résultat d'une élaboration du mental nous inclut pareillement que dans le rêve. Tout ce qui est image familière d'un décor est aussi image familière de nous-mêmes en rapport avec ce décor. La pensée du monde, d'un lieu, d'un objet, ne saurait être pensée de ce seul monde, lieu ou objet, nous y sommes associés. 

Penser le monde, c'est le penser autour de nous. Nous penser, c'est nous penser dans le monde.  

Il y a bien conscience d'une dualité. (Imaginez, par exemple, votre salon. Tout renvoie à vous et, vous êtes présent, subtilement,  dans cette pièce que vous imaginez)

" L'action de percevoir est en elle-même pure, c'est à dire impersonnelle et directe. L'interprétation qui s'ensuit introduit le sujet et l'objet, et il en résulte un concept qui est obligatoirement indirect." (WEI WU WEI .- La voie négative .- ed. La différence)

Ainsi, la conscience de soi dépend de la nature de nos pensées, évolue avec elles. Des pensées inquiétantes nous rendent inquiets, des pensées de réussite même imaginaire,  nous rendent joyeux. etc

A contrario, un monde large, allégé, suscite une conscience de soi allégée.

 

 

 

 

CONSCIENCE DE SOI   La CONSCIENCE DE SOI est le produit des pensées qui nous traversent.

 

Même lorsque nous regardons devant nous librement, notre regard se porte sur la portion d'espace qui se trouve devant nous. Le regard n'est pas aussi libre que nous pourrions le croire. Il obéit à un centre. Nous sommes donc conscients de nous-mêmes et de cette portion d'espace sélectionné et identifié comme deux choses séparées. (dualité).

 

 

 

Pourtant, ce qui se trouve autour de cette portion n'est pas effacé. Il y a vision, mais ce n'est pas regardé. Lorsque nous écoutons attentivement une  personne, d'autres sons nous parviennent sans que nous les remarquions. C'est perçu mais pas écouté. Dirions-nous que ce qui est ainsi vu ou perçu mais pas enregistré est conscient ou inconscient ?

Un bruit répété ne nous dérange qu'à partir du moment où nous l'identifions. Après une longue promenade, nous nous souvenons de bien peu de choses par rapport à tout ce que nous avons perçu, ressenti. ( Voir aussi les images, dites, subliminales)

Ce qui est ainsi vu ou entendu l'est sans que la pensée intervienne. C'est pourquoi il n'y a pas de sujet pour cet objet. Conscience impersonnelle. Lorsqu'il y a dualité, en revanche, c'est une pensée de la chose vue ou entendue qui intervient et qui suscite un penseur : la conscience de soi
.

 

 

La majeure partie de notre conscience est, pour ainsi dire, non consciente. Nous sommes plongés dans le monde. Il nous traverse, nous échangeons sans cesse avec lui, mais nous ne décodons qu'une toute petite partie de ces événements en leur donnant un sens. 

Le rapport sujet-objet fait beaucoup de tapage. Ce que nous appelons "conscience" est la conscience d'une pensée, d'un sens, d'un savoir. Au fond, ce avec quoi nous aurons été vraiment en contact, c'est ce qui n'aura pas été notre centre d'intérêt.

 

 

" dans le sommeil sans rêve, il n'y a ni monde, ni ego, ni souffrance; mais le Soi subsiste. A l'état de veille, tout cela existe; pourtant le Soi est présent aussi. Il suffit par conséquent de se débarrasser des phénomènes transitoires afin de réaliser la béatitude toujours présente du Soi. Votre nature est félicité. Découvrez ce sur quoi tout le reste se superpose "

( L'enseignement de Ramana MAHARSHI .- Ed. Albin Michel)

 

" et le reflet de cette lumière frappe le nerf optique, qui va à son tour, stimuler les cellules de la mémoire. Leur stimulation amène sur scène toute la connaissance que vous avez déjà de cet objet. C'est l'activation de ce processus qui a créé le sujet. "

(Uppaluri Gopala KRISHNAMURTI .- " Le dos au mur" Ed. Les Deux Océans)
 
Conscience non-duelle, c'est à dire non connue ou non-consciente, de ce qui n'est pas décodé.
Mais conscience non-duelle également du sens incluant un objet et un sujet séparés qui créent l'illusion de la dualité. Car de la même manière que l'émission sonore n'est pas séparée de la conscience du son, l'idée de soi n'est pas séparée de la conscience de cette idée.

 


CONSCIENCE DE SOI
  Finalement, la pensée parle de soi de multiple façons (disant des choses sur soi, assignant un but etc) La CONSCIENCE DE SOI est la conscience non-duelle de ce que la pensée postule. Si la pensée dit : tu es médiocre, (ce mot étant relié à des affects douloureux dus à la réprobation) la conscience de soi est la conscience non-duelle de sa médiocrité. Si elle dit qu'il y a de quoi s'inquiéter, l'inquiétude est ma conscience. Si elle fait miroiter une réussite, le contentement est ma conscience.

Ce que nous sommes, ou plutôt ce que nous croyons être, la conscience de nous-mêmes, est la résultante de tous les propos directs ou indirects à notre sujet que nous n'avons pas récusés.

Mais une idée, une opinion, ce n'est qu'une idée, elle dépend d'autres idées ou opinions. Ce n'est qu'une assertion. Le ressenti, par contre, est bien réel. Les émotions, en tant que telles, sont réelles. 
 

 

Dans le rêve aussi, le rêveur éprouve des émotions, des sentiments qu'il attribue au personnage qui le représente. 

 

 

 Plus il y a de pensées, latentes ou pas, plus la conscience de soi est importante. 

En conclusion, peu importe ce qui nous vient à l'esprit, peu importe notre conscience du monde, peu importent nos pensées, nos idées, si elles parlent d'un soi et le décrivent,   alors ce soi en question est une création du mental, un postulat, une idée. En tant que tel, il n'est ni réel, ni vivant, ni de même nature que notre être; il est fictif.

 

 

 

 

CONSCIENCE DE SOI   Quant à la conscience d'être une personne, d'être quelqu'un, ce n'est que la conscience non-duelle d'une pensée incessante qui le postule ou de mauvaises émotions; il n'y a rien de faux avec la colère ou la jalousie ou l'envie.

 

 

Même si vous ressentez de la colère, elle vient de votre intégrité.... Nos émotions sont réelles ; la voix de la connaissance (la pensée ndr) qui nous fait souffrir ne l'est pas. Notre souffrance est vraie, mais la raison pour laquelle nous souffrons peut n'être pas vraie du tout " 

(Don Miguel RUIZ .- "La voix de la connaissance " .- Ed. Trédaniel) .

 

 

 

CONSCIENCE DE SOI  Le petit enfant, en revanche, avant que ses pensée ne se forment - et  parmi ses pensées, celle d'être un individu - est dénué de CONSCIENCE DE SOI. Sa relation au monde n'est pas médiatisée par une instance  fictive

          
Reflexion prolongée ici :  http://inconnaissance.unblog.fr/2007/03/  chapitre 1
  

Par Jean Louis
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 05 2008 10:36


Toutes ces citations sont extraites de : "L'enseignement de Ramana MAHARSHI - Edition Albin michel. 2005 - Collection Spiritualités vivantes "  
 

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I  LA PERCEPTION DU MONDE


" Le monde peut-il exister sans quelqu'un qui le perçoive ? Qui est apparu en premier : la conscience d'être ou la conscience du monde ? La conscience d'Être est toujours là. Elle est éternelle et pure; La conscience du monde apparaît et disparaît. Elle est transitoire."    

" Tout homme sait :  "je" et ce monde existent. Lorsque l'on pousse la recherche plus loin en s'interrogeant : "existent-ils en tout temps ?" et "s'ils sont vraiment réels, ne doivent-ils pas être dissociés du temps, de l'espace et de la différenciation ? Mais en est-il vraiment ainsi ?" il devient alors évident que le "je" et le monde ne sont perçus qu'à l'état de veille et de rêve, mais pas en sommeil profond. Par conséquent le "je" et le monde apparaissent à certains moments et disparaissent à d'autres. Ils sont créés, ont leur existence, puis disparaissent. Mais d'où viennent-ils ? Où se maintiennent-ils ? Où vont-ils quand ils disparaissent ? De tels phénomènes peuvent-ils être considérés comme réels ? "  

 

 
Dans le sommeil profond, la conscience des objets et de soi disparaît. Mais le sommeil profond n'est pas un néant. C'est un état de conscience heureuse, inconditionnée. Cette conscience d'Être est commune au sommeil au rêve, et à la veille. Mais dans les états de rêve et de veille, notre expérience est l'état de conscience relatif.
 

 



" Les objets existent-ils indépendamment du "je" ? Vous disent-ils : nous sommes ? C'est vous qui les voyez. Vous êtes, et ainsi les objets sont vus aussi. Sans moi, tous ces objets n'existent pas. Cette connaissance est l'omniprésence. A cause de l'idée : "je suis le corps" et " il y a quelque chose en moi" les objets vous apparaissent comme étant extérieurs à vous. Sachez qu'ils sont tous à l'intérieur de vous-même. Le tissu est-il séparé du fil ? Les objets peuvent-ils subsister sans moi ? 

Les objets sont parfois vus, parfois non-vus, alors que "nous sommes"  sans interruption. 

Que les objets soient en nous, bien que nous l'oublions, est une évidence scientifique. L'immense panorama que vous situez devant vous est dans votre esprit. Il est capté par l'oeil, décrypté par le cerveau et tous ses éléments correspondent à des excitations des neurones. Et d'ailleurs, la perception sera fonction de l'organe récepteur ( imaginez que l'oeil ait des caractéristiques différentes) Le panorama que vous voyez est en vous. L'effet d'extériorité et de profondeur sont des effets du cerveau. (Voir les illusions d'optique)

 

 

 

De la même manière, les conclusions à propos de ces objets dépendent des catégories mentales et des connaissances dont nous disposons.  "Corps", "matière", sont des concepts que nous avons acquis. L'idée de soi et l'idée du monde font partie d'un ensemble de connaissances nécessairement cohérentes. Mais tout cela repose sur la seule réalité : l'Être.

" L' aspect des choses varie selon le point de vue de la personne. La vue émane de l'oeil. Et l'oeil doit se situer quelque part. Si vous voyez avec les yeux de la matière, le monde aura la même nature. Si vous regardez avec les yeux subtils (ceux de l'esprit), le monde apparaîtra subtil. Et si votre oeil devient le Soi, le Soi étant infini, l'oeil sera infini." 



II  CONNAISSANCE OU CONSCIENCE RELATIVE 
 

"je" et le monde, créés, préservés puis détruits sont perçus dans les états de veille et de rêve, mais pas en sommeil profond. En quoi ce dernier état diffère-t-il des deux autres ? En sommeil profond, les pensées sont absentes, tandis que dans les deux autres états elles existent. Nous pouvons donc en conclure que les pensées sont à l'origine du "je" et du monde "

Le monde perçu est notre pensée ou notre connaissance conceptuelle particulière du monde. Un petit enfant ne voit pas le même monde que l'adulte.

" Si vous restez libre de toute souffrance, la souffrance n'existera plus nulle part. Votre difficulté est due au fait que vous voyez le monde comme extérieur et que vous pensez qu'il y a de la souffrance dans le monde. Mais les deux, le monde et la souffrance, sont en vous. Si vous regardez en vous-même, il n'y a plus de souffrance."
  

Pensées ? A qui sont-elles ?  Il ne s'agit pas ici, sans doute, de ce qui est, ici et maintenant.

" Le monde n'est qu'une projection du mental dans votre état de veille. Il n'est donc qu'une idée et rien d'autre. Quant à la paix, c'est l'absence d'agitation.....Qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui est mal ?  Il n'y a pas de critère qui permette de juger si une chose est bonne et une autre mauvaise. Les opinions diffèrent selon la nature de l'individu et selon son environnement. Ce sont des idées et rien de plus....Le mal que l'on voit chez l'autre, c'est son propre mal. La distinction du bien et du mal est à l'origine du péché. On projette hors de soi son propre péché et, par ignorance, on le surimpose sur l'autre." 

Le mal est l'idée du mal de l'individu, idée qu'il projette sur le monde.



" Le Soi pur est simplement Etre. Il ne s'associe pas avec des objets et ne devient pas conscient comme dans l'état de veille. Ce que vous appelez conscience dans l'état présent est une conscience associée qui requiert un cerveau, un mental, un corps etc " 

" Vous avez perdu contact avec-vous-même et vous demandez aux autres de vous guider " ..." Pour qui est cette relativité ? Pour qui est cette imperfection ? L'Absolu n'est pas imparfait et ne peut rien demander. L'inanimé ne peut pas, non plus, poser la question. Entre les deux s'est donc élevé quelque chose qui pose ces questions et qui éprouve ces doutes, qui est-ce ? "

Se fiant à la connaissance relative du monde et, surtout, de soi, la prenant pour la vérité, on est plongé dans l'embarras. La solution ne se trouvera jamais dans de nouvelles connaissances relatives.

" Si le chemin était extérieur, des indications seraient possibles, mais il est à l'intérieur de vous-même. Cherchez en vous-même. Le SOI est toujours réalisé. Seul quelque chose qui n'a pas encore été réalisé peut être recherché. Mais le SOI est à la portée de votre expérience."   

III  L'IDENTIFICATION OU LA RECONNAISSANCE. 

S'identifier : se confondre en pensée.....
Se reconnaître : trouver de la ressemblance entre soi et....
Se reconnaître connaît des degrés plus facilement que s'identifier, et la reconnaissance peut aller jusqu'à une vraie identification. (Se reconnaître dans une personne)  Et Il permet plus facilement de s'interroger sur celui qui se reconnaît.

"Où et comment étiez-vous avant de naître ? Dormiez-vous ? Comment étiez-vous ? Vous existiez alors aussi, mais sans le corps. Ensuite, l'ego apparaît, puis le MENTAL qui projette le corps. Le résultat est l'idée : je suis le corps. Parce que le corps existe, vous dites qu'il est né et qu'il doit mourir et vous transférez cette idée sur LE SOI en disant que vous êtes né et que vous mourrez......Considérons le problème d'un autre point de vue. Dans l'état de rêve, vous vous créez un corps onirique avec lequel vous agissez. Dans l'état de veille, celui-ci (le corps onirique ndr) devient irréel. A présent, vous pensez être ce corps et non le corps onirique.... En définitive, vous voyez qu'aucun de ces corps n'est réel parce que chacun d'eux est vrai à un moment et faux à un autre....C'est le MENTAL qui vous empêche de voir votre nature véritable. Votre nature véritable est celle de l'Esprit infini. C'était ainsi dans votre sommeil profond. Dans les deux autres états, vous avez conscience des limitations. Pourquoi cette différence ? Le mental est inexistant dans le sommeil profond mais il existe dans les états de rêve et de veille. Le sentiment de limitation est l'oeuvre du MENTAL. "  


Se reconnaître dans le corps onirique ou le corps de l'état de veille. Mais qui se reconnaît ? Et qu'est-ce qui est reconnu ? Connu ou reconnu, c'est une connaissance ou pensée qui est reconnue (mental). Donc celui qui se reconnaît est une pensée du même genre, sinon il n'y aurait pas reconnaissance (ou identification) . Ces pensées ou idées à notre sujet sont transitoires et erronées. .
Dans le sommeil profond, nous sommes toujours le même, mais nous ne sommes pas concernés par ces limitations.

MAHARSHI semble dire que l'ego précède toutes les autres pensées ou le mental.

" La dualité est la caractéristique de l'ego. Quand les pensées s'élèvent, il y a dualité "
" Le Soi est pur et absolu, seul et unique. Il n'y a pas deux Soi dont l'un peut connaître l'autre. Qu'est-ce que la dualité alors ?....Elle doit être le non-Soi." 
" Les pensées sont dues à l'identification du Soi avec le non-Soi " 
On ne peut se reconnaître que dans (ou s'identifier à) ce qui est dictinct, séparé de soi (non-Soi).

De la même façon, il n'y a pas lieu de se reconnaître dans celui qui fait l'action, qui en a l'intention (pas plus que dans l'action elle-même). Nous englobons acteur et action comme sujet et objet :  


 " Pour qu'il y ait  karma, il faut qu'il y ait un karta (auteur). Cherchez qui est le karta. Purushakara, c'est l'effort. Cherchez qui l'exerce. Alors l'identité est établie. Celui qui cherche leur relation découvre qu'il est lui-même le lien entre les deux"..." Si vous êtes né maintenant, il est probable qu'une renaissance suivra. Cherchez si vous êtes né à présent"

 

 

" Le karma qu'elles (les Ecritures) désapprouvent est celui qui est accompli avec le sentiment d'être l'auteur de l'action. Ne rejetez pas le karma. Du reste, vous n'y parviendrez pas. Rejetez plutôt le sentiment d'être l'auteur de vos actions "

" Cherchez à qui est le karma. Vous trouverez que vous n'êtes pas celui qui agit. Alors vous serez libre... Le karma qui se déroule sans effort, c'est à dire sans être volontaire, ne lie pas"

 

 

Celui qui revendique l'action, revendique ses fruits. Dans ces conditions, les conséquences de l'action retombent sur lui. Karma. 

Rejeter le karma, serait rejeter le conditionnement. Or c'est impossible. D'ailleurs vouloir le rejeter, c'est encore partir de l'idée que nous en sommes responsables, que nous en sommes l'auteur. 

IV  LE MENTAL

On ne peut comprendre les propos de MAHARSHI sur le mental si on ne comprend pas que la pensée est de l'ordre de l'imaginaire et du subjectif. Si l'activité mentale qui conduit à la production d'une pensée est réelle, ce que postule ou exprime une pensée n'est qu'un point de vue personnel relatif à un certain système de connaissances et ce point de vue est une abstraction ou représentation mentale.

" Le monde est appréhendé par les sens dans les états de veille et de rêve ; il est l'objet de perceptions et de pensées, les deux étant des activités mentales. Si l'activité mentale du rêve et de l'état de veille n'existait pas il n'y aurait pas de perception du monde ni la conclusion qu'il existe " 

" Le monde n'est qu'une projection du mental dans votre état de veille. Il n'est donc qu'une idée et rien d'autre. Quant à la paix, c'est l'absence d'agitation. "


Le monde est notre pensée du monde. Dieu, le bien, le mal, le monde qui nous entoure, les autres sont des pensées, de l'imaginaire personnel et relatif. 
 

"C'est le mental qui vous empêche de voir votre nature véritable. Votre nature véritable est celle de l'Esprit infini. C'était ainsi dans votre sommeil profond. Dans les deux autres états, vous avez conscience des limitations. Pourquoi cette différence ? Le mental est inexistant dans le sommeil profond mais il existe dans les états de rêve et de veille. Le sentiment de limitation est l'oeuvre du mental."

Les idées relatives, limitées, irréelles, objectivantes du mental nous font voir le monde limité, objectif, et problématique. Ces idées se sont substituées à la connaissance parfaite.    

" Le mental n'est que l'identification avec le corps" 
" A cause de l'émergence des pensées, nous supposons quelque chose à partir de quoi elles se manifestent. Et cela nous le dénommons mental. Quand nous cherchons à voir ce que c'est, il n'y a rien de tel. " 

C'est notre identification aux objets des pensées, notre croyance en eux qui nous les font paraître réels. Quand nous voulons être conscients de ces pensées ou conscients de l'objet de la pensée en tant que tel, indépendamment de la pensée, ils disparaissent. Quand nous voulons être conscients de la source des pensées , nous ne trouvons rien. La conscience est perception directe. On ne peut pas être conscient de choses imaginaires ou irréelles. Ne plus imaginer, rêver, c'est ne plus penser.

 

" Dès que le mental tend à s'extérioriser, tournez-le aussitôt vers l'intérieur. Il s'extériorise du fait de l'habitude de chercher le bonheur en dehors de soi-même ; mais la connaissance que les objets extérieurs ne sont pas cause de bonheur le refrénera. C'est le vairagya, l'état sans passion "

" Le mental est utile en raison de la lumière qui s'y réfléchit (la lumière du Soi), ce qui permet de voir les objets. Lorsqu'il est tourné vers l'intérieur, la source de son illumination resplendit par elle-même et le mental palit et ne sert plus à rien comme la lune en plein jour "

V  LES OBSTACLES A LA REALISATION 


L'identification aux manifestations du corps ou le fait de se tromper sur sa vraie nature : 

" Après que la pensée "je" est apparue, il y a cette fausse identification avec le corps, les sens, l'intellect..Le je est associé à tort avec eux et le vrai "je" (le Soi) est perdu de vue "

" chaque fois qu'il y a un sentiment de séparation (avec le non-Soi ou les objets en lesquels on se reconnaît) il y a de l'agitation et du mouvement jusqu'à ce que le sens de séparation ait disparu...Maintenant que vous vous identifiez avec le corps, vous pensez que vous êtes séparé de l'Esprit, le vrai Soi. Il faut que vous regagnez cette source pour que cette fausse identité cesse, et alors vous serez heureux " 

La conséquence de cette identification avec le corps :
" Q : Si je suis toujours - ici et maintenant - comment se fait-il que je ne le sente pas ?
M : Nous y voilà. Qui dit qu'il ne le sent pas ? Est-ce le vrai je ou le faux je ? Examinez cela. Vous découvrirez que c'est le faux je. C'est lui l'obstacle; il faut l'éliminer pour que le vrai je ne soit plus caché.  Le sentiment : je n'ai pas réalisé, est l'obstacle à la Réalisation. En fait, la Réalisation a déjà eu lieu; Il n'y a rien d'autre à réaliser "

Vasana et attachements : les vasana sont des tendances, prédispositions latentes du mental censées s'être formées dans les vies antérieures.

" Ces pensées sont la re-manifestation des prédispositions demeurées à l'état de semences ; elles donnent naissance à la diversité, d'où proviennent tous les ennuis "

" il (le mental) est accoutumé à vagabonder sous la pression des vasana latentes qui se manifestent sous forme de pensées. Tant que des vasana subsistent dans le mental, elles doivent en sortir et se consumer " 

" La renaissance est due aux vasana qui lient au monde....L'attachement est l'esclavage de l'homme " 

" Si vous comprenez que les objets ne sont que des formes de pensée, vous ne les désirerez plus "

" Vous renoncez à telle ou telle chose qui fait partie de vos possessions. Si, au lieu de cela, vous renoncez au "je" et au mien, tout est abandonné d'un seul coup. Le germe de la possessivité a disparu. Le mal est alors écrasé avant d'avoir pu éclore "  


VI  LE SOI : ÊTRE-CONSCIENCE

Absence de doute ou de recherche :

" Le monde vous dit-il : je suis le monde ?  Le corps dit-il : je suis le corps ? C'est vous qui dites : ceci est le monde, ceci est le corps et ainsi de suite. Ce ne sont donc que vos conceptions. Trouvez qui vous êtes et il y aura une fin à vos doutes."

" Connaître le Soi veut dire être le Soi...Vous avez été tellement habitué à la connaissance relative que vous avez fini par vous identifier à elle. Cette fausse identification a forgé la difficulté à connaître le Soi qui ne peut être objectivé."

" Il n'y a que : je suis, et non pas : je suis ceci ou cela, ou : je suis tel et tel. Quand l'existence est absolue, c'est juste ; quand elle est différenciée, c'est faux. Voilà toute la vérité "

" Avez-vous besoin de vous regarder dans un miroir pour connaître votre propre existence ? La conscience est le je. Réalisez-le et vous découvrez la Vérité "

" vous cherchez la conscience. Où pouvez-vous la trouver ? Pouvez-vous l'atteindre à l'extérieur ? Il vous faut la découvrir intérieurement. C'est pourquoi vous êtes conduit vers l'intérieur." 

Déjà réalisé : 

" Nous pouvons nous séparer de ce qui est extérieur à nous, mais pas de ce avec quoi nous ne faisons qu'un " 

" Personne ne peut nier son propre être. Etre est connaissance, c'est à dire conscience. Cette conscience implique l'absence d'ignorance " .

" Voyez celui qui voit et vous trouverez que tout est le Soi. Changez votre façon de voir. Regardez vers l'intérieur " 

" Votre existence même est réalisation. Vous ne pouvez pas imaginer un seul instant où vous n'existez pas. Comment peut-il y avoir alors un instant où la Réalisation n'est pas ?"
  

Conscience pure : 

" Quant au Soi, il est la conscience elle-même, et ne dépend de rien "
 

" La vérité est que le Soi est conscience constante et ininterrompue; Le but de l'investigation est de découvrir que la vraie nature du Soi est pure conscience. La pratique de l'investigation doit être poursuivie tant que le sens de la séparation persiste."  

 

     

 Ramana MAHARSHI

Ramana MAHARSHI 

Ramana MAHARSHI

Ramana MAHARSHI

Ramana MAHARSHI

Ramana MAHARSHI



" Pour pouvoir dire : je ne suis pas ceci ou je suis cela, (le neti, neti de SANKARA) il faut bien que le "je" soit présent. Ce "je" n'est autre que l'ego ou la pensée "je". Après que cette pensée "je" s'est élevée, toutes les autres pensées s'élèvent."

Mais si l'ego est une pensée, à qui apparaît-elle ? De qui est-elle connue ?
.
"Les pensées sont spontanées, superficielles ou analytiques. Elles opèrent dans l'intellect. Qui donc prend conscience d'elles ? C'est l'individu. L'existence des pensées, leurs claires perceptions et leurs opérations lui deviennent évidentes. L'analyse mène à la conclusion que l'individualité de la personne fonctionne en tant que connaissance de l'existence des pensées et de leur succession. Cette individualité, c'est l'ego ou ce que les gens appellent le "je" "

 

L'ego ou l'individualité vus comme connaisseurs des pensées.  Une autre présentation :

" Un être séparé (le Soi) paraît connaître quelque chose (le non-Soi) qui est distinct de lui-même. Autrement dit, le sujet est conscient de l'objet. Le sujet percevant est dénommé drik, l'objet perçu drishya. Entre ces deux éléments doit exister un lien fondamental qui se manifeste comme ego. Cet ego est de la nature de chit (conscience). L'achit (l'objet non conscient) n'est que la négation de chit. Par conséquent, l'essence fondamentale est apparentée au sujet et non à l'objet. En recherchant le drik (sujet) jusqu'à ce que tout drishnya (objet) disparaisse, le drik deviendra de plus en plus subtil jusqu'à ce que seul le drik absolu subsiste....L'élimination de drishya signifie l'élimination des identités séparées du sujet et de l'objet. L'objet est irréel. Tout drishya, y compris l'ego, constitue l'objet. Lorsque l'on élimine l'irréel, la Réalité subsiste " 



 

Le véritable problème, ce sont les pensées : 
" Un "je" différent s'élève avec chaque pensée et disparaît en même temps qu'elle. D'innombrables "je" naissent et meurent ainsi à chaque instant. Le MENTAL qui subsiste est le véritable problème "  

Cela montre au moins que la conscience existe toujours pour toutes les formes de manifestations mentales qui peuvent se présenter.




Du point de vue de chacun (mais en vérité, s'abstraire de ce point de vue, se vouloir objectif,  n'est qu'une opération intellectuelle qui dépend toujours du celui qui s'abstrait)
 il n'y a jamais un "je" sans monde ou un monde sans "je". Ils apparaissent et disparaissent en même temps.  (On notera d'ailleurs que pendant le rêve, le monde et le "je" sont différents)Ici, le connaisseur, qui s'est séparé du Soi, est appelé sujet. L'objet, en tant que tel, est dépourvu de conscience, il ne peut rien dire par lui-même. MAHARSHI appelle ego, le lien conscient entre le sujet et l'objet. 
C'est en approfondissant la nature du sujet qui vient du Soi que l'on parvient à s'affranchir de l'objet et à reconnaître sa source. 

Notons cependant qu'il faut que l'objet ou la pensée existe pour qu'existe un connaisseur de cet objet ou pensée ("prendre conscience"). Il y a lien entre sujet et objet, donc ce connaisseur se reconnaît dans l'objet parce qu'il lui fait suite. 
La conscience est conscience du "sujet" (le je ou le penseur) et de l'objet :
 
Par Jean Louis
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Samedi 24 mai 2008 6 24 05 2008 13:35

 





V  LA PENSEE

- La pensée est une activité mentale et une production de sens.
En tant que production de sens, la pensée est la connaissance.

" nous n'avons aucune possibilité d'expérimenter ce que nous ne connaissons pas, et ce que vous expérimentez à l'aide de votre connaissance est stérile " (4)

" Vous ne pouvez en aucune façon vous séparer de cet organisme vivant, sauf au travers des concepts ou des idées qui vous ont été inculqués...La séparation ne se produit que lorsque la connaissance survient et me dit : ceci est un rideau blanc "
(http://www.inner-quest.org/UG_Fr.htm)

"La sensation aussi est une pensée. Au moment où vous vous séparez de la brise, cette activité sensorielle est transportée dans le cadre de la connaissance que vous possédez déjà " (4)

Exemple pour la vision :

" Les stimuli sont transmis et enregistrés sous forme de points et de cones...il n'y a pas de lien, de liant de pensée entre ces signes-là. Chacun a sa forme indépendante...Ce que j'essaie de dire que le cerveau fait, c'est de traduire ces perceptions sensorielles dans le cadre de la mémoire " (4) 

" Reconnaissance et nomination ne font qu'un " (4)

" Ce que j'essaie de dire, c'est que la connaissance que vous avez de vous-même a créé le "vous" et vous apporte son aide pour expérimenter le "vous-même" en tant qu'entité " (4)

D'où vient cette connaissance, comment s'est-elle formée, développée pour chacun d'entre nous ? Elle ne peut venir que de l'intervention humaine extérieure, que cette intervention ait lieu pendant notre existence ou dans le passé de l'espèce humaine.

- Donc pensée égal conservatisme
Il s'agit évidemment d'un conservatisme glogal, de l'humanité et non d'un conservatisme individuel. Nous bougeons à l'intérieur de cette globalité.

" La pensée n'est pas l'instrument qui permet d'atteindre des buts autres que ceux qui sont prévus par la société ou la culture " (4)  puisque cette pensée est totalement conditionnée.

Nous prétendons trouver Dieu ou l'intemporel dans la culture ou la société.

" Si vous voulez réaliser un projet "spirituel" l'instrument dont vous vous servirez sera le même que s'il s'agit d'un projet matériel - c'est à dire la pensée " (3) et son stock de réponses traditionnelles.


- Pas d'entité permanente telle qu'un penseur. 

" Le sujet pensant n'existe pas. C'est l'objet qui crée le sujet; Cela va à l'encontre de toute la pensée philosophique de l'Inde. (et d'Occident ndr) Le sujet (ce point de focalisation) se forme et disparaît en réaction à ce qui se passe autour (mais aussi, selon moi, aux pensées spontanées). C'est un simple phénomène physiologique qui peut être vérifié expérimentalement : s'il n'y a pas d'objet en face, il n'y a pas de sujet ici " (2)

Il suffit de penser au sommeil.
Malheureusement, le sujet (ou soi-même) est devenu son propre objet. Il est partout du fait de l'objectif que l'on s'est donné.



" Il y a un sentiment confus, une aspiration à quelque chose de plus grand ; vous avez l'idée que vous pourriez être quelque chose d'autre, avoir une existence plus interessante, vous voulez que votre vie ait un sens. Voilà ce que la société vous conditionne à désirer. Voilà pourquoi il y a cette inquiétude sourde, cette agitation.... Vous vous plaisez à toutes ces choses que vous utilisez pour échapper au soi-disant vide. Le fait d'y prendre plaisir est ce qui crée ce sentiment de vide en vous. Mais ces choses - ces machins, ces amusements - ne peuvent remplir ce vide qu'elles ont elles-mêmes créé " (2)

Ce vide n'existe pas. Il est la contrepartie d'un plein illusoire. Mais ce "vous" a maintenant une consistance mentale.

" C'est le mental qui a créé la cause et l'effet. Il se peut qu'il n'y ait absolument pas de cause; Tout événement est individuel et indépendant. Nous relions tous ces événements pour essayer de créer une histoire de notre vie " (4) 



Nous en arrivons à nous prendre pour l'auteur de nos actions, pour l'auteur des transformations effectuées dans le monde, pour l'auteur de l'amélioration de soi-même.

  

" Le vous tel que vous vous expérimentez est votre identité. Avec l'aide de la mémoire, l'identité maintient sa continuité. Si elle n'était pas là vous ne savez pas ce qui arriverait.....Ce procédé de la pensée a mis des millions d'années à organiser sa survivance et est prêt à n'importe quoi pour maintenir sa continuité" (4)

- Le penseur est l'enfant de la pensée et son soufre-douleur .

 Le but de la pensée, c'est la mort.  
Le sens introduit par la pensée est figé et rationnel. 
  

" C'est tellement simple. La structure complexe que vous utilisez (la pensée) est précisément incapable de cette simplicité. Voilà le vrai problème. ..La structure est si compliquée qu'il lui est impossible de considérer pour un instant que ça pourrait être simple. Alors on va comprendre plus tard, pas maintenant. Mais demain, ce sera la même chose " (2)

La pensée est analytique. Elle se subdivise à l'infini. Elle tend vers la complexité, elle s'en repaît.

 

" En toute occasion, vos actes sont destructeurs des intérêts fondamentaux de l'homme puisqu'ils sont issus de la pensée qui est une chose morte. Forcer la vie à s'adapter à vos idées mortes et à vos hypothèses est votre difficulté fondamentale. Tout ce que vous défendez, croyances, expériences et aspirations, est le produit de la pensée et la pensée est destructrice car elle n'est rien de plus qu'un mécanisme protecteur programmé pour servir ses intérêts à tout prix " (3)

 

 

- La conséquence de la pensée appliquée à soi est la souffrance :  

" Tout acte volontaire quelle que soit sa direction est violence.Tout effort est violence. Tout ce que vous faites avec le concours de la pensée pour créer en vous un état de paix utilise la force et, par là même, est violence. Vous tentez d'imposer la paix par la violence. Yoga, méditations, prières, mantras sont des techniques violentes. L'organisme est très paisible. Vous n'avez rien à faire"  (3)

 

  

"Vos problèmes se prolongent en raison des solutions fausses que vous avez inventées. Si les réponses ne sont pas données, les questions n'ont pas de raison d'être....Problèmes et solutions sont interdépendants. Du fait que vous vous servez de telle ou telle réponse pour en finir avec vos problèmes, ces problèmes subsistent. Les nombreuses solutions préconisées par les dévots, les psychologues, les politiciens ne sont pas vraiment des solutions. C'est évident. Si elles étaient légitimes il n'y aurait plus de problèmes." (3)

Violence envers soi et envers les autres évidemment. 


II   L'ILLUSION D'UN SOI

 

 

La connaissance de soi n'existe pas, le soi de cette connaissance n'est qu'une invention :

" Vous voulez savoir qui vous êtes. Le problème est là. Vous n'avez aucun moyen de savoir, vous ne pouvez pas le savoir (2)

" Vous croyez qu'il y a quelqu'un qui pense vos pensées, qui ressent vos sentiments, c'est une illusion "  (2)  

" Toutes les profondeurs psychologiques intérieures, aussi extraordinaires qu'elles puissent être, sont sans valeur parce que c'est la pensée qui les a créées et qu'elle en assure la continuité et le statu quo " (5)  

« La soi-disant réalisation du soi est la découverte par vous-même et pour vous-même qu'il n'y a pas de soi à découvrir. Ce sera pour lui un choc violent : pourquoi diable ai-je gâché toute ma vie « (1).

Nous ne pouvons pas nous penser, être qui que ce soit de conscient sans nous appuyer sur les critères culturels transmis par la société. Et ces critères sont des idéaux : 

" Puisque je suis dans l'inconnaissance et que je n'ai aucun moyen de me voir sinon par la connaissance acquise par la culture, la question d'un éventuel désir ne se pose pas du tout. La connaissance que vous avez de la liberté annule la possibilité même de libération. Quand vous cessez de vous regarder du point de vue de la connaissance acquise, le désir de libération disparaît de lui-même (3)

" Oubliez la société idéale, l'être humain idéal. Contentez-vous de voir comment vous fonctionnez. C'est cela qui importe. Ce qui prévient la pleine floraison de notre organisme dans son unicité, c'est notre culture; Elle a situé l'erreur - l'homme idéal - avant l'homme. (3)


 
La seule chose qui nous empêche d'être simplement nous-même, c'est la croyance en la réalité des idéaux. C'est alors que nous nous situons par rapport à eux, que notre vie, notre identité n'ont de sens que par rapport à eux, qu'il devient vital de les incarner pour exister. C'est alors qu'ils nous jugent. Ces idéaux nous volent notre existence et falsifient notre nature.

Si l'homme idéal est la réalité, la vérité, C'est un but réel, authentique. Le but déclenche la recherche et fait naître le chercheur car le chercheur n'est que le produit de la recherche : 

" Vouloir et pensée, ça va toujours ensemble " (2)

" A moins d'être dans cet état naturel, vous ne pouvez comprendre l'absurdité de vos recherches. Quand vous êtes là, vous saisissez que la recherche est celle du soi, ce soi dont vous voulez vous libérer; Il n'y a pas de "vous" indépendant de votre recherche. C'est précisément le but qui a créé le vous " (1). La pensée suscite le penseur comme le but, le chercheur.

Grâce à cet idéal, nous pouvons nous projeter dans le futur et croire en la possibilité d'existence de cette projection. En même temps, ce soi projeté et idéal jette son ombre sur l'état actuel, et le dévalorise. Le sentiment éprouvé (conscience de soi) est aussi à l'opposé de ce que nous devrions être. Souffrance. 
 

" D'accord, vous voulez découvrir par vous-même ce qu'est la vérité. Pouvez-vous la découvrir ? La capturer, la conserver et dire : voici la vérité ? que vous l'acceptiez ou la rejetiez, il en va de même : elle dépend de vos préjugés et de vos prédilections personnelles. Vous supposez qu'il existe une vérité, une réalité ultime ou non, et c'est cette supposition même qui crée en vous le problème et la souffrance " (1)   

Pour continuer à exister en tant que chercheur, que soi, il faut maintenir constamment notre croyance en la réalité de cet idéal ou la protéger par tous les moyens des evénements qui pourraient la démentir. C'est la recherche constante d'arguments en faveur de cet idéal. 

 

" Ce comment subsistera aussi longtemps que vous penserez que les réponses données par d'autres ou par moi-même sont vraiment les réponses... Aussi longtemps que vous dépendrez des réponses de ces gens-là, vos questions resteront posées en permanence. Ce ne sont pas des réponses...il doit s'agir de votre réponse " (1)

Ce seraient les vraies réponses, (parole vraie) mais comme on ne les a pas comprises, comme elles ne fonctionnent pas, on continue à se renseigner, à poser d'autres questions pour éclaircir sa compréhension. 

" C'est pourtant simple :  votre désir de connaître ne fait qu'ajouter à votre connaissance et la continuité du savoir est tout ce qui vous interesse " (1)
  Savoir sur le savoir des autres.
 

- Pantin fabriqué et articulé par les pensées investies.

 

« Q : l'interrogateur existe-t-il ?

K : Il n'existe pas. Seule la question existe. Il en est de même de toutes les questions - elles ne sont que répétition mécanique de sujets mémorisés. Que vous demandiez : qui suis-je ?...c'est le verbe qui relie le qui et le je ; c'est ainsi que le je et le qui sont traités comme s'il s'agissait de deux entités différentes avec le suis en guise de lien entre les deux. Suis, le verbe est la continuité. Si le verbe est absent - si toutefois c'est possible (rire) au verbe de disparaître - le lien n'est pas nécessaire : le qui et le je sont alors une même entité....Qui, je, c'est un non-sens. Suis doit être là et c'est ce mot qui crée le mouvement de division. C'est donc vous qui avez créé la question. « (1)

  

« Vous êtes les réponses (suscité par les réponses auxquelles on croit), vous n'êtes rien d'autre. Je ne dis rien de plus, rien de moins. Si vous comprenez qu'il n'y a pas là d'entité qui pose les questions, la réponse elle-même est en grand danger d'annihilation. C'est pourquoi elle ne veut pas de réponse. La vraie réponse serait la fin des réponses que vous avez déjà, et qui ne sont pas vraiment les votres» (2).

Croire sans chercher à vérifier ce qu'il en est, sans mettre vraiment les réponses à l'épreuve..

 

« S'il n'y a pas de réponse, la question ne peut subsister. Vous attendez une réponse de l'extérieur ou de l'intérieur. Quand aucune assistance ne me vient ni d'un côté ni de l'autre, que peut-il bien arriver à la question ? « (1)

 

  «L'instrument dont on se sert pour se libérer de la chose appelée esprit est l'esprit. Il n'y a rien d'autre qui s'appelle esprit, autre que ce que vous faites pour vous libérer de l'esprit. Mais un jour, s'il vous apparaît par quelque étrange chance ou miracle, que l'instrument dont vous vous servez pour tout comprendre n'est pas l'instrument, et qu'il n'y a pas d'autre instrument, vous serez frappé comme par la foudre de l'éclair « (4)

 
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REMARQUE :  si cet article vous donnait envie de lire U.G. , je me permets de vous suggérer de
commencer par : "Rencontres avec un éveillé contestataire" . Ensuite éventuellement "le dos au mur " 
et "le mental est un mythe". Terminer, de préférence, par "La pensée est votre ennemie" .    


Les sites ou articles consacrés à U.G. sont suffisamment rares pour être signalés.

http://www.inner-quest.org/UG_Fr.htm

 
Videos d'U.G. en anglais ici :    http://video.google.com/videosearch?q=krishnamurti&num=10&so=0&start=10




 

 

Par Jean Louis
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Dimanche 25 mai 2008 7 25 05 2008 08:09


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Ma lecture D'U.G.
 
Uppaluri Gopala KRISHNAMURTI signe ses livres U.G. pour ne pas être confondu avec son homonyme.

U.G. ne se présente pas comme un instructeur ou un gourou. Il ne se soucie pas de transmettre un enseignement.  Son message, s'il y en a un, tient en peu de mots.

Il répond aux différentes questions qu'on lui pose et ce sont ces questions- réponses que l'on retrouve dans les ouvrages qui lui sont attribués. Peu de différences entre eux, donc.

Les propos abrupts ou iconoclastes d'U.G. peuvent irriter ou choquer. Il serait dommage d'en rester à cette première impression et de ne pas approfondir. 

" Rencontres avec un éveillé contestataire " est noté : 1
"  Le dos au mur " est noté : 2
" Le mental est un mythe " est noté : 3
" La pensée est votre ennemie " est noté : 4
" Coloquintessence " est noté : 5

Tous ces ouvrages sont édités par "Les Deux Océans " 

I  LA VIE

Il ne s'agit pas ici du vivant et de ses caractères (reproduction, croissance etc) mais de la vie en elle-même, par opposition au non-vivant, de la vie humaine en particulier et de ce que l'on peut en dire.

- Mystère ou Inconnaissance  

"La vie, si je peux utiliser ce mot, la façon dont elle fonctionne est un mouvement dont nous n'avons pas la possibilité de découvrir ce qu'il est. Toute tentative de notre part de le capturer dans le cadre de la connaissance déjà acquise est vouée à l'échec" (5)

" Cet organisme vivant n'a que faire d'une continuité temporelle mesurée en années. Il fonctionne d'un moment à l'autre. La perception sensorielle fonctionne d'un moment à l'autre. Il n'y a pas de continuité de la vision au niveau du physique; il n'y a pas de continuité de l'auditif au niveau du physique; il n'y a pas de continuité de l'odorat au niveau du physique; il n'y a pas de continuité quand on mange ou quand on touche - tout est déconnecté et disjoint " (2)



Raison pour laquelle la continuité (la nôtre) n'est qu'une idée. C'est ce que nous appelons ordinairement "notre vie" (c'est à dire notre histoire). On peut voir que c'est uniquement parce que l'on se projette constamment dans l'avenir ou le passé que l'on a ce sentiment de continuité.

Pour connaître la vie qui nous anime, il faudrait connaître l'instant présent :  

«S'il existe un présent, vous ne pouvez pas en faire l'expérience. Vous n'expérimentez que votre connaissance du présent et cette connaissance est du passé. Alors à quoi bon tenter de faire l'expérience du maintenant qui ne peut faire partie de votre existence consciente ? Le maintenant n'existe pas pour vous sinon en tant que concept. " (1)

 Non-dualité absolue du présent ou de da vie.



- Vitalité

Par vitalité, il ne faut pas entendre seulement l'énergie qui nous anime, mais aussi la liberté, la fluidité qui caractérise l'être,  et son amour, sa confiance innée. Voir les petits enfants et la difficulté de les canaliser.

 

  

" la vie essaie de détruire le barrage, cette structure morte de pensée et d'expérience qui n'est pas dans sa nature. Elle tente de sortir, de forcer la clôture. Mais vous ne voulez pas de ça.; sitôt que vous apercevez quelques fissures, vous vous procurez du plâtre et vous les comblez.» (1)

L'exemple de la colère : 

" La colère est énergie, une explosion d'énergie fantastique. Quand vous essayez de la réprimer, vous réprimez la vie elle-même, dans son expression directe. La colère n'est problème que quand vous essayez de contrôler ou de réprimer cette énergie. Laissez l'organisme s'en occuper et vous verrez que vous n'allez pas commettre ces vilénies dont vous vous croyez capable " (2)

Nous avons des idées artificielles sur la façon dont on devrait se comporter. En fait :

" C'est la pensée qui vous fait frapper quelqu'un - votre enfant, par exemple - et non la colère " (http://www.inner-quest.org/UG_Fr.htm) (Auto-justification par la pensée)


II  INSTRUCTEURS, GUIDES

- Pourquoi y a-t-il des instructeurs, des guides dans l'existence ? Pourquoi avons-nous recours à eux ?  

" Vous êtes vivant. Dès que vous introduisez la question : "comment vivre ?" vous avez fait de la vie un problème. Comment vivre a rendu la vie insignifiante. Dès que vous posez cette question, vous vous tournez vers quelqu'un pour la réponse et vous devenez dépendant. Et ce monsieur-là vous fait marcher ". (3)  

" Comment puis-je vous faire comprendre cette chose si simple. Il n'y a pas de comment....Ce comment demeure en rapport avec les réponses fournies par d'autres que vous; vous avez donc à rejeter toutes ces réponses." (1)

 

 

On pose la question "comment" après avoir admis un certain "savoir" ou objectif transmis par la société ou certains instructeurs. Le savoir venant des autres, on demande comment aux autres. Un vrai savoir personnel ne susciterait pas de "comment".

- Un rapport pernicieux 

 

" Le désir de libération est la cause de notre problème. Vous tenez à vous voir libre. Celui qui vous dit : "Vous n'êtes pas libre" est celui-là même qui vous parle d'un état de "libération" qu'on doit rechercher. Mais la recherche est la servitude, le refus de liberté" (3) 

 

"Vous ne pouvez vous résoudre à envoyer au diable et les solutions et ceux qui vous les font miroiter. Le passé entier de l'humanité vous étouffe - qu'il disparaisse et il ne reste plus que le courage d'être." (2)

 

 

Ce désir de libération (ou, peut-on dire, de devenir quelque chose d'autre) est notre esclavage fondamental. C'est le fruit de l'évolution de l'espèce humaine et de notre conditionnement culturel. Tous ceux qui entretiennent ce désir, le confortent, l'alimentent, renforcent la servitude. La libération est pour demain. La servitude est maintenant. 

- Transmission de quoi ?   

" Les saints essaient de vous enseigner et ils sont toujours ainsi dans le domaine de la dualité ; tandis que le sage...est dans l'état de conscience indivise. Il ne sait pas qu'il est libre, il n'est donc pas question pour lui de libérer les autres.....Pouvez-vous expliquer à quelqu'un qui n'a jamais eu d'expériences sexuelles à quoi ressemble une telle expérience ? " (1)

" L'homme qui a prêché l'amour était corrompu, parce qu'il a créé une division dans sa conscience....Cet homme qui nous a parlé d'amour est responsable, parce que l'amour et la haine vont ensemble....Ce n'est pas la faute des disciples, les disciples sont le produit de l'enseignement.....Qui dit amour du prochain dit dualité. Là où il y a division il y a destruction." (2)

 

 

Parler de l'amour, de la charité, de la foi etc, c'est les décrire, les théoriser, en faire un savoir. Cela suscite un détenteur du savoir, un juge. Ce détenteur du savoir, ce juge sont corrompus parce qu'ils font des hommes, une pensée. Ils engendrent la division et la violence à leur égard.

- Rien à attendre des détenteurs du savoir  

" Problèmes et solutions sont interdépendants. Du fait que vous vous servez de telle ou telle réponse pour en finir avec vos problèmes, ces problèmes subsistent. Les nombreuses solutions préconisées par les dévots, les psychologues, les politiciens ne sont pas vraiment des solutions. C'est évident. Si elles étaient légitimes il n'y aurait plus de problèmes." (3)

 

 

" L'instrument dont on se sert pour se libérer de la chose appelée "esprit" est l'esprit. Il n'y a rien d'autre qui s'appelle esprit, autre que ce que vous faites pour vous libérer de l'esprit. Mais un jour s' il vous apparaît par quelque étrange chance ou miracle, que l'instrument dont vous vous servez pour tout comprendre n'est pas l'instrument, et qu'il n'y a pas d'autre instrument vous serez frappé comme par la foudre de l'éclair " (4)


III  L'IDEAL

 

 

- La condition humaine

"  La culture vous a insufflé ce désir d'être autre chose que ce qu'on est, cette aspiration à être autre, à être meilleur. Voilà le tour que votre héritage tout entier vous a joué.....vous devenez un rouage dans la machine à maintenir la continuité du système. Vous en faites partie intégrante..... Vous êtes dans un état de névrose parce que vous voulez deux choses contradictoires en même temps. D'un côté vous voulez être autre que ce que vous êtes; c'est une nécessité sociale pour pouvoir en faire partie et aider au maintien de la continuité de la structure sociale. Mais d'un autre côté vous ne voulez pas changer. " (2)




" Vous vous débattez sans arrêt, courant après quelque chose qui n'existe pas et qui ne signifie rien du tout mais qui vous donne l'impression que rien d'autre n'est important pour vous que l'action. Et il n'y a même pas la réalisation de l'objectif, seulement la fuite en avant " ( 2)

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Si on court après un idéal, un modèle, c'est que l'on considère qu'ils sont la vérité, qu'ils donnent leur véritable sens au monde, à la vie. C'est ainsi que l'on se crée un devenir. 
La condition humaine, c'est cette poursuite qui doit rester interminable et vaine. 

 

 

Une société est fondée sur un mythe, une perspective générale motivante. Nous ne savons pas vivre sans donner un sens à notre vie ou sans chercher à lui donner un sens. Une société ou une civilisation ne peut pas non plus perdurer sans une espérance collective qui cimente les relations entre les communautés et les individus. Les modèles utopiques, les normes, les idéaux sont les expressions nécessaires de ce mythe. Ils permettent d'entraîner les hommes sur la voie du rêve collectif.

 

Pourtant, la conscience demeure de l'irréalité de ce rêve et de l'absurdité de cette quête. Mais nous ne savons pas y renoncer et nous avons perdu de vue notre vraie nature.

- Dialectique chère à nos élites

L'idéal implique le non-idéal, voire le crée. La vertu suppose le vice, sinon il n'y aurait pas de vertu. Croire en l'existence de la vertu, c'est croire en l'existence du vice. Dans l'esprit, quand il y a la vertu, le vice est là, à côté, qui produit son effet, exerce son pouvoir.

" Tant que vous pratiquez les vertus, vous êtes plongé dans le vice. Ils vont de pair. Si vous avez la chance de vous libérer de cette poursuite de la vertu, de cet idéal à réaliser, alors votre système va aussi se vider du vice. Vous ne serez plus un homme du vice...un tel être qui pratique la douceur, et la gentillesse et qui pratique les vertus est un danger public, une menace " (2)

" L'homme de religion veut pratiquer les vertus, et ce faisant il nourrit sa colère et menace la société..... (voir l'histoire des religions et particulièrement celle des monothéismes sans se laisser abuser par les quelques personnes de bien à part) Ce n'est que quand vous aurez rejeté cet idéal, quand vous vous en serez lavé et purifié, que vous serez véritablement en paix " (2)

 

  

" Oubliez la société idéale, l'être humain idéal. Contentez-vous de voir comment vous fonctionnez. C'est cela qui importe. Ce qui prévient la pleine floraison de notre organisme dans son unicité, c'est notre culture. Elle a situé l'erreur - l'homme idéal - avant l'homme." (3)

" Quand vous ne cherchez plus à devenir autre chose que ce que vous êtes, le conflit intérieur n'est plus. Si intérieurement vous n'êtes plus en conflit, il vous devient impossible de l'être avec la société " (2)

 - Faux idéal égal vraie souffrance 

 

"Ce que vous savez est toujours relié à ce que vous voulez être. Ce que vous voyez ici, en vous, est à l'opposé de ce que vous voudriez être, de ce que vous désirez être, de ce que vous devriez être. Qu'est-ce que vous voyez ici ?
Vous voulez être heureux, alors vous êtes misérable. Vouloir être heureux est la cause de votre misère. Ce que vous voyez ici est à l'opposé de votre but, votre désir d'être heureux, votre idée de bonheur. Vous voulez sentir le plaisir sans arrêt, voilà ce qui amène la souffrance." (2)

 


IV  EGO ET RECHERCHE

- Ego ou volonté : l'exemple du plaisir

" Chaque sensation a sa durée à elle, son intensité à elle, mais vous allez vouloir l'intensifier ou l'amoindrir, la prolonger ou vouloir y couper court, selon que vous la jugiez plaisante ou non. Cette volonté n'est là que quand vous vous posez séparément de la sensation de plaisir, et que vous commencez à cogiter sur la manière dont vous pourriez la faire durer plus longtemps, à faire durer votre instant de bonheur. Vous avez maintenant conçu la situation, et maintenant que vous avez une idée de votre plaisir, un désir de faire quelque chose va inévitablement s'ensuivre pour qu'il se prolonge au-delà de sa durée naturelle : vous vous êtes créé un problème.....Naturellement vous allez demander : comment faire pour ne pas s'en occuper sans que la pensée intervienne dans le processus ? Il n'y a pas de réponse, il n'y a pas de comment cela peut se faire. Si quelqu'un suggère un moyen de le faire, vous êtes pris dans le même cercle vicieux " (2)



On peut étendre ce principe à la vie tout entière. Tout est réponse au stimulus, tout est spontané, que ce soit au niveau du corps ou au niveau du mental. L'organisme gère tout cela sans problème. Le problème ne commence qu'avec la volonté de forcer les choses, et la volonté est l'agent d'une idée, d'une pensée. 

" Tout ce que vous voulez amène la souffrance, parce que vous commencez à cogiter. Le vouloir et la pensée. Si vous ne désirez rien dans ce monde, il n'y a pas de pensée. ce qui ne signifie pas qu'il n'y a pas de pensées " (2)


 

" Voyez-vous, le système de valeurs est faux.....Vous jetez une quantité d'énergie dans ce business de vous adapter au cadre de ce système de valeurs...Le "vous" que vous connaissez est la puissance du savoir qui vous a été transmis. Il possède la question que vous estimez être la question intelligente. Par l'exigence d'une réponse à votre question votre "vous" cherche à savoir comment se renforcer lui-même...Il n'y a pas d'individu. La culture, la société, appelez cela comme vous voulez, ont créé un vous et un moi pour le seul motif de maintenir sa continuité. Mais en même temps, on nous fait croire que nous sommes devenus des individus. Cette dualité a provoqué en nous une situation névrotique." (4)

 

 

Puissance : assurance et motivation ou volonté du détenteur de ce prétendu savoir (savoir inculqué par la société et auquel il croit ). Ce savoir inspire des questions auxquelles il croit aussi. La prise en considération de ces questions, l'intérêt qui leur est porté, les réponses apportées renforcent l'orgueil de ce détenteur du savoir qui ne fait que perpétuer les croyances et illusions de la société.

Un tour de magie parfaitement réussi par conséquent : 

 

" La société culturelle nous a créés, en tout et pour tout afin de maintenir la continuité, et le statu quo. Conjointement elle a créé une idée : celle de l'individu. Mais en réalité il y a conflit entre les deux : l'idée de l'individu, et l'impossibilité de fonctionner en tant qu'individu séparé et distinct de la totalité de la pensée et des expériences de l'homme " (4)  

 

en ce que l'individu est une illusion à laquelle on croit, c'est le produit de la croyance dans les idéaux de la société. D'où les affres pour s'accomplir en tant qu'individu séparé.

Et le soi, l'ego poursuit sa quête :   

" Le vous tel que vous vous expérimentez est votre identité. Avec l'aide de la mémoire, l'identité maintient sa continuité. Si elle n'était pas là vous ne savez pas ce qui arriverait.....Ce procédé de la pensée a mis des millions d'années à organiser sa survivance et est prêt à n'importe quoi pour maintenir sa continuité" (4) 

 

" Tout ce que vous voulez accomplir est basé sur le moi. Je dis basé sur le moi et vous pensez aussitôt : attention, à éviter, parce que votre idéal est l'absence du moi. Mais tant que vous agissez en vue du non-moi, vous êtes ancré dans le moi. Quand l'énergie du désir d'aller au-delà du moi n'est plus, alors le moi n'est plus " ( 2)



Jeff FOSTER l'exprime de la manière suivante dans : "La Vie sans centre " (ed.  L'Originel)

" Aussi longtemps que vous faites quelque chose pour atteindre un but, vous êtes pris dans la recherche....Aussi longtemps que vous essayez de devenir quelque chose d'autre que ce que vous êtes, ou même tenter d'être ce que vous êtes ou de devenir ce que vous êtes, vous êtes pris dans la recherche. Vous êtes même pris dans la recherche lorsque vous essayez de mettre fin à celle-ci, ou non. Il s'agit vraiment de ce qu'on appelle une double contrainte. Vous êtes damné si vous le faites, et damné si vous ne le faites pas...Aussi longtemps que le "je" peut faire quelque chose, sa continuité est assurée " 
   

Il ne s'agit pas du vouloir au niveau pratique mais au niveau moral en général.

- Le domaine immense de la lutte   

Foi, valeurs, croyant, individualité à abandonner : 

 
" Votre séculaire culture religieuse a mis sous vos yeux l'homme idéal, la femme idéale, et tente de les couler dans ce moule de perfection. C'est impossible. C'est contre-nature. La Nature crée activement des individus absolument uniques alors que la culture a inventé un seul modèle auquel on doit se conformer " (3)


Par Jean Louis
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 06 2008 11:44

(Remerciements à : http://atheisme.free.fr/   d'où sont extraites ces citations.)


Une règle d'or qui est bien plus qu'une règle :

" Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse à vous-même "

(CONFUCIUS)

" Ne fais rien à ton voisin que tu ne voudais pas le voir faire à ton égard par la suite "

MAHÂBHARATA (Hindouisme) 

" Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse " (Judaïsme)

A distinguer de ce précepte de l'Evangile de Matthieu par exemple :

" Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-même pour eux "

car on sait que dans certaines perversions, on inflige aux autres ce que l'on voudrait qu'il nous inflige. On sait aussi que cela peut être un moyen détourné d'obliger l'autre à nous faire ce que l'on voudrait qu'il nous fasse. (Je veux que vous m'aimiez, alors je vous aime. Histoire d'obliger) Preuve que Jésus n'avait pas tout compris. 

La forme positive est un précepte à suivre. Autant dire un procédé.

La forme négative renvoie la personne à sa conscience d'elle-même, à sa nature profonde . Elle est responsabilisante, respectueuse de la liberté et d'une portée ou d'une dimension aussi considérables que l'est la personne humaine elle-même.  
 

Imaginons un peu, si on appliquait cette règle, pour ne prendre que quelques exemples flagrants :

Les juges n'enfermeraient pas les condamnés dans des prisons où ils répugneraient à demeurer.

Les chefs d'Etat n'enverraient pas les gens se faire tuer ne voulant pas être tués.

Les hommes de pouvoir n'exploiteraient pas, n'opprimeraient pas les hommes ne voulant pas eux-mêmes être exploités ou opprimés.  

Les chefs d'entreprise ou les actionnaires ne licencieraient pas, par intérêt, les travailleurs et ne les mettraient pas en difficulté ne voulant pas, eux-mêmes être licenciés.

Les chefs religieux ou politiques ne chercheraient pas à convertir ou endoctriner les gens par des moyens habiles ne voulant pas eux-mêmes qu'on attente à leur liberté de penser.

etc à tous les niveaux de la société.

 

Heureusement, cette dernière a inventé des fonctions, édicté des règles, des lois, qui visent à nous dispenser de consulter notre conscience.   (Cas extrême de la guerre)

Nous ne devrions pas non plus refuser notre aide à une personne dans le besoin et que  nous  rencontrons , parce que nous n'aimerions pas qu'elle en fasse autant.
Mais c'est une question de conscience immédiate, évidente, pas une question de pensée à partir d'un système.
 
La puissance de cette règle repose tout entière sur l'idée fondamentale et insurpassable qu'autrui, quel qu'il soit, est mon semblable ontologiquement, et que donc, nous sommes, aussi libres l'un que l'autre.

Pourquoi la liberté ? La liberté est la conscience, c'est à dire la faculté et la possibilité de prendre la mesure de tout ce qui se présente à la connaissance. 

  

Si nous sommes aussi libres l'un que l'autre, je n'ai aucun droit sur sa liberté. Si c'est mon semblable, je ne peux lui infliger ce que je ne voudrais pas qu'on m'inflige.

Semblable ontologiquement, ce n'est pas être identique au niveau des désirs, des idées qui viennent se greffer par la suite. Ces désirs et idées sont nécessairement différents.

 

 D'où l'absurdité d'un précepte positif : il suppose une pensée. C'est l'affaire de ceux qui comptent sur un endoctrinement. On pense selon nos connaissances ou notre conditionnement.

Cette règle d'or suppose l'existence d'une nature fondamentale de l'être humain au-delà de toutes les vicissitudes.

S'interroger, rechercher un accord intime, honnête, profond, total, au-delà des mots, c'est s'approcher de cette nature fondamentale.

Par Jean Louis
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 07 2008 11:14

Comme nous l'avons vu, la possession d'une chose suppose qu'elle dure. Il serait absurde de vouloir s'approprier une chose qui va disparaître dans la seconde ou la minute qui suit. Ou alors on cherche seulement le plaisir momentané qu'elle peut nous procurer.

Ce que nous voulons posséder, ce n'est pas l'objet, c'est le plaisir qu'il nous procure. Qui voudrait s'approprier quelque chose qui ne lui apporte strictement rien ? 
 

Mais quel plaisir demeure intact tout au long d'une vie ?

Plus le plaisir que nous prenons à posséder et utiliser un type d'objet est psychologique, plus il dépend de facteurs sociologiques, et plus il est fragile, difficile à obtenir et sujet à variation ou à usure. Un plaisir qui vient des sens peut-être beaucoup plus assuré. Seulement il est éphémère. 
 

Nous sommes devant la difficulté suivante : c'est le plaisir (quelle que soit sa nature ) procuré par le type d'objet qui nous motive, mais nous ne pouvons pas en faire une possession définitive ou pérenne. Autrement dit, le possesseur-jouisseur ne peut pas être maintenu, assuré.

 

 

Le possesseur, c'est à dire celui qui jouit de l'usage de l'objet, décline ou disparaît.

Il reste le rêve d'être toujours celui-là, le rêve d'un bonheur ou d'un plaisir permanent, de quelque nature qu'il soit. Le rêve dure. Et il est gratifiant, exaltant, consolant. (On vous en sert !) 

 

 

Le rêve se maintient en grande partie grâce au mot. Le mot qui sert de repère pour tout le monde, de signe de reconnaissance, de consensus. Le mot qui nous permet d'exister socialement, qui permet à notre plaisir ou notre bonheur d'exister socialement (d'être supposé heureux et de savoir que les autres le supposent et de jouir de passer pour celui que les autres supposent riche, ou puissant ou savant)

 

 

Quel intérêt de posséder une magnifique maison avec piscine etc si on ne peut en parler à personne, la montrer à personne ? Quel intérêt d'être directeur si ce n'est pas pour être reconnu en tant que directeur ? Quel intérêt d'être savant si on est seul à le savoir ? En rêveriez-vous ? 
 

Rêvez-vous beaucoup à des choses qui resteraient inconnues de la société ? Ne rêvez-vous pas plutôt au plaisir ou au bonheur que vous retireriez de l'estime, la reconnaissance, la considération des autres ?

 

Peut-on s'approprier durablement un plaisir ou un bonheur qui dépend de la reconnaissance des autres, qui tient beaucoup à cette reconnaissance ? Pouvez-vous vous approprier cette reconnaissance, cette estime ? Hum !

 

 

Cette reconnaissance, estime, considération est attachée au mot. Parce qu'il résiste au temps. Et qu'il semble pouvoir être possédé. (Je suis directeur, directeur, directeur, directeur....Noooon ! Vous me rétrogradez sous-directeur ?!!!!!) 
 

Tandis que le bonheur, la considération, l'estime, l'amour, et même le plaisir sont des choses mentales, des images, de l'impalpable, de l'insaississable, du fluctuant etc

 

 

On croit qu'en nommant une personne, un sentiment, ou une émotion, on va pouvoir le garder comme on garde le mot. Mais la personne, le sentiment, ou l'émotion nous échappe. Ils changent. Ils sont insaisissables. 
 

Or il n'existe rien qui ne soit notre perception, notre impression, notre sensation, notre représentation, notre émotion. La vie, le monde sont notre conscience de la vie, du monde.

Et la conscience de ce qui est révèle que ce qui est est impermanent.

Donc le monde repose sur un accord verbal. Puisqu'on ne peut s'assurer de la possession de ce qui est humain, de ce qui ressortit à l'Être, on maintient le pacte, l'accord verbal qui a donné de la valeur aux mots eux-mêmes. 


 

L'expression «Belle maison» a de la valeur parce qu'on dit tous qu'elle a de la valeur. «Savoir» a de de la valeur parce qu'on dit tous que «savoir» a de la valeur. «Amour» a de la valeur parce qu'on dit tous qu'amour (le mot lui-même), a de la valeur.

 

 

«Un milliard d'euros» a de la valeur parce qu'on dit tous qu'une feuille de papier appelée euro a de la valeur. L'économie libérale et capitaliste repose sur ce principe et non pas sur les besoins réels des gens : ce qu'on dit qui a de la valeur a de la valeur. (On parie sur le fait que certains produits seront demandés parce qu'on dira qu'ils ont de la valeur).

 

Elle vous fait désirer des objets de plus en plus mentaux, dont les qualités sont de l'ordre du fantasme, du rêve, de l'imagination. Elle vous mène par le bout du nez. (Et en plus, ces objets vous déshéritent parce qu'ils sont fabriqués ailleurs !!!)

Pas de mondialisme sans une communication conditionnante mondiale et efficace.



Posséder, saisir du solide, du durable, on n'a pas trouvé autre chose pour contrer, tenter de nier son impermanence et sa vacuité. 

Posséder quelque chose qui existe, dont l'existence est unanimement reconnue permet d'exister et permet d'être reconnu.
Posseder quelque chose qui dure permet de durer.
Posséder quelque chose qui a de la valeur parce que tout le monde lui accorde de la valeur permet d'avoir de la valeur. 

 

L'existence et la réputation du possesseur semblent assurées. (Ce que je possède a plus de valeur ou plus de prix que ce que tu possèdes..)  

Ainsi, parfois on s'accroche à quelque chose (bien matériel, intellectuel, moral, spirituel) bien que de toute évidence, sa valeur, sa justesse se délittent, son sens évolue, change.

 

 

 

Pour lutter contre cela, on se crispe sur une forme, une représentation figée, une formule, un nom que l'on vénère. On se fatigue à restaurer, renouveler son sens, sa valeur. On porte atteinte à la vie. On finit par adorer des sépulcres blanchis.

 

 

 

Par Jean Louis
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