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Soi

Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /2009 11:36

Si l'on veut bien y prendre garde, nous avons le paradoxe suivant : nous avons le sentiment de savoir qui nous sommes, mais nous sommes bien incapables de dire qui nous sommes, de nous identifier clairement.

Qui est celui auquel nous pensons ? 

Qui est celui qui est censé être désigné par le nom ?. Sait-on ce que l'on fait en nommant ? Sait-on qui est nommé ? De quel droit nomme-t-on ? Je m'appelle X, je ne sais vraiment pas qui est ce X. Et vous ?

Je n'ai pas la réponse à la question : «qui suis-je ?».


Nous ne savons pas, n'avons jamais su qui nous sommes. Cette connaissance, nous ne l'avons jamais à la conscience. Au moins, cela, c'est clair. Nous admettons que nous ne savons pas. Nous ne pouvons pas parvenir à la connaissance de « qui nous sommes »

Alors ne faisons pas semblant de savoir, ne partons pas de l'idée que nous savons, soyons honnêtes avec nous-mêmes. Prenons conscience que nous ne savons pas.
 

On dit que nous sommes quelqu'un (?), une personne définie (?), séparée (?) Pas de connaissance à son sujet. Cette connaissance n'existe jamais. On ignore si ce quelqu'un, cette personne existe.

Ce sentiment injustifié de savoir qui nous sommes et de savoir que nous sommes quelqu'un repose sur une mémoire : le souvenir assez confus de tout ce qu'on a pu penser, conclure à notre sujet – vous savez dans les relations, les conversations etc. C'est aussi et surtout la conséquence des moments où ce que l'on pensait, concluait paraissait très convaincant, probant.


Quand on cherche vraiment à répondre à la question qui suis-je ? on essaie de convoquer, rassembler ces souvenirs, mais cela ne donne aucun résultat. Si ces idées à notre sujet étaient justes, nous pourrions nous y reposer et les défendre. Ce n'est pas le cas.

Cela ne donne aucun résultat, parce qu'il n'a jamais existé d'entité permanente que l'on apprendrait à connaître ou que l'on pourrait trouver. Tout ce qu'il y a eu, c'est une suite de postulations, de prétentions de la part de la pensée.
Le souvenir de la suggestion, de la force de persuasion de ces pensées sont la cause unique de notre croyance que l'on est quelqu'un de défini et de permanent.


«L'état de conscience de l'ego vous fait avoir certaines pensées sur vous-mêmes, alors que la seule chose que vous pouvez appeler vous-mêmes, est simplement la pensée que vous en avez « (ADYASHANTI)

On pourrait même ajouter : et la seule raison pour laquelle vous avez cette pensée de «vous-mêmes» c'est que l'on vous a convaincus qu'elle a de la valeur. Nous avons été impressionné, subjugué, frappé, saisi.

 

Quand nous cherchons à répondre à la question : qui suis-je ? nous essayons d'obtenir une connaissance. Evidemment, nous ne pouvons être identifiés à une connaissance. Car alors, qui serait le connaisseur. Ou qui était le chercheur ?

 


«Q : Comment puis-je trouver qui je suis ?

Maharshi : Y a-t-il deux soi pour que l'un doive trouver l'autre ?» 

La recherche doit nous permettre de prendre conscience que la réponse à qui suis-je ? est le chercheur lui-même, en dehors de toute connaissance ou objet. C'est Être (et le mot est de trop).
 

« Le faux ego est associé aux objets ; il est même son propre objet. L'objectivation est l'erreur.» (MAHARSHI .- Ed. Albin Michel)

 

La question :  qui suis-je ? devrait donc apparaître comme stupide. C'est nous qui avons créé au moyen du langage, du verbe, une division artificielle entre le je et le qui. Elle est pertinente parce qu'elle reflète le sentiment où nous sommes que l'on pourrait savoir qui nous sommes et l'absurdité de ce sentiment en nous mettant au défi de trouver la réponse.

Elle a pour but de réaliser vraiment que toute idée de connaissance de soi, toute préoccupation à ce sujet, toute démache dans ce sens, sont absurdes.  Si vous croyez être quelqu'un, eh bien cherchez qui est ce quelqu'un.

 

Nous pouvons essayer de saisir beaucoup de choses, nous pouvons mémoriser beaucoup de choses, nous disons même que nous avons saisi lorsque la logique d'une question quelconque est comprise, mais quelle idée de croire que nous pouvons saisir qui nous sommes ! Quelle idée de croire que l'on peut être, en même temps, ce qui est saisi et celui qui saisit !

Par Jean Louis - Publié dans : Soi
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 17:32

agrémentés de citations.


« La vie a besoin d'illusions, c'est à dire de non-vérités tenues pour des vérités «  (Frédéric NIETZSCHE)


Existe-t-il une raison qui aurait raison de toutes les raisons et qui nous permettrait d'être définitivement tranquille ?

 

« Dans l'esprit, il n'y a aucune volition, autrement dit aucune affirmation ou négation, à part celle qu'enveloppe l'idée, en tant qu'elle est idée « (Baruch SPINOZA)


Où trouverions-nous un auteur, un décideur et un acteur autre part que dans la langue qui fournit le sujet, son action sur les compléments, les comparaisons, les jugements, les termes du choix ?
Autrement dit comment ferait-on pour attribuer une volonté, pour penser de quelqu'un qu'il est l'auteur sans la langue ?


«La liberté est le pouvoir, enraciné dans la raison et la volonté, d'agir ou de ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi par soi-même des actions délibérées. Par le libre arbitre chacun dispose de soi.» (Catéchisme)


Quelle preuve les mots ou la langue apportent-ils à l'existence de cette volonté ou de cet auteur ?



« On ne parlerait guère en société si l'on se souvenait combien de fois on a été incapable de comprendre ce que disaient les autres «  (GOETHE)


Est-ce que l'autre et soi-même se référent au même soi quand il est question de soi ?
 

Quand on parle de soi, à quel sens des mots utilisés faisons-nous allusion qui serait aussi celui des autres ?

 

« Pour moi, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi-même, je tombe toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaleur ou de froid, de lumière ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne parviens jamais, à aucun moment, à me saisir moi-même sans une perception et je ne peux jamais rien observer d'autre que la perception. » (David HUME)


Pouvons-nous trouver en nous celui auquel nos pensées ou les paroles s'adressent ?
 

S'il est impossible de trouver celui auquel nos pensées ou les autres s'adressent, ou bien notre identité, qui nous soucions-nous de sauvegarder ou de protéger ?



" Tout ce que l'on dit de nous est faux ; mais pas plus faux que ce que nous en pensons " (Paul VALERY)


« Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. «  (Arthur RIMBAUD)

Comment se fait-il que l'on dépende des autres ou d'une autorité représentant les autres pour trouver une vérité objective, un savoir à propos de soi, alors que soi est supposé être notre identité personnelle, être différent, unique ?
 

Y-a-t-il une idée de soi quand ni quelqu'un d'autre, ni une pensée ne s'adresse à ce soi ?


Quelle reconnaissance est la plus probable : la reconnaissance de notre identité ou la reconnaissance de l'impossibilité de trouver notre identité ?



« Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène » (Denis DIDEROT)


Comment peut-on, à la fois, croire qu'on est l'auteur de sa vie, responsable de soi-même, et ne pas se reconnaître, souvent, dans ses actions ?


« Eh bien moi, je vous dis : tout homme qui répudie sa femme, hormis le cas de prostitution, l'expose à l'adultère ; et quiconque épouse une répudiée commet un adultère «  (Evangile de Matthieu)


Puisque l'on juge toujours en fonction d'un système de pensée ou de valeurs cohérent, comment nier qu'il puisse exister d'autres systèmes de pensée qui donneraient une autre valeur à ce que nous avons jugé ?

 

« Internet est le rendez-vous des chercheurs, mais aussi celui de tous les cinglés, de tous les voyeurs et de tous les ragots de la terre » (Alain FINKIELKRAUT)


On a des raisons d'aimer ou de détester quelque chose, mais peut-on justifier le degré ou la quantité d'amour ou de haine, de rejet ou d'approbation, auquel nous nous sommes arrêtés et qu'expriment, par exemple, les qualificatifs ?



« Celui qui n'est pas avec moi est contre moi «  (Evangile de matthieu)


« Les gens disent tous la même chose ! Ils disent tous, lorsqu'il leur arrive quelque chose : ça n'arrive qu'à moi «  (Raymond DEVOS)


Pourquoi croyons-nous que notre existence et notre action sont nécessaires au monde comme lorsque nous étions enfants et que nous croyions que tout le monde s'interessait à ce que nous faisions et attendait quelque chose de nous ?




« Est-il indispensable d'être cultivé quand il suffit de fermer sa gueule pour briller en société «  (Pierre DESPROGES)


Que ferions-nous, quel projet aurions-nous en l'absence totale de l'idée d'une demande, d'une attente émanant du monde ou des autres ?

Par Jean Louis - Publié dans : Soi
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