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Personne

Dimanche 10 mai 2009 7 10 05 2009 07:39
 

qui parlait au nom des autres. Enfonçons le clou....

Qui parlait au nom de gens qui auraient besoin de quelque chose, comme s'il était eux, comme s'il  était légitimé ou missionné par eux. Qui voulait imposer à tout le monde sa solution.
 

«Car J'ai eu faim et vous ne m'avez pas nourri ; J'ai eu soif et vous ne m'avez pas désaltéré ; J'étais étranger et vous ne m'avez pas recueilli ; nu et vous ne m'avez pas vêtu ; malade et en prison et vous ne m'avez pas rendu visite.' Et eux aussi répondront : 'Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim ou soif, être étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t'avons-nous pas assisté ?' Alors Il leur dira en réponse : 'Amen, Je vous le dis, dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait.' Et ils s'en iront, eux vers le châtiment éternel, mais les justes vers la vie éternelle.» (Matthieu 25)
 

Comment peut-il savoir que tous ceux qui ont faim veulent être nourris, que tous ceux qui sont étrangers veulent être recueillis par des personnes particulières, que tous ceux qui sont malades et en prison veulent recevoir des visites de ces personnes ? Il y a tellement de cas, de causes différents, tellement de contextes.

Comment peut-il faire de ces actions un commandement général, et demander à chacun de faire tout cela, quelle que soit sa personnalité, sa situation ? Cela signifie aussi que nous ne pouvons pas avoir notre propre interprétation de ces questions. C'est quasiment une circulaire !

 

Ou c'est l'histoire d'un psy qui écrit des livres pour vanter les mérites de ses concepts prétendant qu'ils sont bons pour tout le monde.
 

Tous les maîtres, guides, gourous, Dieux, sauveurs, se présentant comme tels, introduisent d'abord, ipso facto, l'idée qu'ils sont des entités, des personnes, des figures. Et ces personnes ou figures d'apparence humaine, détiendraient ou seraient la Vérité, l'Absolu, le Tout etc

C'est à dire que la Vérité, l'Absolu prennent une apparence humaine, sont l'apanage d'une figure d'apparence humaine..

 

De ce fait, et quel que soit le message, la religion, l'idéologie ou l'enseignement, c'est un rapport de personne à personne qui est créé. C'est à soi, en tant que personne, en tant qu'entité, que ce message, cette religion sont adressés pour la raison capitale suivante :
la fonction d'une personne est de s'adresser à une personne, d'interpeller, de désigner une personne. C'est le principe de toute relation interpersonnelle.

 

Le maître, le sauveur, Dieu le Père etc toutes ces figures parlent soit au nom du souverain bien, de la vérité universelle qu'elles sont les seules à connaître, soit au nom de leur désir ou choix personnel qu'elles n'ont pas à justifier en tant que souverains maîtres. (On peut voir ces deux modes de fonctionnement dans les Ecritures)

Ces figures représentent, pour le disciple ou le croyant, ce qu'il n'est pas. Ce sont, immanquablement, des modèles à imiter, des sources d'inspiration, des buts à atteindre. Leurs concepts font la loi.

 

On en arrive tout naturellement à des vérités déconnectées de tout contexte, transcendantes, inconditionnelles. Ce ne sont pas des vérités sur quelque chose, adaptées, efficaces et qui passent. Ce sont des vérités systématiques, à appliquer de toute façon, dans toutes les situations.

 

Dans le cadre de la relation interpersonnelle du disciple avec sa figure suprême, tout est rapporté à la personne. L'idée de personne, la croyance dans le fait d'être un individu, c'est le sens de tout ce qui est dit ou fait, entrepris ou découvert, espéré ou raté. C'est le sens des. efforts, récompenses, reproches, espoirs, progrès, échecs, jugements etc Le sens de la vie est le sens de la vie d'une personne. L'individu est l'objet de pensée et de préoccupation.

 

Les concepts du maître sont indispensables à l'individu. Pas d'individu sans le sentiment d'un manque et sans l'idée de progression grâce aux nouvelles vérités à découvrir. L'individu est lui-même une idée (inférieure) qui a besoin d'idées (supérieures).

Or la personne ou l'individu ne trouvera jamais la solution, car il est, lui-même, le problème. Il est créé en tant que manque.

 

 

Les maîtres, gourous, guides, Dieux, sauveurs etc dépendent absolument de l'idée qu'il y a une personne, un individu. Un individu soumis, qui les prend pour modèles. L'existence de cet individu est indispensable à l'existence du maître, car l'individu voit ou imagine un autre individu. Il est créé pour répondre aux multiples conditions et critères que le maître décide et pour essayer de ressembler au maître.

On ne dira jamais à quel point les monothéismes sont des religions de l'ego.

 

Ce n'est rien d'autre que la réactivation du schéma initial : parents-enfants.

Ce sont les parents qui ont donné naissance à l'individu chez l'enfant. La société a pris le relais.

 

La libération, c'est de voir qu'il n'y a personne au sens où nous sommes inaccessibles à la pensée ou à la connaissance. Inconcevables. Il n'y a pas de conscience d'un soi possible. Personne autour de soi non plus évidemment. Donc tout ce qui a été dit précédemment tombe à plat, n'a plus lieu d'être. Disparaît. Plus d'individu, plus de manque.

 

L'idée d'être quelqu'un : une idée qui a du poids. Elle est profondément enracinée et à pris ses aises.

Nous avons été éduqués, habitués, entraînés de telle sorte que nous interprétons, voyons le monde, la vie en tant qu'individus à travers notre système de pensée. Il ne peut qu'être confirmé. Il ne peut qu'être le bon . C'est évident. Il est évident que les autres doivent avoir le même. Peu probable que nous le remettions en cause dans la vie quotidieene, dans nos relations.

 

Car les relations interpersonnelles sont l'affaire de l'individu qui s'appuie sur ce système.

 

Nous prenons pour argent comptant nos repères, nos critères de jugement. Nous nous rendons malheureux et, à l'exemple du maître, nous rendons les autres malheureux à cause d'eux. Ce ne sont même pas les nôtres, ce sont ceux qu'on a cru qui étaient vrais et admis par tout le monde. Les concepts sont des autorités, ils généralisent. Faire autorité, c'est généraliser. On généralise, à l'exemple du maître. En fait, c'est l'idée d'une généralisation possible, de valeurs réellement valables pour tous qui est la vraie figure suprême. C'est le concept.

 

On a intérêt à réduire, la fréquence, la quantité et l'intensité de tout ce qui représente de près ou de loin un enjeu personnel.

 

Par Jean Louis - Publié dans : Personne
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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 10 2009 11:15

D'un côté, il nous semble que :


Nous ne pouvons pas nous départir de notre conscience, nier notre conscience, nier que nous sommes toujours conscients.


Nous ne pouvons pas nier que notre conscience existe indépendamment de notre volonté, nier que cette conscience est hors de portée de nos choix, de nos désirs, de nos idées et non atteinte par eux.


Nous ne pouvons pas nier que notre conscience est au-delà de toute idée de nous-même, que par nature, elle n'a rien de personnelle. Et pourtant, nous ne pouvons pas nier qu'elle est nous-même.


D'un autre côté, il apparaît que :


Nous ne pouvons pas nier que tout événement, toute personne, toute parole ou pensée, tout choix, toute décision, toute action, toute chose n'est rien d'autre que notre conscience de cet événement, de cette personne, de cette parole ou pensée, de cette action, de cette chose.

Notre vie ou le monde est notre conscience de notre vie ou du monde.


Nous devons admettre que notre conscience de chacune de ces choses varie dans le temps, quand nous y pensons. C'est la conscience des sentiments, plaisirs, désirs, impressions associés etc qui varient au fil du temps.
Nous sommes conscients des sentiments d'amour ou de haine, de la dégradation, de la souffrance, du malheur. C'est à dire que notre conscience des sentiments d'amour ou de haine, de la dégradation, de la souffrance, du malheur est l'amour ou la haine en question, la dégradation, la souffrance, le malheur.

Et alors la réalité de la vie semble être cela. Cela semble être la vérité.


La conscience est rien.

Cela ne veut pas dire qu'elle n'existe pas, mais elle n'est jamais rien de ce qu'on pourrait connaître.
On ne peut être conscient de sa conscience. Ce serait avoir deux consciences distinctes, la première et celle dont on est conscient.

Rien, espace vide d'objets de conscience admet tous les objets de conscience.


Tant que nous tenons à être quelque chose, du connu, ce quelque chose ou ce connu sera qui nous sommes – nous nous vivrons comme tels – et nous ne pourrons accepter d'être qui nous sommes vraiment : rien du point de vue de la connaissance.


Ce rien ou cette conscience-espace-vide est conscience des émotions, désirs, pensées, sensations, sentiments, sans être rien de tout cela, en étant libre de tout cela.


Si nous ressentons que nous sommes véritablement ce qui passe dans la conscience, si nous croyons être tout ce qui peut être dit, c'est parce que nous ne sommes plus la conscience : rien.

Tout est susceptible d'être nommé et relié à un savoir, un système de pensée. C'est un cadre verbal qui nous place en position de sujet séparé de l'objet, avec tout les rapports prévus entre eux.


Le verbe nous offre donc la possibilité d'être quelque chose ou quelqu'un de défini. Et la palette est très riche mais pas forcément réjouissante pour nous. Tout dépend de notre conditionnement socio-culturel.


Il y a cette prégnance, ce pouvoir d'un sens profond de la vie qui éclaire, oriente, informe toutes nos expériences, toutes nos perceptions. La continuité du sujet dans ce sens est assurée, de même que le sentiment de séparation avec le monde, et notre identification à un grand nombre de concepts.


" Un effort pour trouver un point de référence. Quelque chose, n'importe quoi à saisir. Une sorte d'explication ou de raison. Quelque chose pour remplir le rien " (Unmani Liza HYDE .- Die to Love)
 
Je me pense. Je me pense. Je me pense. Cela ne veut pas dire que je suis bien conscient d'une pensée qui parle de moi – c'est plus sournois que cela – cela veut dire du réfléchi, du familier, une reconnaissance en permanence. Une sorte d'extension conceptuelle, culturelle de l'enfant qui suce son pouce. Je me.


J'ai depuis longtemps intériorisé, convenu, qu'il y avait de la reconnaissance, de l'attribution dans le sens que l'on exprimait.
Le sens dans les paroles semble si capital, au point d'être l'objectif, l'enjeu primordial de la vie.

C'est à qui ? c'est pour qui ? c'est qui ? A qui est-ce ? J'acquiesce. Je suis celui à qui cela est.


A qui est-ce : attribution. Acquiesce : reconnaissance.


Cet accord ou acquiescement ne peut être refusé, évité. C'est la base de toute relation, la condition première de toute entente, acceptation, reconnaissance. Il faut ce fait : que « je me » sur invitation. Le contenu vient après.

C'est ainsi que l'on hésite toujours quand il faudrait décevoir ou détromper les attentes, les  opinions des autres à son sujet.

Ce fait de se penser est fondamental.

C'est l'invention de quelqu'un, de la personne. Car il ne peut exister une pure idée de sujet, vide, sans attributs, comme il ne peut y avoir d'attributs, de caractères qui ne soient portés, attribués à quelqu'un.


D'où les pensées incessantes. Une reconnaissance, dépendante de quelque chose, est toujours à renouveler. D'où l'effet de personnalisation, c'est le sens même de l'attribution et de la reconnaissance.


Ainsi, j'agis, je parle, je suis ému, je décide, je réagis, comme si je savais ce que je fais, ce que je dis, ce que j'éprouve, ce que je décide et ce que j'en pense.

"Q : D’où viennent, selon toi, les réactions ? Y a-t-il moyen de s’en libérer ?

Y : Elles viennent de la pensée. De la croyance en l’idée d’être une personne. Quand cette croyance tombe – et cela se fait en un instant, pas besoin de vingt ans de pratique pour ça – il n’y a plus que ce silence, cette intensité, alors tu te laisses faire.» (YOLANDE)

http://www.dsyolavie.org/yolande/yolande.html

Croyance têtue dans le contrôle ou le savoir. Auto-illusion indispensable à l'attribution-reconnaissance. Mais j'ai peur que l'on voit ce que je sais déjà : que je ne sais pas, que je ne me contrôle pas, que je ne me sais pas. Alors je me protège.


Pourquoi, de quel droit cette attibution, voulue par l'entourage ? Non, mais....!

Par Jean Louis - Publié dans : Personne
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