On a coutume de dire qu'il n'y a pas deux vagues, deux feuilles, deux êtres humains semblables, que la nature ne fait jamais deux fois la même chose. Mais en
parlant de "choses", on se trompe peut-être.
En approfondissant la question, on en arrive à se demander si la raison de cette infinie variété n'est pas dans le fait que la vague, la feuille, l'être humain, n'existent pas en tant que tels,
par eux-mêmes, comme des entités indépendantes qui, alors, pourraient être reproduites.
On se met à soupçonner que la vague, la feuille, l'être humain etc sont des sortes de processus, de phénomènes toujours en train de se dérouler,
d'évoluer. Dans ce cas, qu'est-ce qui pourrait bien être semblable de façon permanente ?
Le changement incessant, le caractère phénoménal des choses est assez facilement reconnaissable avec ce que nous appelons les émotions, les envies, les impressions,
les sensations. Remarquons tout de suite que ces événements qui semblent concerner notre corps, notre sensitivité ou notre sensibilité sont difficilement isolables, définissables, nommables ou
caractérisables. Même quand ces événements durent trop longtemps à notre goût, nous admettons qu'ils n'ont aucun caractère uniforme, permanent.
Ils varient.
Il en est de même des sons, des saveurs, des odeurs. En étant attentif, on s'aperçoit qu'ils évoluent. Rien de permanent, de constant si on y regarde de très
près.
Nous sommes, en revanche, enclins à penser que la maison, la voiture, le meuble que nous voyons ne changent pas d'un pouce. Ils sont obstinément toujours identiques à eux-mêmes, du moins pendant
une période de temps assez longue. (Tout s'use) Mais n'est-ce pas plutôt notre concept de ces choses qui est permanent ?
En étant très attentif à notre vision de ces choses, on s'aperçoit qu'elle varie très subtilement et constamment. En étant très attentif au toucher d'un tronc
d'arbre, c'est pareil. Toute perception est un phénomène changeant. (La fonction sensorielle varie, les conditions «extérieures» varient). Et la maison, le meuble, la voiture ne
sont pas non plus choses figées en elles-mêmes.
Rien de permanent décidément. On ne vit jamais deux fois la même expérience.
Nous ne le reconnaissons pas par distraction, mais aussi parce que nous sommes conditionnés ainsi. Nous vivons dans un monde largement permanent complètement
fictif, illusoire. Et on se demande si notre habitude d'objectiver n'est pas pour quelque chose dans cette conception erronée du monde et de la vie.
Quel rapport existe-t-il entre notre perception du phénoménal et les concepts ? Quelle est l'influence des concepts sur notre façon de concevoir le monde et la vie ?
impermanence bouddhisme impermanence
Tout s'oppose à l'impermanence.
Comment s'attacher à une personne, si cette personne est impermanente, si cette personne change sans cesse, de qui êtes-vous amoureux ?
Comment savoir quoi que ce soit, si l'objet du savoir est impermanent ? Votre savoir concerne quel objet ?
Si tout change sans cesse, cela signifie aussi que l'on ne peut rien saisir, que l'on ne peut rien garder, que l'on ne peut rien s'approprier.
S'il n'existe que des phénomènes changeants, alors rien n'est consistant, tout est vacuité.
Et même, comment simplement vivre si tout est impermanent ?
Mais il ne faudrait pas confondre impermanence et chaos, permanence et régularité. Une jument ne donnera jamais naissance à un chat, une pierre ne se transformera jamais en oiseau en tombant.. A
notre niveau, la régularité des phénomènes du monde nous permet de vivre. Cette régularité est sans doute représentée par les lois.
Notre expérience, notre «conscience» nous font voir le monde, la vie, sous forme d'entités distinctes, identifiées. Nous nous basons sur ces
distinctions et identifications pour vivre.
« L'aspect le plus subtil de l'interdépendance concerne la relation entre la base de désignation et la désignation d'un phenomène. La localisation, la forme, la
dimension, la couleur ou toute autre caractéristique apparente d'un phenomène sont des bases de designation. Leur ensemble constitue la désignation de l'objet, une construction mentale qui
attribue une existence autonome illusoire à cet objet. Dans notre expérience de tous les jours, ce n'est guère l'existence nominale d'un objet qui nous apparait mais sa désignation» dit Trinh
Xuan Thuan ici :
http://www.trinhxuanthuan.com/articles/scienceetbouddhisme.pdf
Notre expérience, notre conscience nous font voir ces entités comme permanentes ou durables. C'est particulièrement vrai pour tout ce que nous pouvons nommer : un
arbre, un nuage, un sentiment, un désir, une douleur. Le mot nous évite d'y regarder de plus près. Cela veut dire que nous nous focalisons sur des aspects du phénomène plutôt que d'être conscient
de ses variations.
Mais permanence et impermanence sont des concepts qui s'appliquent à des choses (tout ce dont on prend conscience) sinon on ne pourrait parler de
leur permanence ou de leur impermanence. Cela suppose la mémoire pour comparer. Que peut-on mémoriser d'un phénomène qui change sans cesse ?
De même, on pourrait se laisser aller à dire que dans l'attention à "ce qui est", ici et maintenant, on ne trouve rien de permanent, que l'instant suivant se révèle
différent de l'instant précédent. On ne vit jamais deux moments identiques. Mais là encore, le concept est louche. Il faut la mémoire pour comparer. Ce que l'on compare n'est pas la réalité, mais
des concepts successifs.
En fait, l'attention à l'instant présent exclut la mémoire de l'instant présent. Et donc de l'instant passé qui était l'instant présent.
On n'expérimente jamais réellement la permanence ou l'impermanence.
Il peut nous arriver d'apercevoir dans une eau troublée et tourbillonnante ou dans la fumée des formes reconnaissables mais évanescentes. Ce n'est qu'une projection
de notre mental. Impossible de les conserver, elles disparaissent aussitôt. Le monde, la vie vus à travers notre mental est une projection incessante de formes reconnaissables,
c'est à dire qualifiables, et prétenduement permanentes ou impermanentes.
Toutes nos perceptions conscientes (chaque image, chaque son, chaque odeur) se composent d'une multitude de formes fixes, reconnaissables et
mémorisables. Nous passons de l'une à l'autre sans nous en apercevoir comme au cinéma ou dans l'exemple du brandon allumé de Gaudapada :
« Tout comme en faisant mouvoir un brandon enflammé on lui donne l'apparence de lignes droites, courbes etc ainsi la conscience, lorsqu'elle se met en mouvement, donne l'apparence d'une
perception et d'un sujet qui perçoit» (Comme un cercle de feu .- Ed. L'Originel)
Vivre vraiment l'instant présent exclut toute conscience de l'impermanence.
On se demande alors s'il n'y a pas que deux modes possibles : l'impermanence non consciente et la conscience d'éléments permanents successifs fabriqués de toutes pièces par le
mental.......
impermanence bouddhisme impermanence
.
Pas de permanence dans les phénomènes, dans la perception du sensible. Mais il est clair que de connaître l'impermanence des choses matérielles, des sentiments, des
émotions etc ne permet pas de se libérer de la croyance en leur permanence et de la quête du permanent.
Le permanent prend naissance avec la mémoire. La mémoire est la permanence pour son connaisseur. C'est la pérennité des
connaissances.
D'après ce que nous avons vu, travailler à prendre conscience de l'impermanence, c'est donc solliciter sa mémoire, constituer un savoir. C'est donc fabriquer du
permanent. C'est s'enfoncer dans la dépendance à la permanence. Au mieux, cela consiste à passer d'un connu permanent à un autre.
Il est parfois cocasse de voir des gens essayer de démontrer l'impermanence des choses tout en suscitant l'esprit de saisie. Ils en font un but, théorisent
là-dessus, constituent des connaissances qui augmentent la place du permanent dans leur esprit. Ils sont, eux-mêmes, en quête de permanent. Ils tournent le dos à la réalisation de
l'impermanence.
Mais un maître en parole déclenchera toujours cet esprit de saisie.
On montre bien que le monde est impermanent, mais on a tendance à oublier que le connaisseur aussi est impermanent. Le maître se présente comme un connaisseur permanent de connaissances
permanentes.
S'il y a quelque chose à saisir intellectuellement, cognitivement, affectivement, il y a quelqu'un pour saisir, connaître, désirer. Sans rien à
connaître ou à désirer, personne pour le faire.
La formation d'un connaisseur signe le début d'une saisie de quelque chose de permanent. Il n'est là que pour ça !
De quelle nature est cette mémoire ? Il semble évident que la mémoire a besoin d'items, de codes, de signes précis, fixes pour exister. Elle restitue ces
informations.
«....l'esprit qui s'empare sans répit des innombrables aspects du monde, les transformant en une collection d'images objectivées dont il a l'illusion d'être maître.
De ses observations diaboliques, l'esprit pertinent tire la matière de ses concepts, dont il se croit être le centre substantiel. Il crée pour lui-même un monde satisfaisant son obscure volonté
de puissance, qu'il peut manipuler à loisir, ajuster à ses désirs et ses peurs...(...)..Ce que l'homme recherche avec son esprit lui échappe du fait même que le mode de l'esprit est le concept et
que ce qu'il cherche appartient à un ordre de réalité indépendant du concept « (NAN-SHAN .- Recueil de la Colline du Sud .- Ed. Les Deux Océans)
Ce qui rejoint les propos d'U.G. Dans : «La pensée est votre ennemie « (Ed. Les Deux Océans) :
" L'instrument dont on se sert pour se libérer de la chose appelée "esprit" est l'esprit. Il n'y a rien d'autre qui s'appelle esprit, autre que ce que vous faites
pour vous libérer de l'esprit. Mais un jour s' il vous apparaît par quelque étrange chance ou miracle, que l'instrument dont vous vous servez pour tout comprendre n'est pas l'instrument, et qu'il
n'y a pas d'autre instrument vous serez frappé comme par la foudre de l'éclair "
Mais notre expérience, c'est que nous sommes continuellement en train de vouloir connaître, saisir, en train de désirer. La continuité du
connaisseur est à ce prix.
Il suffit d'un signe, d'un signifiant, n'importe lequel d'ailleurs, auquel on donnera du sens pour que le connaisseur soit content, car cela lui permet
d'exister. La réalité de ce signe ou signifiant et l'exactitude ou la justesse du sens ne lui importent guère.
Un connaisseur permanent ? Ou un connaisseur intermittent apparaissant comme permanent ?
La soif de savoir du connaisseur est inextinguible et aveugle, d'où la nécessité du permanent. Le savoir est utile. Il s'agit seulement de réaliser qu'il n'y a PAS
QUE du permanent, que nous ne nous réduisons pas à n'être QU'UN connaisseur, ou à mettre en perspective ce permanent.
Il faut disjoncter, briser la continuité du connaisseur pour réaliser l'impermanence....
impermanence bouddhisme impermanence
Puisque tout est impermanent, s'attacher, s'agripper à un aspect, une forme, une expression quelconques sera source de déception et de souffrance.
Puisque tout est vacuité, choisir, admirer, sanctifier un aspect, une forme, une expression quelconques est absurde et est source de souffrances.
Et surtout, puisque le connaisseur lui-même est impermanent (je parle d'un connaisseur distinct du connu), retenir, s'approprier une vérité, se fonder sur une vérité est source de
souffrances.
En dehors du disjonctage-réalisation dont nous parlions, moins d'illusions, moins de dépendance, moins d'idées absurdes, c'est plus de joie de vivre.
Avant la réalisation de l'impermanence, il y a la réalisation de l'idée de permanence qui permet de s'en affranchir.
Or, pas de permanence sans nomination ou objectivation. Et pas de remémoration, pas de nomination.
La conscience immédiate et globale, incluant le monde et la conscience de soi, le plus en amont possible, est donc la première façon de desserrer l'étau des
nominations et de la permanence. Car une fois le nom, le signe créés, admis, il perdure et on peut le nourrir de sens et d'affection.
La méditation est comme une décontamination. Il faut se purifier de ces innombrables noms permanents de personnes, de choses, d'événements etc qui nous hantent
inutilement.
Mais le désinvestissement des pensées est moins aisé que le désinvestissement du monde. La mémoire fonctionne toute seule.
L'ego ou l'entité individuelle est souvent accusé d'être le grand responsable de la quête de permanence. Il en voudrait toujours plus. Ce raisonnement est
généralement celui des tenants d'une vision dualiste qui prétendent détenir la vérité (être des connaisseurs permanents) et nous l'enseigner . La culpabilisation ou la responsabilisation vont bon
train.
Mais le connaisseur, le chercheur n'est que le produit du but, de l'objectif, d'une certaine forme de «connaissance» ou plutôt de croyance qui se transmettent.
L'idée de personne permanente est la plus terrible.
La raison, l'objectif, l'idée-valeur institués sont à l'origine du jugement de tout ce qui se présente à l'esprit. Le jugement au nom de la raison, de l'objectif, de la valeur suprêmes de ce qui
se présente est à l'origine de la formation d'un responsable, responsable qui se met en quête d'une solution. Désir de saisir, de trouver, de se rassurer durablement.
Mais ceci n'est qu'une conséquence de l'intervention automatique d'une pensée conditionnée. Pas de jugement, pas de responsable. Pas de responsable, pas de désir de
saisie. Pas de désir de saisie, pas de nécessité de quoi que ce soit de permanent.
« C'est seulement le chercheur qui croit que l'un (la clarté) est meilleur que l'autre (la confusion), et que, de ce fait, quelque chose doit être fait pour clarifier la confusion»
Alors qu'en fait : "Les pensées sont simplement des pensées. Elles ne sont le vecteur d'aucune signification pour quiconque"
(Unmani Liza HYDE .- Je suis la Vie même .- Ed. L'Originel)
Avec le concept péjoratif de confusion, le chercheur se lève et se met en route.
C'est, évidemment surtout, de ces buts, raisons, valeurs qu'il faut se décontaminer, de l'importance qu'ils prennent qu'il faut se purifier. (Et ne pas les
remplacer par d'autres)
A l'évidence, rien ne peut être saisi, gardé, possédé pour toujours de ce que nous appelons le monde. Même les choses qui durent longtemps (biens matériels) s'usent et surtout changent pour le
connaisseur-propriétaire. Voir ici
Nous avons beau nommer quelqu'un, nourrir de sens ce quelqu'un ( voir aussi cet article ) ce quelqu'un change et nous-mêmes changeons.
Quant à une vérité intellectuelle, spirituelle etc elle change aussi, historiquement, culturellement etc. Notre représentation de cette vérité change.
Le mot qu'on dit ou écrit n'attrape rien, est déjà une trahison, une momie. Rien ne dure si ce n'est, éventuellement, des symboles, des signifiants, des formules arbitraires, creux, figés et
répétés à l'envi. (Voir religions instituées)
L'Ange de la Mort ou la voix de l'Impermanence parle ainsi :
" vois-tu, tout ce qui existe ici m'appartient ; ce n'est pas
à toi. Ta maison, ton conjoint, tes enfants, ta voiture, ta carrière, ton argent (et on peut ajouter ta propre existence ndr) : tout m'appartient et je peux te le reprendre quand je veux,
mais pour l'instant tu peux en faire usage" (Don Miguel RUIZ .- Les quatre accords toltèques .- Ed. Jouvence)
voir aussi : http://www.zombiemedia.org/spip.php?article201
impermanence bouddhisme impermanence
Tout ce qu'on peut dire, savoir d'une chose ou d'une personne (Caroline est têtue. Xavier est coléreux. Caroline travaille bien. Xavier a des difficultés en
lecture,Caroline est difficile à table. Xavier est désobéissant, Caroline a des complexes. Xavier est j'm'en-foutiste, Caroline a de l'ambition . Xavier est dépensier, Caroline a fait un beau
mariage. Xavier est un sacré coureur, Caroline et Xavier ont exercé telle profession.) on ne peut le dire que parce qu'on lui a préalablement donné un nom.
Connaître quelque chose ou quelqu'un suppose que préalablement on ait nommé cette chose ou ce quelqu'un. Sinon, à quoi, à qui va-t-on imputer des
caractères, des qualités ?
De qui ou de quoi parlera-t-on ? Seulement d'une apparence, de perceptions changeantes.
Mais en fait, il y a autant de Xavier et Caroline qu'il y a de personnes à connaître Caroline et Xavier, plus Caroline et Xavier. Et les connaissances sur Xavier et Caroline évolueront.
La seule chose qui ne change pas et soit commune est le nom.
Y a-t-il un nom sans savoir à son sujet ? Ce ne serait qu'un son ou un symbole, vide, totalement gratuit et arbitraire, inutile.
Y a-t-il un savoir possible sans un nom pour désigner son objet ? Non. Savoir sur quoi ? Mais alors ce savoir ne concerne que cet objet nommé, que ce que le
nom nomme.
De qui ou quoi est conscient Xavier en dehors du son et des pensées à son sujet ? Peut-il être conscient de l'entité Xavier elle-même indépendamment de tout
?
Pouvons-nous être conscient des entités chat, arbre, montagne, fleur, colère, jalousie, miséricorde etc désignées par les signifiants chat, arbre etc Non. Seulement
des signifiants et des pensées à leur sujet. Conscience de Xavier : conscience des pensées ou opinions à propos de Xavier.
Existence des pensées grâce au nom servant de cible mentale. Quand Caroline et Xavier étaient tout bébés, ces
opinions les visant n'atteignaient personne, eux-mêmes ne se pensant pas !
Caroline et Xavier existent en tant qu'entités visées par les opinions parce que leur nom existe et qu'ils s'identifient à leur nom. Au signifiant.
Non mais.....!
Avec les mots, on découpe le monde en morceaux. Des morceaux de toutes tailles. On crée de toutes pièces des entités.
Il y a des mots qui désignent de grands ensembles et des mots qui désignent de toutes petites parties du monde. Des miettes.
Les mots sont distincts les uns des autres. On dirait que ce que désignent les mots existe par soi-même et depuis toujours. Comme si une réalité détachée de l'ensemble, indépendante, permanente attendait qu'on la repère, qu'on s'occupe d'elle.
(Le chat, la montagne, la peur, la société, la goutte d'eau existeraient toujours en tant que tels, indépendamment du reste. Et les mots leur rendraient justice.)
Le chat attendrait qu'on l'appelle le chat. La montagne attendrait qu'on l'appelle la montagne. La peur attendrait qu'on l'appelle la peur. La société attendrait qu'on l'appelle la société. La goutte d'eau attendrait qu'on l'appelle la goutte d'eau etc.
Mais nous avons vu que l'entité chat est introuvable. Seuls sont conscients le signifiant et le savoir.
Le fait d'isoler en nommant, le fait de faire du chat une entité permanente et indépendante en utilisant un mot permanent et indépendant est contraire à la réalité.
Nommer, c'est contredire ce qui est. C'est se tromper et tromper.
En réalité, rien n'est indépendant, isolé du reste. Il y a interdépendance, continuité et même identité (on retrouve les mêmes atomes dans le chat, la montagne etc)
Et il y a changement incessant.
Ca a commencé par une conscience globale, indifférenciée ou non discriminante. (Voyez le bébé par exemple) Et puis on a nommé pour nous des choses. Et ces choses
sont repérées suite à cette nomination puis nourries de sens.
Mais le type de découpage n'est pas fondé. Le fait de découper, d'isoler n'est pas légitime. Le fait de voir la chose comme permanente parce que le mot est permanent est faux.
Prendre en charge, devoir assumer l'existence de ces entités indépendantes, définies et permanentes crées par les noms est terriblement problématique.
Etiquette, signifiant, symbole : fabrication d'un objet mental figé, défini, permanent
Seule l'entité donne l'impression de pouvoir être saisie par une entité.
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