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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /2009 11:20
 

L'ego veut des valeurs.


Quelles valeurs ? Tout ce qui, dans la culture, est coté. (Voir article : « Samsara et détachement ")  Il suffit que, pour lui, dans la culture qui est la sienne, certains concepts lui semblent reconnus, estimés, pour qu'il en fasse sa substance.
Ces concepts peuvent désigner un plaisir, une jouissance, un savoir, un pouvoir, un talent etc peu importe. Les valeurs adoptées dépendent de l'histoire, du conditionnement socio-culturel de l'individu. Dans tous les cas, ces concepts sont recherchés parce que l'individu croit que les autres leur donnent la même valeur et le même sens que lui.

L'ego table sur ce moyen pour faire partie du groupe.
 

Et inversement, il défend ces valeurs, parle en leur nom, en étant convaincu qu'ainsi qu'il parle au nom du groupe en étant légitimé par lui. La caution collective l'autorise, croit-il, à en faire un système, c'est à dire à les destiner à la collectivité. C'est le caractère collectif de cette valeur qu'il représente et défend.


Le mieux, c'est de parler au nom d'un super leader ou de Dieu qui parlent, eux-mêmes, au nom de tous.


Réaliser qu'il n'y a pas de consensus, pas de sens commun, pas de communion, c'est ne plus pouvoir parler aux autres au nom des autres.
 

Par conséquent, l'origine et l'intérêt profond de ces valeurs, c'est leur cote collective. Et le moteur essentiel est la croyance en cette cote. Si cette croyance s'effondrait, ces valeurs disparaîtraient. Car à la vérité, on n'est pas personnellement sûr que ces valeurs sont des valeurs et que leur cote est justifiée. Inquiétude, recherche de certitudes, de confirmation permanentes.


Considérez tous les discours parlant de l'homme, de la société. Il est absolument évident que l'auteur sollicite fortement l'adhésion de ses lecteurs aux valeurs qu'il promeut, leur consensus à leur sujet. Toute la démonstration repose sur cette adhésion et ce consensus. Hors de question
d'imaginer que les concepts ne représentent rien pour le lecteur ou ne sont pas pris pour des choses interessantes.
 

Donc, hors de question de s'interroger sur la légitimité de ces valeurs, sur la raison pour laquelle ce sont des valeurs. On continue la chanson. On continue à faire mine de croire.


Catechisme : Liberté et responsabilité. Extrait :

«La liberté est le pouvoir, enraciné dans la raison et la volonté, d'agir ou de ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi par soi-même des actions délibérées. Par le libre arbitre chacun dispose de soi. La liberté est en l'homme une force de croissance et de maturation dans la vérité et la bonté. La liberté atteint sa perfection quand elle est ordonnée à Dieu, notre béatitude.»

 

Liberté, homme, raison, volonté, délibérées, vérité, bonté, Dieu etc
Ils ne savent même pas de quoi ils parlent. Et ne sachant pas de quoi ils parlent - sauf à faire référence à tout ce que l'on est censé croire à ce sujet ou à tout ce que croit une clique soi-disant bien informée - ils ne savent pas en quoi, dans quelle mesure, pourquoi il faudrait faire de la liberté, de la raison, de la volonté etc des valeurs et des réalités. Chansons.


Notre culture est une chanson pour nous endormir.


Mais l'ego a besoin de maintenir sa croyance dans le prétendu savoir sur la base duquel ou grâce auquel il s'est constitué et se maintient.
 

Nous n'avons, personnellement, et de façon claire, pas de réponse aux questions, problèmes soulevés par tous ces concepts sur l'homme. Nous n'avons que la croyance dans les réponses, les savoirs que l'on nous a transmis sur ces valeurs. Le prix, que nous accordons à la liberté, par exemple, vient de tout ce qu'on nous a raconté à ce sujet. Ce n'est pas un savoir personnel. 
 

Qui nous a demandé de défendre le caractère collectif de ces valeurs ? Pourquoi prenons-nous en charge ces valeurs sur la simple croyance qu'elles sont fondées sur un consensus ? Nous ne savons même pas ce qu'il en est exactement de cette communauté de savoir ou de ce consensus. 
 

Tout ce que nous pouvons dire sur la liberté, par exemple, repose sur des on-dit. S'il n'y a pas de «connaissances» sur la liberté, sur son existence, si on cesse de repasser les plats, si on ne désire plus parler au nom de certains à certains, pourquoi y aurait-il des considérations ou des questions à son sujet ?
Tous ces faux savoirs, admis docilement, tous ces espoirs d'union, qui assurent la continuité de l'ego doivent être abandonnés.


« Ce comment demeure en rapport avec les réponses fournies par d'autres que vous ; vous avez donc à rejeter toutes ces réponses. La question doit se consumer d'elle-même et elle ne peut pas se consumer d'elle-même tant que vous attendez une réponse intérieure ou extérieure. Quand elle se consume, ce qui demeure en vous commence à s'exprimer.» (U.G. Rencontres avec un éveillé contestataire .- Ed. Les deux Océans)

Par Jean Louis - Publié dans : Ego
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