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Tout ce qui est ? (dit PARSONS) mais alors il n'y a plus de choix ! Et si le choix est absent, plus besoin de quelqu'un pour choisir ? Ce n'est pas possible
!
Le sujet-je existe ou essaie d'exister à travers ses choix. A moins que ce ne soit des opinions, jugements, choix spontanés qui génèrent quelqu'un pour les porter ?
Le sujet-je est en peine, il doute, il lui manque toujours quelque chose. Il passe son temps à essayer de se trouver, de se reconnaître dans du sens, de se donner
un vrai sens, d'établir son existence. Nous passons notre vie à cela. La vie, c'est cette recherche, et ce choix permanent : cela, c'est bien, cela me convainc, cela me plaît, me fait du bien,
est prometteur etc . Ou cela me déplaît, c'est mauvais, c'est à rejeter etc. On élabore, entretient un sens avec sa logique.
Choisir pour exister, s'affirmer.
Penser, parler, c'est présenter des options, des valeurs ou des choses à éviter. Même les psy commencent par ne pas juger, par être neutres. Mais bientôt ou très
rapidement, ils proposent du sens, des options, des choix en fonction de leur système de pensée, de leurs valeurs à eux, et de nouvelles pistes, de nouvelles perspectives, de nouveaux repères
pour le sujet-je.. Tandis que les religions, c'est le contraire. Elles présentent d'emblée leur valeurs, leurs choix, puis essaient d'être accueillantes, compréhensives au fur et à mesure que les
problèmes d'intégration de ces valeurs se présentent.
Mais enfin c'est toujours la même chose : il s'agit de donner un sens à sa vie, de chercher, trouver, saisir un sens et d'essayer d'en faire son
miel. C'est toujours pour satisfaire le besoin de sens du sujet-je . C'est toujours choisir. Comme s'il n'y avait pas d'autres solutions.
Le choix est naturel ? Les goûts, préférences, prédilections, répulsions sont naturels ? On ne peut pas ne pas choisir, on ne peut pas tout aimer ? Oui. Absolument ! Cela, aussi
c'est ce qui est.
Mais on ne peut pas non plus justifier le système de pensée qui ferait le procès de ce que nous condamnons, rejetons, ou l'apologie de ce que nous aimons, fonder en vérité générale cette
attirance ou répulsion.
Et on ne pas non plus nier ce qui est, à savoir tout ce qui se présente, et vouloir que cela n'existe pas. Puisque cela existe. C'est peine perdue !
Si la pensée intervient pour justifier, fonder en vérité une opinion, elle prétend faire de cette opinion un système valable pour tout le monde.
En effet, comme les concepts constituant un sens prétendent tout naturellement à la généralité - être ceux de tout le monde, s'appliquer à tout le monde - prétendre qu'un sens exprime la vérité,
c'est faire de ce sens, un savoir. Et un savoir est, par définition, général. Donc c'est vouloir appliquer ce sens à tout le monde ; et. dépendre d'un sens, exister par rapport à un sens qui
devrait être vrai, c'est dépendre de tout le monde.
Cela, ce n'est pas tenable au fond. Il est faux de croire qu'un concept est une chose commune. Chacun lui donne un sens différent.
Ainsi, l'autorité des concepts signifie aussi l'impérialisme des concepts.
Il faut quelqu'un qui choisisse quand ce choix est une pensée à laquelle on adhère. Adhérer à une pensée, c'est la tenir pour vraie..Ou il faut quelqu'un pour
élaborer une pensée tendant à démontrer que ce qui est ne devrait pas exister et la tenir pour vraie. Rien de ce qui est n'a à être nié.
« ne vous croyez pas vous-même et ne croyez personne» (Don Miguel RUIZ .- La voix de la connaissance .- ed. Trédaniel)
Quand on ne se conçoit pas autrement que comme représentant d'un sens de la vie qui doit être accepté par les autres, reconnu par les autres, on trouve tout à fait
naturel, et même souhaitable, que des gens prétendant faire autorité ou détenir la vérité veuillent nous convertir - par toutes sortes de moyens - à leur cause. C'est comme cela que ça
marche.
Le sens trouvé ici ou là ne marchera pas longtemps. Peu importe ! La vie, ce n'est pas appliquer un sens, c'est mettre son espoir en lui, en faire l'éloge, ou en
chercher un nouveau. C'est à dire se projeter dans un futur meilleur. La déprime, ce n'est pas un sens qui ne fonctionne pas - ça, on est habitué - c'est un manque de perspective, d'espoir de
sens. La religion ou la psychologie (et autres voies de salut), ce n'est pas une démonstration, c'est une promesse séduisante. Et nous sommes si nombreux à chercher une aide, un secours, des
solutions à nos problèmes, à être, à ce titre, des proies faciles.
On court toujours après un nouveau moi, plus satisfaisant ou enthousiasmant, que l'on croit être devenu accessible.
Le sujet-je porte mal son nom. Il est adossé au général. Il en dépend. L'entité individuelle n'existe pas toute seule, par elle-même. Elle ne tient pas debout toute seule. Le sens du sujet-je, c'est ce qui est imaginé comme sens partagé par les autres. A la place de «je est un autre» de Rimbaud, on peut presque dire «je est l'autre».
Mais ce sens partagé par les autres est une illusion.
Les bonimenteurs diront : dans ces conditions, aucun partage n'est possible dans l'échange. En effet, il n'y a que des différences et des malentendus que l'on prend pour des accords. C'est le
vécu de l'instant, un vécu qui n'est pas de l'ordre du connu, qui est partagé.
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