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Ou volonté et choix.
On connaît les arguments habituels de ceux qui prétendent que nous avons un pouvoir de décision, que nous avons une volonté propre qui émanerait d'une entité-soi. : on peut aller à droite ou à
gauche, on peut lever le bras ou ne pas le lever, on peut choisir le bien ou le mal etc
C'est en parfaite contradiction avec le fait qu'à chaque instant, nous réagissons de façon spontanée et inconsciente à des stimuli imprévisibles et inconscients. La
volonté arrive toujours trop tard pour passer dans les actes.
Que dire de cette décision de lever le bras ou de choisir le bien ?
On ne peut pas décider, choisir avec un esprit vide n'est-ce pas ? Avant toute décision, il faut penser, il faut avoir à l'esprit des éléments de choix.
Toute pensée du monde suppose un témoin humain. Mais ce témoin n'est qu'une image, un zombie, une abstraction.
Chaque fois que nous pensons le monde, nous nous pensons - ou pensons à une forme corporelle, une entité nous représentant - dans le monde. Chaque fois que nous nous pensons, nous nous pensons
dans le monde - dans une scène un décor.
En fait, nous nous identifions à ce témoin, cette image mentale indissociable de toute image du monde, dès que nous tenons
pour vraie la pensée en question. Dès que nous adhérons à son postulat.
Le choix n'existait que pour l'image, l'objet de la pensée, le zombie, dans le cadre de la pensée. Notre conscience est globale, non sélective, non discriminative. Maintenant que
nous nous prenons pour cet objet, nous croyons avoir le choix et décider. Beau choix en vérité !
Toute les pensées qui apparaissent étaient préexistantes en mémoire. On n'a jamais conçu une chose dont l'idée n'était pas
déjà présente en mémoire.
C'est la réactualisation de schémas préconçus. Les termes du choix étaient préconçus, nous n'y sommes pour rien. Nous ne sommes pour rien dans le
choix de cette pensée. Nous ne sommes pour rien dans ce que nous avons mémorisé. C'est une fonction qui échappe à notre volonté.
Notre supposé choix n'est que le fruit des circonstances, de notre état d'esprit, de notre humeur. Une pensée conditionnée apparaît. Nous la tenons pour conforme au réel, nous nous identifions à
l'objet de la pensée et croyons avoir choisi.
Le seul choix qui semble exister, c'est celui de faire ou de pas faire. Mais ne pas faire n'est pas une décision, un acte volontaire. Ce n'est pas vouloir ne pas
faire, c'est être passif, absent, désinvesti. C'est un non-choix. Une non-volonté.
Nous nous languissons de faire un vrai choix, conscient, personnel, d'accomplir une action dont nous serions véritablement l'auteur, la cause uniques. Car
nous sommes constamment appelés à être ce décideur-acteur-auteur par les autres, par la langue. Nous répondons présent au nom, au vous. Nous sommes debout sur l'idée d'une entité-soi
libre. Nous sommes toujours interpellés, tenus pour responsables. Et chaque fois, nous nous faisons avoir. Ce n'est jamais notre véritable choix. Pensée conditionnée.
Nous rêvons donc de pouvoir, un jour, être ce décideur-acteur-auteur, et nous cherchons la solution. Recherche vaine. Aucune pensée n'est nôtre. Aucune pensée n'est vraie. Ce n'est qu'une
métaphore possible parmi d'autres. Ce n'est pas la réalité. Tant que nous ne verrons pas cela, nous continuerons.
L'objet de la pensée auquel nous nous identifions fait partie de la métaphore. Il n'est ni réel ni libre.
Pensez à tendre le bras, mais soyez complètement conscient de cette pensée de tendre le bras, voyez cette pensée clairement, soyez bien conscient d'être celui qui
veut tendre le bras.... et vous ne tendrez jamais le bras.
«Si je pense que c'est juste et bien, et même moralement correct, de plier mon doigt, tout cela n'a en réalité aucun rapport avec le fait même de plier le doigt. Plier le doigt se manifeste à
partir de rien, en tant que rien qui plie le doigt....La pensée : je fais cela est une pensée qui, en réalité, n'a aucun rapport avec l'action qui se produit « (Unmani Liza HYDE .- Je suis la Vie
même .- Ed. L'Originel)
La représentation ou l'image est une composition abstraite. L'action : «plier le doigt» de la pensée n'est pas un pliage de doigt. Il n'y a aucun pliage dans la pensée. Tout ce qu'il y a dans une pensée est irréel.
La pensée «plier mon doigt» est donc tout autre chose que le pliage du doigt
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