Recherche

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /2009 08:30
 

Quel sens ? Celui qui conforte l'ego. Le sens qu'on ne vérifie pas possède un secret qui lui permet de se faire accepter.


Il faut comprendre l'origine et la nature de l'ego pour comprendre ses besoins ou son fonctionnement.

 

Chacun d'entre nous doit gérer les sollicitations, interpellations, remises en cause d'autrui, de la société depuis sa plus tendre enfance. Nos réponses doivent être cohérentes, convainquantes. De plus elles s'inscrivent dans notre mémoire et nous pensons, plus ou moins à juste titre, qu'elles s'inscrivent aussi dans la mémoire des autres. D'où la nécessité d'une certaine continuité ou cohérence.
 

Or, dans les propos que l'on tient, les réponses que l'on apporte,  il y a l'idée d'un connaisseur du monde, d'un acteur, d'un décideur. S'il y a connaisseur-acteur-décideur, il doit répondre de ses actes et décisions, assumer les conséquences. Le sens de celui-ci est donc moral au sens large. Même les réponses pratiques ou techniques se teintent de jugement moral.

Morale : «Ensemble des règles que chacun adopte dans sa conduite, d'après l'idée qu'il se fait de ses droits et de ses devoirs.» (TLF)
 

En tant que possesseur d'un libre-arbitre ou d'une volonté propre, l'homme se conçoit comme un être moral.


Ainsi, le postulat qui nous engage, nous engage non pas tellement en tant qu'organisme vivant, ou en tant que mémoire d'un apprentissage technique, mais en tant que responsable d'un choix moral au sens large, en tant que participant à la construction du monde des hommes.

L'ego doit gérer la moralité et la continuité du personnage-soi induit par les réponses face aux remises en cause et défis incessants, interminables de la société.

 

Il est donc rendu d'autant plus nécessaire que le milieu est hostile, que les remises en cause sont sévères. Et sa nature dépend de la nature de ces remises en cause. L'ego est toujours fragilisé. Il redoute toujours les remises en cause futures. Il prépare sa défense en pensant. Il a toujours besoin de se rassurer, de se consolider.


Le secret du postulat, du sens, pour se faire accepter sans examen, pour passer pour une vérité, c'est sa valeur morale. Jamais un sens moral n'a été vérifié pour la bonne raison qu'il est invérifiable. Mais il est indispensable à l'ego.

 

Si nous donnons un peu d'argent à un SDF, c'est, par exemple, pour lui permettre de manger. Le but est précis, pratique, limité. On peut évaluer l'utilité, l'efficacité du geste.


Bientôt, la satisfaction du besoin est oublié ou passe au second plan. Car ce qui compte, c'est d'appliquer une idée dont on a fait une valeur, une valeur à laquelle on tient car elle contribue à la crédibilité de notre personnage. Et puis finalement, l'action elle-même n'est plus nécessaire, on se contente de réveiller l'idée, d'imaginer son application, on ne fait que penser. La gratification, l'effet bénéfique sont les mêmes pour l'ego.

 

Quand on donne à un acte, une dimension transcendante, on en fait un système. Un système moral, en tant que système, théorie d'ensemble, ne pourra jamais être vérifié. Ce sera toujours une vérité abstraite, théorique et une question d'opinion.


C'est une perversion d'avoir bâti tout un système à partir de certaines actions, système dont on revendique la paternité et la suprêmatie. C'est une méthode que les enseignants spirituels , les guides moraux et psychologiques utilisent abondamment. Mais ce qui interesse ces théoriciens, ce n'est pas la résolution des problèmes, c'est leur emprise sur les autres.

 

Notre vie se passe à penser ou exprimer des jugements, des opinions sur tout et, notamment, sur nos propres manifestations psychiques et notre comportement.

Mais jamais la justesse ou l'exactitude d'un jugement de valeur ne pourra être démontré, vérifié.

 

Le système moral qui caractérise, définit l'ego sera toujours précaire. Il a peur du jugement - dernier ou pas. C'est pourquoi les pensées automatiques gratifiantes, rassurantes n'en finissent pas.

Toutes ces valeurs, toutes ces idées du bien ont fortement tendance à exister par elles-mêmes, de façon autonome, sans que cela nous dérange puisqu'elles nous permettent de travailler à notre bonne conscience et à la consolidation de notre image.

 

D'ailleurs le pli est tellement pris de penser à des valeurs, selon notre conditionnement, que l'on est sensible à tous les discours bien-pensants,  et victime de tous ces gens qui se font les héros de causes aussi diverses que nombreuses et éloignées de sorte qu'on ne pourra jamais rien vérifier. C'est leur business.


Qu'elles sont nombreuses, lourdes à porter, encombrantes, problématiques et maintenant importunes toutes ces pensées de valeur dont nous avons fait nos convictions.
  Elles sont toutes destinées aux autres puisqu'elles ont les autres comme origine. 

Par Jean Louis - Publié dans : Sens
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés