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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /2009 13:23
 

Tout ce qu'on peut dire, savoir d'une chose ou d'une personne (Caroline est têtue. Xavier est coléreux. Caroline travaille bien. Xavier a des difficultés en lecture,Caroline est difficile à table. Xavier est désobéissant, Caroline a des complexes. Xavier est j'm'en-foutiste, Caroline a de l'ambition . Xavier est dépensier, Caroline a fait un beau mariage. Xavier est un sacré coureur, Caroline et Xavier ont exercé telle profession.) on ne peut le dire que parce qu'on lui a préalablement donné un nom.
 

Connaître quelque chose ou quelqu'un suppose que préalablement on ait nommé cette chose ou ce quelqu'un. Sinon, à quoi, à qui va-t-on imputer des caractères, des qualités ?

De qui ou de quoi parlera-t-on ? Seulement d'une apparence, de perceptions changeantes.

Mais en fait, il y a autant de Xavier et Caroline qu'il y a de personnes à connaître Caroline et Xavier, plus Caroline et Xavier. Et les connaissances sur Xavier et Caroline évolueront.

La seule chose qui ne change pas et soit commune est le nom.
 

Y a-t-il un nom sans savoir à son sujet ? Ce ne serait qu'un son ou un symbole, vide, totalement gratuit et arbitraire, inutile.
 

Y a-t-il un savoir possible sans un nom pour désigner son objet ? Non. Savoir sur quoi ? Mais alors ce savoir ne concerne que cet objet nommé, que ce que le nom nomme.


De qui ou quoi est conscient Xavier en dehors du son et des pensées à son sujet ? Peut-il être conscient de l'entité Xavier elle-même indépendamment de tout ?
 

Pouvons-nous être conscient des entités chat, arbre, montagne, fleur, colère, jalousie, miséricorde etc désignées par les signifiants chat, arbre etc Non. Seulement des signifiants et des pensées à leur sujet. Conscience de Xavier : conscience des pensées ou opinions à propos de Xavier.
 

Existence des pensées grâce au nom servant de cible mentale. Quand Caroline et Xavier étaient tout bébés, ces opinions les visant n'atteignaient personne, eux-mêmes ne se pensant pas !
 

Caroline et Xavier existent en tant qu'entités visées par les opinions parce que leur nom existe et qu'ils s'identifient à leur nom. Au signifiant. Non mais.....!

 

Avec les mots, on découpe le monde en morceaux. Des morceaux de toutes tailles. On crée de toutes pièces des entités.

Il y a des mots qui désignent de grands ensembles et des mots qui désignent de toutes petites parties du monde. Des miettes.
 

Les mots sont distincts les uns des autres. On dirait que ce que désignent les mots existe par soi-même et depuis toujours. Comme si une réalité détachée de l'ensemble, indépendante, permanente attendait qu'on la repère, qu'on s'occupe d'elle.

(Le chat, la montagne, la peur, la société, la goutte d'eau existeraient toujours en tant que tels, indépendamment du reste. Et les mots leur rendraient justice.)

Le chat attendrait qu'on l'appelle le chat. La montagne attendrait qu'on l'appelle la montagne. La peur attendrait qu'on l'appelle la peur. La société attendrait qu'on l'appelle la société. La goutte d'eau attendrait qu'on l'appelle la goutte d'eau etc.

 

Mais nous avons vu que l'entité chat est introuvable. Seuls sont conscients le signifiant et le savoir.

Le fait d'isoler en nommant, le fait de faire du chat une entité permanente et indépendante en utilisant un mot permanent et indépendant est contraire à la réalité. Nommer, c'est contredire ce qui est. C'est se tromper et tromper.


En réalité, rien n'est indépendant, isolé du reste. Il y a interdépendance, continuité et même identité (on retrouve les mêmes atomes dans le chat, la montagne etc) Et il y a changement incessant.
 

Ca a commencé par une conscience globale, indifférenciée ou non discriminante. (Voyez le bébé par exemple) Et puis on a nommé pour nous des choses. Et ces choses sont repérées suite à cette nomination puis nourries de sens.

Mais le type de découpage n'est pas fondé. Le fait de découper, d'isoler n'est pas légitime. Le fait de voir la chose comme permanente parce que le mot est permanent est faux.
 

Prendre en charge, devoir assumer l'existence de ces entités indépendantes, définies et permanentes crées par les noms est terriblement problématique.

Etiquette, signifiant, symbole : fabrication d'un objet mental figé, défini, permanent

Seule l'entité donne l'impression de pouvoir être saisie par une entité.

Par Jean Louis - Publié dans : impermanence
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