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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /2009 11:24
Ou Je = veux.

Si je = veux, quand il n'y a aucune volonté, il n'y a aucune entité individuelle.

 

 

La conscience est dépourvue de volonté. La conscience des choses, telles qu'elles sont, prises isolément, est dépourvue de volonté. L'attention à «l'ici et maintenant» paraît dépourvue de volonté. (Il y a cependant des pensées subconscientes et une volonté résiduelle).
La volonté a besoin de temps. Le temps que nous connaissons est le temps de la pensée. La pensée fait naître la volonté, lui donne un sens et un but.


 

On ne demanderait pas, d'ailleurs, à un enfant de 2-3 ans de faire preuve de volonté. La volonté n'est donc pas ontologique. Elle ne caractérise pas l'être humain. (Sauf si on considère qu'un petit enfant n'est pas un être humain)

 

 

Nous persistons à croire que nous pouvons nous changer, que nous le pourrons un jour, si....
Pourquoi ? Parce que  c'est l'expression même du soi individuel. Nous sommes intimement convaincus que nous sommes pleins de défauts, et surtout que nous en sommes responsables. Nous ne saurions nous accepter tels que nous sommes.

  
 

Mais imaginons une seconde que nous soyons totalement dépourvus du désir de changer. Imaginons que nous n'ayons aucune intention de faire quoi que ce soit, directement ou indirectement, pour nous améliorer, évoluer dans le bon sens. Que se passerait-il avec notre volonté ? Si notre volonté ou vouloir disparaît, que se passe-t-il avec le "je" ?


Le bébé ou le petit enfant réagit spontanément, inconsciemment, à son environnemment.

 

Il va, hélas, confondre l'adulte avec ses paroles : les mots de l'adulte sont l'adulte. Les mots que prononce l'adulte sont associés aux choses qui font réagir l'enfant.
L'enfant ne prend pas conscience du monde, il prend conscience des mots, concepts que l'adulte associe aux choses, événements du monde.
Ces mots (d'abord simples signifiants) sont empreints d'émotion . Ils prennent peu à peu du sens en fonction des connaissances de la langue que l'enfant acquiert. Les mots s'insèrent alors dans un système de sens.


La dualité est dans les mots qualifiants qui sont critiques ou valeurs en rapport avec leur contraire dans le cadre de la pensée qui s'organise.

 

Dans cette pensée, par construction, par nature, le sujet-je est séparé de l'objet . Mais il est aussi solidement relié à l'objet par le sens : un jugement introduisant une tension. Développement de la pensée = développement du sujet-je et de l'objet de la pensée..


Le vouloir est cette relation de répulsion (au nom de l'objet désirable) ou d'attirance (au nom de l'objet répulsif) qui s'établit entre le je et l'objet dans le cadre de la pensée dès qu'il y a identification au je parce que cela permet à l'enfant d'établir un rapport avec l'adulte.
La pensée-je hérite de la dose de faute et de responsabilité que lui confère le sens.
Il y a souffrance parce qu'il y a tension.

Mais en fait, le sentiment de faute, de manque n'est que la conséquence des concepts duels (bien mal) utilisés par l'adulte. La réaction de l'enfant était complètement innocente, naturelle. Et elle l'est toujours. Ce n'est que la pensée-je, dans le cadre de la culture, qui est en faute. Le bien, le mal, c'est le sens des concepts, c'est tout.

" - Q : pourquoi le bien et le mal existent-ils ?
MAHARSHI : Ce sont des termes realtifs. Pour connaître le bien et le mal, il doit y avoir un sujet. Ce sujet, c'est l'ego....(..)..Le mal que l'on voit chez l'autre, c'est son propre mal. La distinction du bien et du mal est à l'origine du péché. " (Ramana MAHARSHI .- Ed. Albin Michel)


Ce qui nous pose un problème, ce n'est pas la réaction, c'est le concept sur la réaction qui introduit des pôles plus et moins.


 

Ainsi, la volonté a pour but de changer les concepts ou pensées apparaissant dans la conscience. Elle transforme le passé en futur. La réalité présente étant à jamais inaccessible, c'est sur les concepts, les pensées dont le système de pensée a fait un problème que le «je» veut agir. Tout cela fonctionne en interne. La tension, volonté est inhérente et indispensable à la pensée et à l'existence du je. L'idée d'une volonté efficace est vaine. La volonté est toujours la pensée d'un action future.

 

Il y a cette réaction, cette réaction, cette réaction, naturelle, spontanée, innocente, inconsciente, et nulle volonté propre ne peut la changer maintenant, maintenant et maintenant au moment de son apparition.

 

Il y a l'apparition d'un concept, d'une pensée et sa prise de conscience. Et aussitôt, il y a cette intention spontanée d'action (je-veux) sur le concept ou la pensée et nulle volonté propre ne peut la changer maintenant au moment où elle se déploie.

 

Le je-veux se vante du concept de valeur qui le mobilise. Mais si la valeur de ce concept de valeur est remis en cause, que lui reste-t-il ? Rien. La croyance en cette valeur, c'est tout ce qu'il avait.

La volonté propre est une histoire qu'on se raconte pour continuer à exister en tant que pensée-je. Car l'entité individuelle s'enracine à travers le chaînage des différents sujet-je des pensées.
  Vision panoramique -->  ici

 

 

Par Jean Louis - Publié dans : Volonté
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