
La question n'est pas : qu'est-ce qu'un ÊTRE HUMAIN ? Je la laisse aux philosophes ou aux spécialistes des sciences humaines qui vont assembler un certain nombre
de critères et de facteurs "objectifs" pour tenter une sorte de définition.
La question est : que voyons-nous quand nous voyons un être humain ? Quelle idée, quelle conception en avons-nous ? Quel regard posons-nous sur l'autre qui sera le regard que
nous aurons sur nous-même ?
ÊTRE HUMAIN Pour nous, un ÊTRE HUMAIN, c'est d'abord un corps d'humain. Ce sont toutes nos connaissances et
expériences sur le corps. (apparence, facultés, fonctionnement, capacités etc Si un extraterrestre quelque peu ressemblant à un homme débarquait, que dirions-nous ? On parle aussi de performances
surhumaines )
C'est aussi tout ce que nous avons acquis au cours de notre existence comme connaissances et expériences sur la psychologie de l'être humain en général. Elles tiennent compte de
l'âge. Ces connaissances se précisent, bien sûr, si nous avons fréquenté la personne. Les idées sur les plaisirs ou les déplaisirs que l'autre peut nous procurer font partie de ces
connaissances.
La démence ou la monstruosité font vaciller notre jugement sur l'humanité d'un individu.
Les connaissances que nous pouvons avoir sur la catégorie sociale ou les origines ethniques à laquelle l'autre appartient vont aussi intervenir, influencer notre idée sur lui. (Etrangeté de
certains peuples de l'Amazonie)
Pouvons-nous dire qu'un être humain, en général, se résume pour nous à un corps d'humain, une psychologie au sens large et une sorte de sociologie ?
Notre humanité personnelle se résume-t-elle à cela : des déterminismes ou facteurs physiques, psychologiques, sociologiques ? Est-ce que cela recouvre tout ce que nous pouvons avoir comme
intuition, sentiment profonds de l'autre ou de nous-même ?
ÊTRE HUMAIN En tout cas, nous trouverons des informations nombreuses sur ces trois aspects ou ces trois
dimensions de l'ÊTRE HUMAIN dans la médecine et toutes les disciplines connexes , la psychologie et toutes les disciplines connexes, la sociologie ou l'anthropologie et toutes les
disciplines connexes.
Peut-être même que l'on peut dire que nos connaissances sur le corps humain, la psychologie humaine, la sociologie doivent beaucoup aux livres ou magazines lus, émissions écoutées,
informations recueillies auprès des autres et d'ailleurs provenant de lectures etc et qu'elles orientent notre perception.
A cela, il faut certainement ajouter tout le conditionnement culturel, religieux, dont nous avons été l'objet et qui nous fait regarder l'autre à travers le prisme des idées reçues, des
croyances sur l'homme. (Ah oui, c'est un bon chrétien !)
Mais alors nous ne pouvons pas voir dans un petit enfant (disons 1,2,3 ans) une psychologie, une sociologie ; et il n'a pas encore les mêmes convictions que nous . Est-ce à dire que nous ne
le considérons pas encore comme un être humain ?
Si nous considérons que le petit enfant n'est pas encore un ÊTRE HUMAIN ou n'est pas un être humain au même titre que l'adulte, nous ne nous étonnerons pas qu'il ne bénéficie pas des mêmes droits
que lui. Avec l'enfant, nous n'aurons pas à répondre de nos actes et de nos paroles comme c'est le cas avec un adulte. Ses questions, ses révoltes éventuelles ne nous obligeront pas à
remettre en cause notre attitude à son égard.
En bref, Beaucoup moins de scrupules avec lui. L'enfance est l'époque privilégiée pour les endoctrinements, conditionnements de toutes sortes. Dans ce cas évidemment, on ne respecte pas
l'esprit de l'enfant comme on respecte son corps en prenant soin de son bon fonctionnement, de son équilibre.
ÊTRE HUMAIN Si un petit enfant est un ÊTRE HUMAIN, qu'est-ce qu'un être humain pour nous
?
On peut s'interroger longtemps, on ne trouvera pas n'est-ce pas. Toutes les idées, conceptions, intuitions que l'on pourrait avoir ne suffiront jamais à
exprimer l'être humain, ne recouvriront jamais totalement ce qu'il est.
Cette recherche est d'ailleurs effectuée par un être humain. Celui-ci ne peut jeter un regard total sur lui-même, se saisir en totalité. S'il y a regard, il y a point de vue, s'il y a
saisie, il y a une instance pour saisir et c'est toujours infiniment limité, partiel, orienté. Toute conception de l'être humain ne peut être qu'une réduction ou un dévoiement. C'est
toujours en fonction d'une culture donnée, d'une société donnée, d'un système de pensée personnel donné (voire d'intérêts particuliers). L'être humain transcende tout cela.
En revanche, la nature, la qualité du point de vue est fondamentale puisque la conception va en découler, le regard sur l'autre (et sur soi) va en découler, les rapports humains vont en découler,
la manière de vivre va en découler.
Seulement évidemment, le vrai regard, la vraie conception, ceux qui sont efficients, ce sont ceux qui sont vécus, incarnés, pas ceux qui sont théorisés.
Pour prolonger la réflexion sur l'appréhension de l'homme par lui-même, voir :
http://inconnaissance.unblog.fr/2006/08/ notamment chap 3 et 4
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