(Article récréatif)
L'homme est ainsi fait qu'il éprouve souvent un sentiment de culpabilité à refuser de satisfaire le désir des autres .
" Voici la Vérité sur l'Origine de la Souffrance :
c'est l'enchevêtrement des désirs et des attachements dont l'esprit sans arrêt les imprégnations " (Enseignements du Bouddha .- trad. Jean Eracle .- ed. Librio)
Pourquoi approuver, encourager, satisfaire le désir de l'autre sachant qu'il est à l'origine de sa souffrance ? Il faut, au contraire, tout faire pour l'en détacher, pour lui en faire voir les
dangers.
" le désir de l'homme trouve son sens dans le désir de l'autre " (Jacques LACAN)
Pour l'en détacher, il faut éviter que le désir de l'autre trouve son sens dans son propre désir. Il faut être aussi impavide, indifférent que possible. D'ailleurs :
" Nous ne désirons aucune chose parce que nous la trouvons bonne mais, au contraire, nous jugeons qu'une chose est bonne parce que nous la désirons " (Baruch SPINOZA)
Les raisons alléguées par l'autre pour demander une chose n'ont aucune valeur, il n'y a pas lieu d'en tenir compte, elles ne servent qu'à justifier son désir.
Le désir de l'autre est-il toujours à ignorer ? En tout cas :
" Si le désir vous oblige à agir pour se satisfaire, ce n'est pas vous, c'est le désir qui veut se satisfaire - fut-ce à vos dépens - et qui vous impose sa loi " (Swami PRAJNANPAD)
L'autre ne doit pas être prisonnier de son désir. Toute forme de pression, d'insistance prouvent cette dépendance. Pour son bien, ne pas y céder.
Jiddu KRISHNAMURTI dit également :
" L'utilisateur de cette energie appelée désir peut-il cesser d'être ? L'observateur peut-il n'être plus un opérateur, une entité séparée ....pour devenir cette energie elle-même
?
(Commentaires sur la vie T3)
Les raisons, les buts, les justifications, les bénéficiaires du désir devraient disparaître. L'autre ne doit plus se manifester de cette manière. L'être et le désir ne evraient faire
qu' un.
(moins récréatif)
Mais pourquoi éprouvons-nous souvent des sentiments de culpabilité à refuser de satisfaire le désir des autres ?
Un désir suppose un objet de désir.
Quand ce désir est : notre façon d'être, notre comportement, nos actions, qui nous sommes, nous devenons l'objet. Un objet.
Nous avons commencé par être ce genre d'objet de désir pour nos éducateurs. Et pour toutes les raisons que nous savons (affection, morale, opinion des autres), il n'était pas question de refuser
sans se sentir très coupables et être traités comme tels.
Cela continue. Nous ne nous sommes pas débarrassés de tous ces principes, nous les avons même intériorisés, intégrés. Ils fonctionnent sous forme de pensées.
Pour peu que l'autre présente sa demande de telle sorte que notre personnalité, notre identité, notre image soient concernées, mises en cause, le sentiment
de culpabilité refait surface. Difficile de refuser d'être un objet (de correspondre à une image) tant nous avons été habitués ainsi.
Le comble, c'est quand nous nous sentons coupables de demander et de refuser.
Un refus qui ne nous culpabilisera pas, évidemment, concerne une demande qui nous ferait jouer un rôle tout à fait opposé ou étranger à notre conditionnement.
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