citations

 
  

le 19-05-08

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Einstein : "Dieu ne joue pas aux dés"

Bohr : "Qui êtes-vous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu'il doit faire"   

 

« Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont fils et filles du désir de Vie en lui-même.

Ils viennent par vous mais non de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous, ce n'est pas à vous qu'ils appartiennent.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées »

« Le prophète » de Khalil GIBRAN   

 

En religion et en politique, les mots que l'on emploie ne sont pas considérés comme des représentations, plus ou moins adéquates, de choses et d'événements, mais au contraire les choses et les événements sont considérés comme des illustrations de ces mots.

Aldous HUXLEY   

 

« Tu effaceras avec ton pied gauche la trace de ton pied droit.

La main droite doit ignorer ce que vient de faire la main droite.

Ne te connais pas toi-même.

Ne te préoccupe point de ta liberté : oublie-toi toi-même.

Et Monelle dit encore : je te parlerai de mes paroles.

Les paroles sont des paroles tandis qu'elles sont parlées.

Les paroles conservées sont mortes et engendrent la pestilence »

 

« Le livre de Monelle » de Marcel SCHWOB  

 

"je est un autre"

Arthur RIMBAUD  

 

Quand je me suis commis et assigné entièrement à ma mémoire, je prends si fort

sur elle que je l'accable : elle s'effraie de sa charge. Autant que je m'en rapporte à

elle, je me mets hors de moi jusques à essayer ma contenance"  

"Les Essais" de Michel de MONTAIGNE (De la vanité)  

 

"Je m'ennuie tellement que ça m'occupe"

CHAMFORT  

 

Caligula : "eh bien ?"

Le jeune Scipion : "Et de cette minute subtile où le ciel encore plein d'or brusquement

bascule et nous montre en un instant son autre face, gorgée d'étoiles luisantes"

Caligula : "De cette odeur de fumée, d'arbres et d'eaux qui monte alors de la terre vers la nuit"

Le jeune Scipion : "Le cri des cigales et la retombée des chaleurs, les chiens, les roulements

des derniers chars, les voix des fermiers..."

Caligula : "Et les chemins noyés d'ombre dans les lentisques et les oliviers"................

Caligula : "Ton poème doit être beau mais tu veux mon avis..."

Le jeune Scipion : "Oui"

Caligula : "Tout cela manque de sang"  

"Caligula" d'Albert CAMUS.  

 

"Nous sommes pleins de choses qui nous jettent

à la porte de nous-mêmes"

Jean COCTEAU  

 

"Un orateur : un monsieur qui dit des choses vagues avec

la dernière violence."

Maurice DONNAY  

 

"La violence à la télévision, ça donne envie de tout casser

sauf, hélas, la télévision" 

Philippe GELUCK

 

"Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre, je ne suis pas venu

apporter la paix mais l'épée."

Matthieu 10, 34-36

"Je suis venu pour jeter le feu sur la terre; et que désirerai-je sinon qu'il s'allume.

Croyez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ?  Non, je vous assure,

mais au contraire la division; car désormais s'il se trouve cinq personnes dans

une maison, elles seront divisées les unes contre les autres; trois contre deux et

deux contre trois; le père sera en division avec son fils et le fils avec le père;

la mère avec la fille et la fille avec la mère;  la belle-mère avec la belle-fille et la

belle-fille avec la belle-mère"

Luc 12, 49-53  

 

"La seule qualité requise pour devenir un bon philosophe est de s'étonner.

Tous les petits enfants possèdent ce don"

"Le monde de Sophie"  Jostein GAARDER

 

"Essayant de contrôler les événements de la vie,

essayant encore et encore d'être plus malin,

manipulant toujours ceci ou cela pour servir vos intérêts,

impliqués sans cesse dans les relations sociales...

 

Submergés par des plans dans le futur,

Vous arrivez inconscients au terme de votre vie

sans réaliser que votre front est plissé de rides,

sans voir la blancheur de vos cheveux,

ni votre peau se détendre,

sans admettre l'affaissement du nez et de la bouche."

MILAREPA

 

"J'arrive, j'arrive,

mais pourquoi moi, pourquoi maintenant

pourquoi déjà et où aller...

J'arrive bien sûr, j'arrive,

n'ai-je jamais rien fait d'autre que d'arriver"

Jacques BREL 

 

" Tu cherches des morceaux d'hier, pépère, dans des gravats d'avant-guerre

le casino, c'est qu'un tas de pierres "

Alain SOUCHON (Y a d'la rumba dans l'air)

 

"Je crois être, en tant que première personne, ce que les autres voient de moi

à quelques mètres de distance"

Douglas HARDING

 

" La vie est un rêve"

Pedro CALDERON de LA BARCA

 

" La vie est un rêve, c'est le réveil qui nous tue "

Virginia WOOLF

   

"Le fil du désir nous amène à rechercher le désir unique qui est en arrière-plan

de la totalité des désirs.

Le fil du "je" nous amène à réaliser que la totalité des personnages présents dans

notre esprit n'ont pas de réalité propre et que la présence d'arrière-plan qui les

contient tous est l'unique réalité "

Jean-Marc MANTEL

 

"Tant que tu te prends pour l'auteur de tes actes et de tes pensées, il y aura une culpabilité

secrète parce que tu les voles ,  il y a une appropriation. L'appropriation est un mensonge.

Donc il faudra que tu justifies ta présence sur terre en prouvant quelque chose.

Si tu prouves quelque chose, c'est toi qui prouves quelque chose, donc il faudra que tu

en rajoutes. C'est un cercle vicieux."

Jean-Paul MONTANGE

 

 

 

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Vendredi 21 juillet 2006

 

   

 

I LA VIE

Comment ne pas prendre conscience que nous aimons, protégeons la vie, que nous sommes, nous-mêmes, la vie et qu'en même temps nous sommes attachés à ce qui n'est pas vivant

Il suffit de regarder tout ce qui est vivant autour de nous, toutes ces espèces animales et végétales qui peuplent notre globe pour s'apercevoir immédiatement, sans l'ombre d'un doute, que la vie est renouvellement, changement, mort et résurrection constants. Sans cesse, nos cellules meurent et sont remplacées par des cellules neuves. La vie est mouvement, régénération, métamorphose, fluidité. Ce qui est figé n'a jamais été vivant. L'organisme mort se décompose et ses cellules se mêlent à d'autres cellules pour produire d'autres formes de vie. La vie est intéraction, échange, ouverture, fragilité et invulnérabilité en même temps, prodigalité.

On ne peut pas capturer la vie, l'enfermer, la maîtriser, en prendre possession  (Quand nous "perdons" la vie, nous perdons quelque chose que nous n'avons jamais "possédé")                                              

           

 

Ce qui n'est pas vivant peut, pourtant, servir au vivant, mais peut aussi lui nuire.

La pensée, avec ses concepts, est un bon moyen de produire de la fixité. Elle  peut se donner l'impression d'arrêter le temps indéfiniment, de n'être pas soumise au changement, à l'impermanence . UN CONCEPT EST UNE FORME QUE L'ON PEUT TRANSMETTRE TELLE QUELLE ET VENERER.  (Son sens change, mais pas le mot ) S'y attacher, c'est s'attacher à des signifiants (le sens change, seul le signifiant reste) 

Il y a des concepts qui ont donné naissance à des institutions (politiques, religieuses, sociales), des concepts qui sous-tendent des lois (égalité, justice, démocratie..) et des concepts qui font couler beaucoup d'encre chez les penseurs, les écrivains, les artistes ou beaucoup de sang parmi les hommes.

Ils sont valorisés  ou objet d'opprobre. Ils définissent la culture dont ils sont issus. Les opinions, sentiments, jugements se cristallisent autour d'eux, autour du mot. Les mots suffisent à provoquer ces réactions semblables à un reflexe corporel. Ce sont des points de fixation. Otez le mot, supprimez-le vraiment. Il n'existe plus. Que se passe-t-il ?

Les mots ne changent pas, le sens qu'on leur accorde n'évolue-t-il pas sans cesse ?      

II LE RAPPORT SUJET-OBJET

Nous avons conscience de nous-même et du monde comme deux éléments séparés, distincts. Nous sommes ici, le monde est autour de nous. Mais de quel monde et de quel nous-même s'agit-il ? Comment savoir si cette conscience du monde, par exemple, est authentiquement fidèle à la réalité.   

Nous ne pouvons pas courir plusieurs lièvres à la fois, avoir plusieurs motivations ou centres d'intérêt simultanés. Cette motivation émane d'un centre et il ne peut y avoir qu'un seul centre. Partant de ce centre, il n'y a qu'un seul objectif.

Nous fonctionnons (presque) toujours à partir d'un centre qui détermine notre pôle d'intérêt. (Nous pouvons constater que nous faisons toujours quelque chose à tout moment, et que cette action est dirigée). Pourtant, sauf quand nous sommes complètement absorbés par quelque chose, nous restons plus ou moins conscients du monde qui nous entoure.

Il ne faut pas confondre voir (véritablement) et reconnaître. La reconnaissance est un phénomène mémoriel. La mémoire superpose immédiatement à l'objet le souvenir, l'expérience que l'on en a. Nous ne voyons pas les détails et les particularités qu'il possède sur l'instant. L'image de l'objet est largement contaminée par la mémoire (sentiment de familiarité). C'est ainsi que nous reconnaissons instantanément notre voisin, notre maison, notre voiture etc mais qu'une méprise est possible.

Si la mémoire intervient, nous ne savons pas comment, à partir de quels souvenirs puisque c'est automatique. De plus, cette image mentale ne peut être indépendante de l'état mental dans lequel nous nous trouvons. Le résultat de cette reconnaissance est donc aléatoire, approximative, sujet à parti-pris etc 
 
(voir aussi  l'article : "Un seul " blog2  
 http://inconnaissance.unblog.fr/2007/03/   chap2 

Dès que nous nous fions à cette perception du monde contaminée par la mémoire ou dès que nous voulons la présenter comme une vérité, les problèmes commencent.

A plus forte raison, la personne ou l'objet auxquels nous pensons, que nous nous représentons en SON ABSENCE ne peut être constitué que d'un agregat de souvenirs, d'images influencés par nos préoccupations du moment.

Mais nous avons vu dans l'article "conscience de soi" que la pensée ou l'image du monde  implique  un sujet, un sujet inclu dans cette pensée ou image du monde . En absence de représentation, pas de sujet. La vision d'un objet du monde réveille les souvenirs correspondants nous concernant  aussi bien que la représentation intérieure ou la pensée suscite les réactions habituelles. 

Combien de fois n'avons-nous pas pensé à la même chose ou ne nous retrouvons-nous pas devant un décor archi connu en retrouvant la même conscience de soi  ?

L'objet, image mentale contaminée par la mémoire et le sujet, autre mémoire sensible, forment un tout indissociable. 

A contrario, être attentif au monde au point d'en percevoir tous les détails, de le percevoir de façon exacte, précise, revient à couper la fonction mémorielle. Dans ce cas, nous le savons, la conscience d'un soi disparaît. La perception occupe tout l'espace de la conscience.

De même, nous avons vu dans l'article "conscience de soi" que lorsque notre perception s'élargit, devient flottante, le soi s'allège, s'estompe. Le monde, en effet, n'est plus objet de pensée, de recognition. Le sujet n'est plus suscité. (A condition bien sûr que d'autres pensées n'interviennent pas. Mais être désimpliqué, implacable, est la meilleure façon de voir la montée des pensées)

 III RAISON D'ÊTRE OU DE VIVRE 

Notre raison d'être ou de vivre, c'est de marcher, d'avancer; ou c'est notre raison de marcher ou d'avancer parce qu'il nous est impossible de ne pas avancer, de ne pas nous projeter dans le futur. Quand notre raison de marcher ne fonctionne plus, notre raison d'être est de trouver une nouvelle raison de marcher. 

 DUALISME : Que nous fassions des projets, que nous analysions une situation, que nous nous forgions une opinion sur une personne, que nous adoptions un mode de vie ou une éthique, nous nous basons sur un savoir qui n'est, le plus souvent , qu'une conviction ou un ensemble d'idées. Sinon, ce projet, cette situation, cette personne, cette éthique nous laisseraient indifférent.     

 

 Autrement dit, QUOI QUE NOUS FASSIONS, NOUS NOUS APPUYONS, POUR LE FAIRE, SUR UNE IDEE QUI SE TROUVE DEJA EN NOUS. 

On peut s'apercevoir que notre état de conscience dépend des pensées qui hantent les profondeurs de notre esprit. Ces pensées, qui impliquent le temps,  fournissent une raison et un sens à notre action.

LA PENSEE EST LA CAUSE ET L'EFFET. ELLE EST RAISON ET PERSPECTIVE.  

Et  l'ego ne peut se concevoir (nous ne pouvons nous concevoir) qu'en tant que projet, quête. Il ne peut vivre sur un acquis. Il n'existe qu'à travers un futur. Notre sentiment d'être heureux ou malheureux dépend de l'image que nous nous faisons de notre futur. Nous ne pouvons nous déclarer heureux ou malheureux sans penser à l'avenir. L'ego doit donc ajouter toujours des chapitres supplémentaires à son histoire. C'EST EN AJOUTANT CES CHAPITRES QU'IL SE PROUVE A LUI-MÊME QU'IL EXISTE , peu importe au fond ce que disent ces chapitres.   

Si nous faisons attention donc, nous pouvons constater que notre « je » est sans cesse mis en abîme par un arrière-plan de pensées..
On ne se trouve d'identité que si on pense. (Rappelons-nous ce sentiment de vide, cette perplexité qui accompagne la disparition brutale d'une idée à laquelle on croyait très fort, parce que l'on vient de nous prouver qu'elle était fausse).

NOTRE RAISON D'ÊTRE OU DE VIVRE EST DE TROUVER UNE RAISON D'ÊTRE OU DE VIVRE sinon, nous nous sentons perdus. 

Cette raison crée l'histoire, nous crée nous-même. Notre conscience de nous-même n'est jamais neutre, indifférente, sereine. Elle est soit plus ou moins malheureuse ou insatisfaite quand la pensée qui l'a suscitée est une exigence, un jugement, un idéal; soit elle est joyeuse quand le but que nous nous étions fixé est en vue.  

Mais nous sommes bien peu conscients des pensées qui nous dirigent.

Si nous avons absolument besoin de nous voir comme un ÊTRE EN DEVENIR (expression qui a fait florès) c'est que NOTRE EXISTENCE N'EST JAMAIS ACQUISE,  qu'elle est toujours à écrire. CE SONT NOS PROJETS QUI NOUS PERSUADENT QUE NOUS EXISTONS. 

Mais d'un autre côté, nous savons que cette preuve ne sera jamais faite
. Au moment de mourir, nous ne serons pas plus avancés. Le doute continuera à planer. Et nous aurons travaillé toute notre vie en sachant que c'est en pure perte. Quel ridicule !  Il ne nous restera, pour nous consoler, qu'une fragile CROYANCE.

Mais pourquoi ce devoir jamais rempli ?  QU'EST-CE QUI MET NOTRE ÊTRE EN DOUTE OU EN CAUSE ? Pourquoi est-ce si inconcevable de nous suffire de ce que nous sommes ? A quelle exigence obscure, insatiable, tentons-nous de répondre ?

A celle-là même qui nous a donnés naissance, qui a fait de nous un individu particulier : la demande de l'autre dans la première relation. Cette demande ou exigence, en même temps qu'elle nous constitue en tant qu'entité individuelle, nous remet sans cesse en cause ou conditionne notre légitimité à exister  LA CONSCIENCE EST ONTOLOGIQUE. L'INDIVIDU EST CULTUREL. 

Pouvez-vous penser à vous sans donner un sens, un contenu à ce vous ? Non, penser à soi, c'est se concevoir. Mais c'est le désir de répondre à la demande qui nous constitue en tant que sujet ou individu. Seulement il faut bien un objet au désir. La forme d'individualité sera cet objet. L'amour de l'autre est d'ailleurs soumis à certaines conditions d'ordre comportemental. Les efforts pour se conformer serviront de témoignage d'amour. Ils ne cesseront qu'avec le désir de témoigner, qu' avec la croyance en l'existence d'une demande. 

Il y a tant d'actions ultérieures qui répondent au besoin de se persuader que l'on répond à une DEMANDE. L'action se justifie d'elle-même et fait plaisir puisqu'elle est la preuve d'amour qui permet au sujet d'exister.

       

 

 

L'EN-JE : Nous devons donc, sans cesse DONNER DES GAGES, témoigner de notre allégeance à cet autre représenté par cette exigence, EN FAISANT DES EFFORTS, en nous inventant un parcours, une progression, un objectif  - l'objectif n'étant qu'un alibi, une occasion de désirer manifester notre amour -  tout en sachant que cette démarche est vaine et en faisant tout pour qu'elle soit vaine, puisque l'atteindre signifierait la fin de ce dialogue virtuel avec l'autre, la fin de notre individualité. 

Il faut continuer à croire à la demande et à ce qu'elle est censée signifier, sans quoi le sujet est en péril.

Car qui dit croyance, dit doute. Nous ne sommes pas sûrs que l'autre nous aime et nous ne sommes pas sûrs que l'autre ne nous aime pas. Dans le doute, nous ne voulons pas négliger la demande. Ce serait prendre l'initiative de ne plus aimer.

Le doute est indispensable au sujet-je. S'il savait ne pas être aimé, il n'aurait plus aucun désir de faire des EFFORTS, de répondre à une DEMANDE pour témoigner, en retour, de son amour. Ce serait sa fin.  

S'il se savait aimé de façon certaine, la DEMANDE et la réponse à la demande ne prouveraient plus rien. Il serait serein, n'ayant plus à donner des gages de son amour. Ce serait aussi sa fin.

Le doute est aussi le meilleur moteur de la pensée. Et la pensée s'occupe de rendre vraisemblables les deux possibilités - être aimé, ne pas être aimé - en les maintenant à égalité.

En conclusion le sujet n'existe que comme désir de témoigner qu'il croit à l'amour de l'autre. Mais il est la preuve vivante du manque d'amour de l'autre. L'amour ne suscitant pas de sujet.

(Voir aussi l'article : " En-je fatal " blog2 
http://inconnaissance.unblog.fr/2006/07/

Le doute s'oppose au lâcher-prise, à l'abandon :

 " S'abandonner, c'est s'en remettre à la cause originelle de son être. Ne vous faites pas d'illusions en vous imaginant que cette source est un dieu en dehors de vous. Votre source est en vous. Abandonnez-vous à elle. C'est à dire cherchez cette source et immergez vous en elle. C'est parce que vous vous imaginez être en dehors d'elle que vous soulevez la question : où est la source ? "  (Ramana MAHARSHI) 

IV L'INCONNAISSANCE OU LA VERTU DE L'INTERMITTENCE DU JE 

Nous  sommes, dans un premier temps, les témoins de nos pensées au sens où elles apparaissent à notre conscience en tant que phénomènes pourvus de sens. Notre conscience qui était conscience de tout un ensemble d'objets du monde accueille ce nouvel élément.

Mais rapidement, et même aussitôt, nous nous attribuons cette PENSEE. En effet, à travers son sens, la pensée crée un autre MONDE décalé, parallèle au premier : l'univers de la pensée. Or, de même que l'on ne remet pas en cause le fait que le MONDE est intelligible pour l'observateur séparé que nous sommes, nous ne remettons pas en cause non plus le fait que la PENSEE a un sens pour nous seuls. Ce sens, c'est une logique et une conclusion. Il exprime un dessein, un but, une destination. NOUS PRENONS A NOTRE COMPTE CES PENSEES ET LEUR PROJET. Le tour est joué.      

 

 Et pourtant, l'origine de ces pensées spontanées est inconnue. Et elles n'ont pas été soumises à l'examen. A les considérer froidement, nous ne pouvons pas dire que nous sommes elles ni même que nous y adhérons totalement. Aucune PENSEE parlant de nous ou exprimant un point de vue ne peut être confondue avec nous-mêmes ou ce que nous pensons profondément. Mais nous ne pouvons pas dire non plus ce qu'il y a en dehors d'elles. C'est ainsi que :. 

NOTRE  VERITABLE NATURE EST INCONNAISSANCE DE NOTRE VERITABLE NATURE 

 

" Lorsque vous n'avez pas conscience du monde, vous n'êtes pas affecté par ses souffrances... Parce que vous vous identifiez à tort au corps, vous voyez le monde à l'extérieur et vous remarquez ses souffrances..Si vous restez libre de toute souffrance, la souffrance n'existera plus nulle part. " Ramana MAHARSHI

Si nous nous voyons comme un amas de cellules, nous verrons tous les autres hommes comme des amas de cellules. Si nous nous voyons comme un sujet associé à tous ses objets de désirs et aux déceptions qu'ils engendrent, nous verrons les autres comme des sujets également en proie à tous ces tracas et nous nous sentirons liés à eux sur ce plan.

Inversement , les attentes, désirs, croyances, dépendances des autres ne trouveront aucun écho en nous si nous en sommes dépourvus ou s'ils ne sont pas présents. Ils ne susciteront aucun sujet correspondant.

L'innocence est une INCONNAISSANCE.

 

Ainsi, le sujet ne peut qu'imaginer chez les autres ou de la part des autres les mêmes désirs et pensées qui existent chez lui.  Nous n'avons pas accès à la conscience des autres. L'altérité est un mythe. Nous ne faisons qu'interpréter les paroles, actes etc des autres en fonction de nos critères. Tout cela fait partie de notre conscience.

(Voir aussi l'article " Un seul " blog2
 http://inconnaissance.unblog.fr/2007/03/    chap 1, 2, 3 )

Mais s'il y a INCONNAISSANCE DE SOI, il y a nécessairement INCONNAISSANCE DU MONDE.

Le monde est le produit de votre mental. Connaissez d'abord votre mental, ensuite, voyez le monde. Vous réaliserez qu'il n'est pas différent du Soi" Ramana MAHARSHI Ed. Albin Michel

" Vous devez vraiment comprendre ce que cela veut dire de vivre complètement dans la non-connaissance. Dans ce "je ne sais pas " vous percevrez votre envergure, votre immensité, une sorte d'espace sans limites dépourvu de centre. Vous n'êtes nulle part. Quand vous direz "je ne sais pas " vous verrez que vous êtes ce que vous cherchez "  Jean KLEIN in "Transmettre la lumière " Ed. du Relié  

 

 

par Jean Louis publié dans : dualite
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I   

                  
Il n'y a pas si longtemps : MELANCHOLIA de Victor HUGO 

(Extrait. En espérant que cela ne redevienne pas d'actualité)

                                                                         

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant 

Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux

 

Abderhaman, Martin, David,
Et si le ciel était vide ?
Tant de processions, tant de têtes inclinées,
Tant de capuchons, tant de peurs souhaitées,
Tant de démagogues, de temples, de synagogues,
Tant de mains pressées, de prières empressées.
Tant d’angélus, bing, qui résonnent,
Et si en plus, bing, y’a personne…
Abderhaman, Martin, David,
Et si le ciel était vide ?
Il y a tant de torpeurs, de musiques antalgiques,
Tant d’anti-douleurs dans ces jolis cantiques,
Il y a tant de questions et tant de mystères,
Tant de compassion et tant de revolvers.
Tant d’angélus, bing, qui résonnent,

Et si en plus, bing, y’a personne

Baruch Hachem, Insha’ Allah,
Are Krishna, Alleluia.
Abderhaman, Martin, David,
Et si le ciel était vide ?
Si toutes ces balles traçantes, toutes ces armes de poing,
Toutes ces femmes ignorantes, ces enfants orphelins,
Si ces vies qui chavirent, ces yeux mouillés,
Ce n’était que le plaisir de zigouiller.
Et l’angélus, bing, qui résonne,
Et si en plus, bing, y’a personne…
Et l’angélus, bing, qui résonne,
Et si en plus, bing, y’a personne…

"Et si en plus, y a personne" Alain SOUCHON

 

 

"Les entretiens de HOUANG-PO"

HOUANG-PO (IXe siècle) est un des représentants de cette voie  "casse-dogme" qu'est

le Tchan.

On trouve ici une vision des plus épurée du bouddhisme ou de la non-dualité.

Extraits : " Faire le bien, faire le mal, c'est s'attacher à des caractères particuliers.......

Tout cela ne vaudra jamais le fait de reconnaître soi-même sa propre méthode

spirituelle rien qu'en m'écoutant. Cette méthode, c'est l'esprit, parce qu'en dehors de

l'esprit, il n'est pas de méthode. Cet esprit est la méthode, car en dehors de la méthode,

il n'est pas d'esprit...........

Reconnaissez votre esprit fondamental uniquement dans votre conscience ordinaire,

parce que si votre esprit fondamental n'appartient pas à votre conscience ordinaire, il

n'en est pas non plus séparé." 

 


MES CITATIONS


Les enfants se projettent dans la vie comme les oiseaux
dans l'air, certains d'être portés.


Avoir du mépris pour ce que les autres sont devenus, c'est facile.
Avoir du mépris pour ce que nous sommes devenus, c'est déjà plus difficile.
Avoir du mépris pour ce que nous voulons devenir, c'est rare.


Ce qui est dur dans la solitude, c'est qu'on n'a plus personne à critiquer
à part soi-même.


Les matérialistes s'identifient à leurs biens matériels, les hommes d'action à leurs actions, les intellectuels à leurs idées, les religieux à leurs croyances, les hommes de pouvoir à leur pouvoir  ; dis-moi à quoi tu t'identifies, je te dirai qui tu es.


Porter un jugement, c'est perdre sa liberté de jugement.


Si nous ne nous aimons pas, nous pensons tout naturellement que les autres
ne nous aiment pas non plus ; et cela nous fait une bonne raison de les détester.


C'est une grande joie de sentir que s'envole le souci que l'on avait
de défendre une idée, une conviction, une croyance.


Ce que nous pensons que les autres attendent de nous
n'est pas différent de ce que nous attendons des autres.


La conscience de soi est une remise en cause de soi.


Il nous est impossible de ne pas nous demander : qui sommes-nous ?
Il nous est impossible de répondre à la question : qui sommes-nous ?


Ce n'est pas au monde d'inventer l'enfant qu'il veut, c'est à l'enfant
d'inventer le monde qu'il souhaite et d'en devenir responsable.


Pour faire des découvertes, ne comptons pas sur notre savoir,
comptons plutôt sur notre ignorance.


Être libre de la peur, c'est accepter que soit détruit tout ce qui peut être détruit.


Notre véritable nature est inconnaissance de notre véritable nature.

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