ARTICLE REVU ET CORRIGE
La conscience est un mystère et « soi » est un mystère.
La conscience se confond pour nous avec ses objets. Comme nous l'avons indiqué : un son ne se distingue pas de son audition, un arbre de la vue de l'arbre. Une douleur EST la sensation de la douleur.
CONSCIENCE DE SOI Le mot "soi" quand il est question de CONSCIENCE DE SOI fait référence à quelqu'un que nous sommes censés bien connaître : nous mêmes. Mais ce n'est pas parce que notre existence nous paraît évidente et que nous sommes conscients de pensées, sensations, impressions qui nous traversent que nous pouvons dire qui est ce "soi".
D'autant que parfois, nous sommes en conflit avec nous-mêmes. Nous répudions ce que nous avons dit, fait ou pensé.
On aura sans doute noté que la conscience embrasse un nombre plus ou moins important d'objets ou que ces objets occupent une place plus ou moins importante dans la conscience.Il suffit d'être détendu, débarrassé de toute préoccupation, de s'oublier pour que la conscience s'élargisse, embrasse un immense espace où chaque chose est cependant perçue. Il suffit d'être taraudé par un souci pour que ce souci occupe presque tout l'espace de notre conscience.
Ce qu'il faut retenir, c'est que dans le premier cas, soi (ou le sujet) s'allège, s'estompe; alors que dans le second cas, il s'épaissit.
Mais nous ne savons pas répondre à la question : qu'est-ce que la conscience ?
CONSCIENCE DE SOI Pas plus qu'à la question : de quoi est-on conscient dans la CONSCIENCE DE SOI ?
La conscience immédiate, avons-nous indiqué, est non-duelle. Ce qui signifie que soi est absent. Entre un son et sa perception, il n'y a pas de place pour
vous.
En fait, la conscience, est toujours non-duelle, impersonnelle, on pourrait presque ajouter (cela s'éclaircira) inconsciente.
Dans Karika ( « Comme un cercle de feu » trad. Et commenté par Pierre FEUGA .- Ed. L'Originel) GAUDAPADA déclare :
« Assurément, dans l'état de rêve, le mental, qui est en réalité non duel, revêt l'éclatante apparence de la dualité. Assurément, dans l'état de veille, le mental, qui est en réalité non duel, revêt l'éclatante apparence de la dualité «
Dans le rêve, il y a bien un personnage (nous) aux prises avec un univers, une situation donnés. Dualité. Personnage, et situation sont tous deux issus du même mental, celui du rêveur. Le mental du rêveur produit le rêve avec tous ses éléments. Non-dualité.
Il est évident que le personnage et la situation sont de pures créations, des images fictives. Magnifique exemple d'un sens mis en scène.
Si, percevant le monde, nous lui donnons un sens, si nous l'interprétons, alors il faut admettre que cette image du monde est une
pensée du monde. Or, la pensée se constitue à partir du logos, c'est à dire à partir de symboles reliés entre eux logiquement. Le symbole, donc la pensée sont des abstractions.
Le sens est un produit de l'imagination.
" Il n'est pas possible de faire l'expérience directe de quoi que ce soit si on court-circuite l'idée de la chose......Il n'y a rien en dehors de la
connaissance que vous avez déjà du monde et vous faites l'expérience de cette connaissance elle-même, et pas de l'objet "
(Uppaluri Gopala KRISHNAMURTI .- " Le dos au mur" Ed. Les Deux Océans)
La conscience ou connaissance directe est dépourvue d'expérimentateur ("faire l'expérience")
La perception du monde qui est le résultat d'une élaboration du mental nous inclut pareillement que dans le rêve. Tout ce qui est image familière d'un décor est
aussi image familière de nous-mêmes en rapport avec ce décor. La pensée du monde, d'un lieu, d'un objet, ne saurait être pensée de ce seul monde, lieu ou objet, nous y sommes
associés.
Penser le monde, c'est le penser autour de nous. Nous penser, c'est nous penser dans le monde.
Il y a bien conscience d'une dualité. (Imaginez, par exemple, votre salon. Tout renvoie à vous et, vous êtes présent, subtilement, dans cette pièce que vous imaginez)
" L'action de percevoir est en elle-même pure, c'est à dire impersonnelle et directe. L'interprétation qui s'ensuit introduit le sujet et l'objet, et il en résulte un concept qui est
obligatoirement indirect." (WEI WU WEI .- La voie négative .- ed. La différence)
Ainsi, la conscience de soi dépend de la nature de nos pensées, évolue avec elles. Des pensées inquiétantes nous rendent inquiets, des pensées de réussite même imaginaire, nous rendent joyeux. etc
A contrario, un monde large, allégé, suscite une conscience de soi allégée.
CONSCIENCE DE SOI La CONSCIENCE DE SOI est le produit des pensées qui nous traversent.
Même lorsque nous regardons devant nous librement, notre regard se porte sur la portion d'espace qui se trouve devant nous. Le regard n'est pas aussi libre que nous pourrions le croire. Il obéit à un centre. Nous sommes donc conscients de nous-mêmes et de cette portion d'espace sélectionné et identifié comme deux choses séparées. (dualité).
Pourtant, ce qui se trouve autour de cette portion n'est pas effacé. Il y a vision, mais ce n'est pas regardé. Lorsque nous écoutons
attentivement une personne, d'autres sons nous parviennent sans que nous les remarquions. C'est perçu mais pas écouté. Dirions-nous que ce qui est ainsi vu ou perçu mais pas
enregistré est conscient ou inconscient ?
Un bruit répété ne nous dérange qu'à partir du moment où nous l'identifions. Après une longue promenade, nous nous souvenons de bien peu de choses par rapport à tout ce que nous avons perçu,
ressenti. ( Voir aussi les images, dites, subliminales)
Ce qui est ainsi vu ou entendu l'est sans que la pensée intervienne. C'est pourquoi il n'y a pas de sujet pour cet objet. Conscience impersonnelle. Lorsqu'il y a dualité, en
revanche, c'est une pensée de la chose vue ou entendue qui intervient et qui suscite un penseur : la conscience de soi.
La majeure partie de notre conscience est, pour ainsi dire, non consciente. Nous sommes plongés dans le monde. Il nous traverse, nous échangeons
sans cesse avec lui, mais nous ne décodons qu'une toute petite partie de ces événements en leur donnant un sens.
Le rapport sujet-objet fait beaucoup de tapage. Ce que nous appelons "conscience" est la conscience d'une pensée, d'un sens, d'un savoir. Au fond, ce avec quoi nous aurons été vraiment en
contact, c'est ce qui n'aura pas été notre centre d'intérêt.
" dans le sommeil sans rêve, il n'y a ni monde, ni ego, ni souffrance; mais le Soi subsiste. A l'état de veille, tout cela existe; pourtant le Soi est présent aussi. Il suffit par conséquent de se débarrasser des phénomènes transitoires afin de réaliser la béatitude toujours présente du Soi. Votre nature est félicité. Découvrez ce sur quoi tout le reste se superpose "
( L'enseignement de Ramana MAHARSHI .- Ed. Albin Michel)
" et le reflet de cette lumière frappe le nerf optique, qui va à son tour, stimuler les cellules de la mémoire. Leur stimulation amène sur scène toute la connaissance que vous avez déjà de cet objet. C'est l'activation de ce processus qui a créé le sujet. "
(Uppaluri Gopala KRISHNAMURTI .- " Le dos au mur" Ed. Les Deux Océans)
Conscience non-duelle, c'est à dire non connue ou non-consciente, de ce qui n'est pas décodé.
Mais conscience non-duelle également du sens incluant un objet et un sujet séparés qui créent l'illusion de la dualité. Car de la même manière que l'émission sonore n'est
pas séparée de la conscience du son, l'idée de soi n'est pas séparée de la conscience de cette idée.
CONSCIENCE DE SOI Finalement, la pensée parle de soi de multiple façons (disant des choses sur soi, assignant un but etc)
La CONSCIENCE DE SOI est la conscience non-duelle de ce que la pensée postule. Si la pensée dit : tu es médiocre, (ce mot étant relié à des affects douloureux dus à la réprobation) la
conscience de soi est la conscience non-duelle de sa médiocrité. Si elle dit qu'il y a de quoi s'inquiéter, l'inquiétude est ma conscience. Si elle fait miroiter une réussite, le contentement est
ma conscience.
Ce que nous sommes, ou plutôt ce que nous croyons être, la conscience de nous-mêmes, est la résultante de tous les propos directs ou indirects à notre sujet que nous n'avons pas récusés.
Mais une idée, une opinion, ce n'est qu'une idée, elle dépend d'autres idées ou opinions. Ce n'est qu'une assertion. Le ressenti, par contre, est bien réel. Les émotions, en tant que
telles, sont réelles.
Dans le rêve aussi, le rêveur éprouve des émotions, des sentiments qu'il attribue au personnage qui le représente.
Plus il y a de pensées, latentes ou pas, plus la conscience de soi est importante.
En conclusion, peu importe ce qui nous vient à l'esprit, peu importe notre conscience du monde, peu importent nos pensées, nos idées, si elles parlent d'un soi et le décrivent, alors ce soi en question est une création du mental, un postulat, une idée. En tant que tel, il n'est ni réel, ni vivant, ni de même nature que notre être; il est fictif.
CONSCIENCE DE SOI Quant à la conscience d'être une personne, d'être quelqu'un, ce n'est que la conscience non-duelle d'une pensée incessante qui le postule.
"Il n'y a rien de faux dans tout ce que vous ressentez. Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions; il n'y a rien de faux avec la colère ou la jalousie ou l'envie. Même si vous ressentez de la colère, elle vient de votre intégrité.... Nos émotions sont réelles ; la voix de la connaissance (la pensée ndr) qui nous fait souffrir ne l'est pas. Notre souffrance est vraie, mais la raison pour laquelle nous souffrons peut n'être pas vraie du tout "
(Don Miguel RUIZ .- "La voix de la connaissance " .- Ed. Trédaniel) .
CONSCIENCE DE SOI Le petit enfant, en revanche, avant que ses pensée ne se forment - et parmi ses pensées, celle d'être un individu - est dénué de CONSCIENCE DE SOI. Sa relation au monde n'est pas médiatisée par une instance fictive
Reflexion prolongée ici : http://inconnaissance.unblog.fr/2007/03/ chapitre 1
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