citations

 
  

le 19-05-08

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Einstein : "Dieu ne joue pas aux dés"

Bohr : "Qui êtes-vous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu'il doit faire"   

 

« Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont fils et filles du désir de Vie en lui-même.

Ils viennent par vous mais non de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous, ce n'est pas à vous qu'ils appartiennent.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées »

« Le prophète » de Khalil GIBRAN   

 

En religion et en politique, les mots que l'on emploie ne sont pas considérés comme des représentations, plus ou moins adéquates, de choses et d'événements, mais au contraire les choses et les événements sont considérés comme des illustrations de ces mots.

Aldous HUXLEY   

 

« Tu effaceras avec ton pied gauche la trace de ton pied droit.

La main droite doit ignorer ce que vient de faire la main droite.

Ne te connais pas toi-même.

Ne te préoccupe point de ta liberté : oublie-toi toi-même.

Et Monelle dit encore : je te parlerai de mes paroles.

Les paroles sont des paroles tandis qu'elles sont parlées.

Les paroles conservées sont mortes et engendrent la pestilence »

 

« Le livre de Monelle » de Marcel SCHWOB  

 

"je est un autre"

Arthur RIMBAUD  

 

Quand je me suis commis et assigné entièrement à ma mémoire, je prends si fort

sur elle que je l'accable : elle s'effraie de sa charge. Autant que je m'en rapporte à

elle, je me mets hors de moi jusques à essayer ma contenance"  

"Les Essais" de Michel de MONTAIGNE (De la vanité)  

 

"Je m'ennuie tellement que ça m'occupe"

CHAMFORT  

 

Caligula : "eh bien ?"

Le jeune Scipion : "Et de cette minute subtile où le ciel encore plein d'or brusquement

bascule et nous montre en un instant son autre face, gorgée d'étoiles luisantes"

Caligula : "De cette odeur de fumée, d'arbres et d'eaux qui monte alors de la terre vers la nuit"

Le jeune Scipion : "Le cri des cigales et la retombée des chaleurs, les chiens, les roulements

des derniers chars, les voix des fermiers..."

Caligula : "Et les chemins noyés d'ombre dans les lentisques et les oliviers"................

Caligula : "Ton poème doit être beau mais tu veux mon avis..."

Le jeune Scipion : "Oui"

Caligula : "Tout cela manque de sang"  

"Caligula" d'Albert CAMUS.  

 

"Nous sommes pleins de choses qui nous jettent

à la porte de nous-mêmes"

Jean COCTEAU  

 

"Un orateur : un monsieur qui dit des choses vagues avec

la dernière violence."

Maurice DONNAY  

 

"La violence à la télévision, ça donne envie de tout casser

sauf, hélas, la télévision" 

Philippe GELUCK

 

"Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre, je ne suis pas venu

apporter la paix mais l'épée."

Matthieu 10, 34-36

"Je suis venu pour jeter le feu sur la terre; et que désirerai-je sinon qu'il s'allume.

Croyez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ?  Non, je vous assure,

mais au contraire la division; car désormais s'il se trouve cinq personnes dans

une maison, elles seront divisées les unes contre les autres; trois contre deux et

deux contre trois; le père sera en division avec son fils et le fils avec le père;

la mère avec la fille et la fille avec la mère;  la belle-mère avec la belle-fille et la

belle-fille avec la belle-mère"

Luc 12, 49-53  

 

"La seule qualité requise pour devenir un bon philosophe est de s'étonner.

Tous les petits enfants possèdent ce don"

"Le monde de Sophie"  Jostein GAARDER

 

"Essayant de contrôler les événements de la vie,

essayant encore et encore d'être plus malin,

manipulant toujours ceci ou cela pour servir vos intérêts,

impliqués sans cesse dans les relations sociales...

 

Submergés par des plans dans le futur,

Vous arrivez inconscients au terme de votre vie

sans réaliser que votre front est plissé de rides,

sans voir la blancheur de vos cheveux,

ni votre peau se détendre,

sans admettre l'affaissement du nez et de la bouche."

MILAREPA

 

"J'arrive, j'arrive,

mais pourquoi moi, pourquoi maintenant

pourquoi déjà et où aller...

J'arrive bien sûr, j'arrive,

n'ai-je jamais rien fait d'autre que d'arriver"

Jacques BREL 

 

" Tu cherches des morceaux d'hier, pépère, dans des gravats d'avant-guerre

le casino, c'est qu'un tas de pierres "

Alain SOUCHON (Y a d'la rumba dans l'air)

 

"Je crois être, en tant que première personne, ce que les autres voient de moi

à quelques mètres de distance"

Douglas HARDING

 

" La vie est un rêve"

Pedro CALDERON de LA BARCA

 

" La vie est un rêve, c'est le réveil qui nous tue "

Virginia WOOLF

   

"Le fil du désir nous amène à rechercher le désir unique qui est en arrière-plan

de la totalité des désirs.

Le fil du "je" nous amène à réaliser que la totalité des personnages présents dans

notre esprit n'ont pas de réalité propre et que la présence d'arrière-plan qui les

contient tous est l'unique réalité "

Jean-Marc MANTEL

 

"Tant que tu te prends pour l'auteur de tes actes et de tes pensées, il y aura une culpabilité

secrète parce que tu les voles ,  il y a une appropriation. L'appropriation est un mensonge.

Donc il faudra que tu justifies ta présence sur terre en prouvant quelque chose.

Si tu prouves quelque chose, c'est toi qui prouves quelque chose, donc il faudra que tu

en rajoutes. C'est un cercle vicieux."

Jean-Paul MONTANGE

 

 

 

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Vendredi 4 août 2006

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Toutes ces citations sont extraites de : "L'enseignement de Ramana MAHARSHI - Edition Albin michel. 2005 - Collection Spiritualités vivantes "

Le SOI selon Ramana MAHARSHI  :
 
" LE SOI est seulement être et non pas être ceci ou cela "  

"Je suis" est le nom de Dieu. L'Être absolu est ce qui est, c'est LE SOI. En connaissant LE SOI, on connaît Dieu"

" LE SOI est toujours là, il est vous-même. Il n'existe rien d'autre que vous-même "

LE SOI serait simplement Être inconditionnellement, indépendamment de tout attribut et de toute raison. Il ne naît ni ne meurt. En plusieurs endroits, MAHARSHI dit aussi que le SOI est Félicité. 

 

" Tout homme sait :  "je" et ce monde existent. Lorsque l'on pousse la recherche plus loin en s'interrogeant : "existent-ils en tout temps ?" et "s'ils sont vraiment réels, ne doivent-ils pas être dissociés du temps, de l'espace et de la différenciation ? Mais en est-il vraiment ainsi ?" il devient alors évident que le "je" et le monde ne sont perçus qu'à l'état de veille et de rêve, mais pas en sommeil profond. Par conséquent le "je" et le monde apparaissent à certains moments et disparaissent à d'autres. Ils sont créés, ont leur existence, puis disparaissent. Mais d'où viennent-ils ?Où se maintiennent-ils ? Où vont-ils quand ils disparaissent ?De tels phénomènes peuvent-ils être considérés comme réels ? En outre, "je" et le monde, créés, préservés puis détruits sont perçus dans les états de veille et de rêve, mais pas en sommeil profond. En quoi ce dernier état diffère-t-il des deux autres ? En sommeil profond, les pensées sont absentes, tandis que dans les deux autres états elles existent. Nous pouvons donc en conclure que les pensées sont à l'origine du "je" et du monde "

Du point de vue de chacun (mais en vérité, s'abstraire de ce point de vue, se vouloir objectif,  n'est qu'une opération intellectuelle qui dépend toujours du celui qui s'abstrait) le "je" et le monde sont intermittents. Mais il n'y a jamais un "je" sans monde ou un monde sans "je". Ils apparaissent et disparaissent en même temps.  (On notera d'ailleurs que pendant le rêve, le monde et le "je" sont différents) S'ils sont intermittents, on ne peut pas DIRE qu'ils sont vraiment réels. (Parfois ils n'existent plus). Et comment une chose pourrait-elle exister POUR NOUS (et, encore une fois, s'abstraire de ce pour nous est impossible puisque l'abstraction est nôtre) si elle n'était jamais pensée ?  Le monde et soi seraient  donc des pensées.

 Mais on doit pousser plus loin et se dire : ces pensées ne créent sans doute pas n'importe quel "je" et n'importe quel monde, pourquoi créent-elles ce "je" et ce monde ?  (les nôtres)

 

" Pour qu'il y ait  karma, il faut qu'il y ait un karta (AUTEUR). Cherchez qui est le karta. Purushakara, c'est l'effort. Cherchez qui l'exerce. Alors l'identité est établie. Celui qui cherche leur relation découvre qu'il est lui-même le lien entre les deux"..." Si vous êtes né maintenant, il est probable qu'une renaissance suivra. Cherchez si vous êtes né à présent"

" Le karma qu'elles (les Ecritures) désapprouvent est celui qui est accompli avec le sentiment d'être l'auteur de l'action. Ne rejetez pas le karma. Du reste, vous n'y parviendrez pas. Rejetez plutôt le sentiment d'être L'AUTEUR de vos actions "

" Cherchez à qui est le karma. Vous trouverez que vous n'êtes pas celui qui agit. Alors vous serez libre... Le karma qui se déroule sans effort, c'est à dire sans être volontaire, ne lie pas"

Sentiment d'être l'auteur de l'action. L'auteur, c'est celui qui invente, crée, celui qui est à l'origine d'une chose. La volonté, l'effort sont exercés par quelqu'un . Celui qui revendique l'action, revendique ses fruits.  

 Comme nous l'avons vu dans l'article précédent, nous avons pris à notre compte le projet, l'intention contenue dans la pensée et traduite en action. Dans ces conditions, les conséquences de l'action retombent sur nous. Karma.

Pourtant, nous n'avons pas choisi le monde, le milieu dans lequel nous sommes nés; nous n'avons pas choisi nos parents; nous n'avons pas choisi l'éducation, le conditionnement que nous avons subis; nous n'avons pas choisi d'être ce que nous sommes (notre personnalité) comment diable pourrions-nous nous croire les auteurs de nos pensées et de nos désirs  ?

Rejeter le karma, n'est-ce pas rejeter le conditionnement. ? Or c'est impossible. D'ailleurs vouloir le rejeter, c'est encore partir de l'idée que nous en sommes responsables, que nous en sommes l'auteur. 

 

MENTAL   " Si nous considérons LE SOI comme étant l'ego, nous devenons l'ego; si nous le considérons comme étant le MENTAL, nous devenons le mental et si nous le considérons comme étant le corps, nous devenons le corps. C'est la pensée qui construit des enveloppes de tant de façons différentes. L'ombre sur l'eau tremble. Quelqu'un peut-il arrêter le tremblement de l'ombre ? Si elle s'arrêtait de trembler, on ne discernerait plus l'eau mais seulement la lumière. De même, ne tenez pas compte de l'ego et de ses activités et voyez uniquement la lumière derrière lui. L'ego est la pensée "je". Le vrai "je" est LE SOI." 

Nous nous définissons par rapport au monde, aux autres que nous croyons extérieurs. Nous nous identifions aux pensées, images que nous avons dans l'esprit . La pensée-je, le mental, le monde, les autres sont des pensées qui tremblent comme l'ombre sur l'eau de notre conscience. 

Ces pensées n'ont pas d'existence indépendante. Elles ne sont pas réelles. Ce sont des productions ou des créations qui ne doivent leur existence qu'à ce que MAHARSHI appelle le SOI, l'Être. C'est le SOI qui anime ces pensées ou cesse de les animer. Les pensées donnent à notre conscience une consistance. Si elles disparaissaient, le SOI révélerait son éclatante présence. 

 

" La félicité n'est pas quelque chose à atteindre. Vous êtes toujours Félicité. Le désir de félicité provient de votre sentiment d'être incomplet. Qui éprouve ce sentiment ?.......  La Réalisation n'est pas quelque chose à acquérir. Elle est déjà là. Tout ce qui est nécessaire consiste à se débarrasser de la pensée "je n'ai pas réalisé".....Les pensées sont dues à l'identification du SOI avec le NON-SOI. Quand le non-Soi disparaît, seul demeure LE SOI. Pour faire de la place quelque part, il suffit d'enlever ce qui encombre. La place ainsi dégagée n'a pas été ajoutée. Mieux encore, la place existait déjà même quand le lieu était encombré. " 

NON-SOI   Le sentiment d'être incomplet ou le désir de félicité est variable en intensité. Il doit donc dépendre de certains facteurs.  Mais ce sentiment d'être incomplet est-il intrinsèque à l'être humain ou découle-t-il d'une pensée ? MAHARSHI semble nous répondre que la pensée est à l'origine de ce sentiment. On peut se demander aussi si ce sentiment génére une conscience plus aigue de soi ou bien si la conscience de soi génère ce sentiment d'être incomplet.  

Questions fondamentales. Invitation à s'interroger.  

 

NON-SOI   L'ego est simplement la fausse identification du SOI au NON-SOI...Comme votre perspective a été dirigée vers le dehors, LE SOI a été perdu de vue et votre vision est devenue extérieure. On ne trouve pas LE SOI dans les objets extérieurs. Tournez votre regard vers l'intérieur et plongez en vous; vous serez LE SOI.. 

Identification du SOI avec le NON-SOI.  Mais il dira autre part : " En fait, il n'y a pas de NON-SOI. Le NON-SOI se trouve aussi dans le SOI. C'est le SOI qui parle du NON-SOI parce qu'il s'est oublié lui-même. S'étant oublié, il conçoit les objets comme étant le NON-SOI lequel n'est en fait rien d'autre que lui-même "

Comme le dit GAUDAPADA dans "Comme un cercle de feu : Mandukya-upanisad et Karika " :

" D'abord, le SOI imagine l'âme individuelle, ensuite les diverses sortes de phénomènes, externes et subjectifs. Telle est la connaissance acquise par l'individu, telle sera sa mémoire "

Ce qui paraît séparé du SOI  ne l'est pas. Cette séparation est illusoire. Et la pensée est justement le moyen privilégié pour créer des objets fictifs, virtuels, illusoires et les déclarer réels.

 

MENTAL   " Le MENTAL n'est qu'un agrégat de pensées. Les pensées ne peuvent exister que pour l'ego. Toutes les pensées sont donc imprégnées de l'ego."... " Vous avez perdu contact avec-vous-même et vous demandez aux autres de vous guider " ..." Pour qui est cette relativité ? Pour qui est cette imperfection ? L'Absolu n'est pas imparfait et ne peut rien demander. L'inanimé ne peut pas, non plus, poser la question. Entre les deux s'est donc élevé quelque chose qui pose ces questions et qui éprouve ces doutes, qui est-ce ? "...." LE SOI est pur et absolu, seul et unique. Il n'y a pas deux SOI dont l'un peut connaître l'autre. Qu'est-ce que la dualité alors ?....Elle doit être le non-SOI. La dualité est la caractéristique de l'ego. Quand les pensées s'élèvent, il y a dualité. Sachez qu'elle est l'ego et recherchez sa source. Le degré d'absence de pensées est la mesure de votre progrès vers LE SOI....LE SOI reste toujours en état de réalisation. Les obstacles sont les pensées "  

Les pensées ont un interlocuteur. Elles ne sauraient être indépendantes de celui-ci au point qu'il serait étranger aux pensées, ou d'une autre nature que ces pensées. Ainsi, si on croit être une entité individuelle et physique, toutes les pensées en tiennent compte.  Cette entité peut être décrite comme un corps ou organisme plus une personnalité (avec sa psychologie, son rôle social, sa culture).

Il se trouve que cette conception-là de soi-même pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses, amène plus de problèmes qu'elle ne fournit de solutions. D'où les doutes (Voir la réalité de chacun et du monde).

Les problèmes, errements prouvent que cette conception est inadéquate. Plutôt que de chercher indéfiniment à rafistoler, coordonner, réparer le monde ainsi pensé, MAHARSHI nous suggère de voir en quoi les fondements de cette conception sont faux. 

 

" Si le chemin était extérieur, des indications seraient possibles, mais il est à l'intérieur de vous-même. Cherchez en vous-même. Le SOI est toujours réalisé. Seul quelque chose qui n'a pas encore été réalisé peut être recherché. Mais le SOI est à la portée de votre expérience.

La perspective a été dirigée vers le dehors parce que les références, les critères, les valeurs de vie ont été situés au dehors. (Méfaits des éducations et de la civilisation matérialistes). Il y a une quête sans fin pour trouver l'explication, la vérité, le modèle qui répondra à nos questions.

Mais les références, les critères, les valeurs sont cherchés hors de soi parce que nous nous sommes laissés convaincre qu'ils ne pouvaient pas être en nous, qu'il nous manquait quelque chose, que nous étions intrinsèquement incomplets, insatisfaisants.

Le système conduit à cette ENORME contradiction : il faut réaliser le non-soi (idéal, modèle, autorité) de telle sorte qu'il devienne soi sans cesser de rester le non-soi (rester un ideal)

Le SOI est le guide. La lumière et l'authentification de la vérité ou de la réalisation ne peuvent venir que de soi.   

 

" Les objets existent-ils indépendamment du "je" ? Vous disent-ils : nous sommes ? C'est vous qui les voyez. Vous êtes, et ainsi les objets sont vus aussi. Sans moi, tous ces objets n'existent pas. Cette connaissance est l'omniprésence. A cause de l'idée : "je suis le corps" et " il y a quelque chose en moi" les objets vous apparaissent comme étant extérieurs à vous. Sachez qu'ils sont tous à l'intérieur de vous-même. Le tissu est-il séparé du fil ? Les objets peuvent-ils subsister sans moi ?

Que les objets soient en nous, bien que nous l'oublions, est une évidence scientifique. L'immense panorama que vous situez devant vous est dans votre esprit. Il est capté par l'oeil, décrypté par le cerveau et tous ses éléments correspondent à des excitations des neurones. Et d'ailleurs, la perception sera fonction de l'organe récepteur ( imaginez que l'oeil ait des caractéristiques différentes) Le panorama que vous voyez est en vous. L'effet d'extériorité et de profondeur sont des effets du cerveau. (Voir les illusions d'optique)

De la même manière, les conclusions à propos de ces objets sont aussi le fait de l'esprit. "Corps", "matière", ne sont que des idées, des façons de concevoir ce qui est perçu. Mais qu'y a-t-il dans ou derrière ce concept corps ? Sur quoi repose-t-il ? Si vous supprimez le concept et ses synonymes ,  quelle réalité subsiste ?  

  

Questionneur : " Alors je dois remonter à la source de mes pensées ?"

MAHARSHI : " Tout à fait; c'est ainsi que les pensées disparaîtront et que seul LE SOI demeurera. En fait, pour LE SOI, il n'y a ni intérieur ni extérieur " ......" C'est l'ego qui soulève ces difficultés, qui crée des obstacles et qui ensuite souffre de la perplexité que font naître d'apparents paradoxes." ....."Toute pensée est incompatible avec la Réalisation. L'attitude correcte consiste à exclure toute pensée de nous-mêmes et toute autre pensée. La pensée est une chose et la Réalisation en est une autre."

Nous ne vivons pas dans le monde mais dans le monde de nos pensées. Ces pensées sont le monde et elles nous incluent  en tant que sujet. A partir du "je", le monde est vu comme extérieur. Si les pensées disparaissent, on accède à une conscience du monde sans sujet c'est à dire que la conscience ne comporte plus ni jugement, ni règle, ni hiérarchie, ni intérieur ni extérieur. Cela renvoie aux propos de HOUANG-PO dans ses "'Entretiens" (ed. Les Deux Océans) :

" Les montagnes sont les montagnes, les rivières sont les rivières, les moines sont les moines, les laïcs sont les laïcs. La terre couverte de monts et de fleuves, le soleil, la lune et les étoiles ne sont autres que votre esprit. "  

Remonter à la source de ses pensées : il semble que nos pensées surgissent mystérieusement comme le ruisseau sort de terre. Peut-on remonter de plus en plus profondément le cours de nos pensées comme on remonterait le cours souterrain du ruisseau....    

" D'où ces pensées s'élèvent-elles ? Les pensées sont spontanées, superficielles ou analytiques. Elles opèrent dans l'intellect. Qui donc prend conscience d'elles ? C'est l'individu. L'existence des pensées, leurs claires perceptions et leurs opérations lui deviennent évidentes. L'analyse mène à la conclusion que l'individualité de la personne fonctionne en tant que connaissance de l'existence des pensées et de leur succession. Cette individualité, c'est l'ego ou ce que les gens appellent le "je"  

Une question que nos contemporains se posent bien peu est : quel pouvoir, quelle influence, quel effet d'entraînement ont sur nous nos pensées ou plutôt le sens, les affirmations de nos pensées ?
La perception claire de nos pensées permet de nous en affranchir. Mais ce n'est pas si facile.  
Des pensées qui laisseraient le témoin impassible, imperméable pourraient-elles perdurer ?   Le témoin devient complice des pensées. Elles construisent, alimentent l'individualité, et ce, d'autant plus, semble-t-il, que ces pensées ont pour thème la personne elle-même. 

Mais si ces pensées sont spontanées, si elles apparaissent et disparaissent,  la personne ne peut prétendre les avoir confectionnées.

 

MENTAL   " Le MENTAL n'est que l'identification du SOI avec le corps. C'est la création d'un faux ego qui, à son tour, crée de faux phénomènes et semble se mouvoir en eux. Tout cela est faux. LE SOI est la seule Réalité. Si cette fausse identification disparaît, la permanence de la Réalité se révèle...Le faux ego est associé aux objets; il est même son propre objet. L'objectivation est l'erreur. Seul le sujet est la Réalité. Ne vous confondez pas avec l'objet, c'est à dire avec le corps. Cela donne naissance au faux ego puis au monde et à vos activités dans ce monde d'où résulte la souffrance. Ne pensez pas que vous êtes ceci ou cela, ou comme cela ou un tel ou une telle....Ne vous confondez pas avec le corps. Le corps est le résultat des pensées.... Le mental n'est qu'un agrégat de pensées. Les pensées ne peuvent exister que pour l'ego"  

Plus ou moins consciemment mais indubitablement, nous nous concevons comme une entité physique particulière et définie. Ce n'est pas immédiat. Cette entité est le fruit d'un ensemble de pensées qui la fonde, la justifie.C'est le MENTAL. S'identifier à cette entité  mobilise cet ensemble de pensées. L'entité (ou ego) est un objet de pensée.

La notion d'objet (le corps) est le paradigme qui structure et donne sens à cet ensemble. Le monde est vu comme une série d'objets conformément à la définition donnée à soi-même. Je me prends pour un objet et voit le monde comme un ensemble d'objets. Je suis un objet et je me reflète dans d'autres objets, je m'en distingue, je me compare à eux etc.

La croyance dans l'idée que nous sommes une entité physique définie est bien la pierre angulaire de tout le processus.   

  

MENTAL    " En vérité, vous êtes esprit. Mais cet esprit s'identifie à tort au corps physique. Le corps a été projeté par le MENTAL et le mental a son origine dans l'esprit. Si cette fausse identification cesse, la paix et la félicité indicible et permanente regneront sur vous....Où et comment étiez-vous avant de naître ? Dormiez-vous ? Comment étiez-vous ? Vous existiez alors aussi, mais sans le corps. Ensuite, l'ego apparaît, puis le MENTAL qui projette le corps. Le résultat est l'idée : je suis le corps. Parce que le corps existe, vous dites qu'il est né et qu'il doit mourir et vous transférez cette idée sur LE SOI en disant que vous êtes né et que vous mourrez......Considérons le problème d'un autre point de vue. Dans l'état de rêve, vous vous créez un corps onirique avec lequel vous agissez. Dans l'état de veille, celui-ci (le corps onirique ndr) devient irréel. A présent, vous pensez être ce corps et non le corps onirique.... En définitive, vous voyez qu'aucun de ces corps n'est réel parce que chacun d'eux est vrai à un moment et faux à un autre....C'est le MENTAL qui vous empêche de voir votre nature véritable. Votre nature véritable est celle de l'Esprit infini. C'était ainsi dans votre sommeil profond. Dans les deux autres états, vous avez conscience des limitations. Pourquoi cette différence ? Le mental est inexistant dans le sommeil profond mais il existe dans les états de rêve et de veille. Le sentiment de limitation est l'oeuvre du MENTAL. "  

" L' homme est la mesure de toute chose " disait PROTAGORAS. Il est aussi, d'abord, la CONDITION d'existence de toute chose. L'existence du monde dépend du fait  qu'il y a quelqu'un pour le dire. En particulier, nous admettons que nous avons un corps. Nous le voyons, nous le ressentons.

Mais affirmer que "nous sommes un corps" c'est déjà autre chose. C'est une pensée selon laquelle nous nous identifions à la matière dont il est fait. Car le corps ne dit rien.

Pourtant, la conscience existe et nous ne disons pas que nous sommes la conscience ou nous postulons qu'elle est une réaction chimique et electrique des neurones. 

Donc dire que nous sommes le corps n'est qu'une assertion, une pensée. Cette pensée n'est pas toujours pertinente. L'idée "nous sommes un corps" dans le rêve ne renvoie pas à la même chose. Dans le sommeil profond, cette idée n'existe plus. 

Cette idée n'est qu'une idée non vérifiée et pourtant, nous lui sommes soumis. Nous sommes soumis aux conséquences qui en découlent. Le MENTAL a pris le pouvoir. 

Vivre comme s'il était établi que nous sommes le corps n'est pas légitime.  

  

MENTAL   " Pour pouvoir dire : je ne suis pas ceci ou je suis cela, il faut bien que le "je" soit présent. Ce "je" n'est autre que l'ego ou la pensée "je". Après que cette pensée "je" s'est élevée, toutes les autres pensées s'élèvent..." Un "je" différent s'élève avec chaque pensée et disparaît en même temps qu'elle. D'innombrables "je" naissent et meurent ainsi à chaque instant. Le MENTAL qui subsiste est le véritable problème "..."La pensée "je" est donc la pensée racine. Si elle est déracinée toutes les autres pensées le seront en même temps. Cherchez donc ce "je" qui est la racine " 

"Un "je" différent s'élève avec chaque pensée", "d'innombrables "je" naissent et meurent à chaque instant" car c'est la pensée qui suscite le "je" et des pensées innombrables et différentes naissent et meurent. "Je ne suis pas ceci" ou "je suis cela" signifie que ceci suscite un je de rejet et cela un je d'adhésion. Le mental, qui serait un système de pensée "identification à l'entité individuelle physique" , subsiste et susciterait le "je" racine.

 

MENTAL   " Il n'y a rien d'extérieur qui ne soit également intérieur. Le mental est tout. Si le MENTAL est actif, même un lieu de solitude devient comme une place de marché. Cela ne sert à rien de fermer  les yeux. Fermez l'oeil du MENTAL et tout ira bien." 

MENTAL   " Le monde n'est qu'une projection du MENTAL dans votre état de veille. Il n'est donc qu'une idée et rien d'autre. Quant à la paix, c'est l'absence d'agitation.....Qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui est mal ? Il n'y a pas de critère qui permette de juger si une chose est bonne et une autre mauvaise. Les opinions diffèrent selon la nature de l'individu et selon son environnement. Ce sont des idées et rien de plus....Le mal que l'on voit chez l'autre, c'est son propre mal. La distinction du bien et du mal est à l'origine du péché. On projette hors de soi son propre péché et, par ignorance, on le surimpose sur l'autre. La meilleure voie, c'est celle qui permet d'atteindre l'état dans lequel il n'y a plus de distinction"   

Ces propos que d'aucuns pourraient trouver inacceptables (pas de critère pour juger ce qui est mal) nous plongent dans un abîme de réflexion. Si notre mémoire était absolument vierge, que verrions-nous, qu'entendrions-nous du monde ?  Ne faut-il pas que des éléments mémorisés ou préenregistrés soient activés pour produire des images et des sons ? (J'aimerais bien savoir ce qu'un nouveau-né voit ou entend) De la même façon, sans a priori aucun, sans schéma MENTAL préalable, peut-on juger du caractère nuisible d'un comportement ? Il est certain, en tout cas, que l'on projette sur le monde ou autrui notre propre mental.

     

 

 

par Jean Louis publié dans : dualite
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I   

                  
Il n'y a pas si longtemps : MELANCHOLIA de Victor HUGO 

(Extrait. En espérant que cela ne redevienne pas d'actualité)

                                                                         

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : - Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l'enfant 

Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux

 

Abderhaman, Martin, David,
Et si le ciel était vide ?
Tant de processions, tant de têtes inclinées,
Tant de capuchons, tant de peurs souhaitées,
Tant de démagogues, de temples, de synagogues,
Tant de mains pressées, de prières empressées.
Tant d’angélus, bing, qui résonnent,
Et si en plus, bing, y’a personne…
Abderhaman, Martin, David,
Et si le ciel était vide ?
Il y a tant de torpeurs, de musiques antalgiques,
Tant d’anti-douleurs dans ces jolis cantiques,
Il y a tant de questions et tant de mystères,
Tant de compassion et tant de revolvers.
Tant d’angélus, bing, qui résonnent,

Et si en plus, bing, y’a personne

Baruch Hachem, Insha’ Allah,
Are Krishna, Alleluia.
Abderhaman, Martin, David,
Et si le ciel était vide ?
Si toutes ces balles traçantes, toutes ces armes de poing,
Toutes ces femmes ignorantes, ces enfants orphelins,
Si ces vies qui chavirent, ces yeux mouillés,
Ce n’était que le plaisir de zigouiller.
Et l’angélus, bing, qui résonne,
Et si en plus, bing, y’a personne…
Et l’angélus, bing, qui résonne,
Et si en plus, bing, y’a personne…

"Et si en plus, y a personne" Alain SOUCHON

 

 

"Les entretiens de HOUANG-PO"

HOUANG-PO (IXe siècle) est un des représentants de cette voie  "casse-dogme" qu'est

le Tchan.

On trouve ici une vision des plus épurée du bouddhisme ou de la non-dualité.

Extraits : " Faire le bien, faire le mal, c'est s'attacher à des caractères particuliers.......

Tout cela ne vaudra jamais le fait de reconnaître soi-même sa propre méthode

spirituelle rien qu'en m'écoutant. Cette méthode, c'est l'esprit, parce qu'en dehors de

l'esprit, il n'est pas de méthode. Cet esprit est la méthode, car en dehors de la méthode,

il n'est pas d'esprit...........

Reconnaissez votre esprit fondamental uniquement dans votre conscience ordinaire,

parce que si votre esprit fondamental n'appartient pas à votre conscience ordinaire, il

n'en est pas non plus séparé." 

 


MES CITATIONS


Les enfants se projettent dans la vie comme les oiseaux
dans l'air, certains d'être portés.


Avoir du mépris pour ce que les autres sont devenus, c'est facile.
Avoir du mépris pour ce que nous sommes devenus, c'est déjà plus difficile.
Avoir du mépris pour ce que nous voulons devenir, c'est rare.


Ce qui est dur dans la solitude, c'est qu'on n'a plus personne à critiquer
à part soi-même.


Les matérialistes s'identifient à leurs biens matériels, les hommes d'action à leurs actions, les intellectuels à leurs idées, les religieux à leurs croyances, les hommes de pouvoir à leur pouvoir  ; dis-moi à quoi tu t'identifies, je te dirai qui tu es.


Porter un jugement, c'est perdre sa liberté de jugement.


Si nous ne nous aimons pas, nous pensons tout naturellement que les autres
ne nous aiment pas non plus ; et cela nous fait une bonne raison de les détester.


C'est une grande joie de sentir que s'envole le souci que l'on avait
de défendre une idée, une conviction, une croyance.


Ce que nous pensons que les autres attendent de nous
n'est pas différent de ce que nous attendons des autres.


La conscience de soi est une remise en cause de soi.


Il nous est impossible de ne pas nous demander : qui sommes-nous ?
Il nous est impossible de répondre à la question : qui sommes-nous ?


Ce n'est pas au monde d'inventer l'enfant qu'il veut, c'est à l'enfant
d'inventer le monde qu'il souhaite et d'en devenir responsable.


Pour faire des découvertes, ne comptons pas sur notre savoir,
comptons plutôt sur notre ignorance.


Être libre de la peur, c'est accepter que soit détruit tout ce qui peut être détruit.


Notre véritable nature est inconnaissance de notre véritable nature.

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