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D'un côté, il nous semble que :


Nous ne pouvons pas nous départir de notre conscience, nier notre conscience, nier que nous sommes toujours conscients.


Nous ne pouvons pas nier que notre conscience existe indépendamment de notre volonté, nier que cette conscience est hors de portée de nos choix, de nos désirs, de nos idées et non atteinte par eux.


Nous ne pouvons pas nier que notre conscience est au-delà de toute idée de nous-même, que par nature, elle n'a rien de personnelle. Et pourtant, nous ne pouvons pas nier qu'elle est nous-même.


D'un autre côté, il apparaît que :


Nous ne pouvons pas nier que tout événement, toute personne, toute parole ou pensée, tout choix, toute décision, toute action, toute chose n'est rien d'autre que notre conscience de cet événement, de cette personne, de cette parole ou pensée, de cette action, de cette chose.

Notre vie ou le monde est notre conscience de notre vie ou du monde.


Nous devons admettre que notre conscience de chacune de ces choses varie dans le temps, quand nous y pensons. C'est la conscience des sentiments, plaisirs, désirs, impressions associés etc qui varient au fil du temps.
Nous sommes conscients des sentiments d'amour ou de haine, de la dégradation, de la souffrance, du malheur. C'est à dire que notre conscience des sentiments d'amour ou de haine, de la dégradation, de la souffrance, du malheur est l'amour ou la haine en question, la dégradation, la souffrance, le malheur.

Et alors la réalité de la vie semble être cela. Cela semble être la vérité.


La conscience est rien.

Cela ne veut pas dire qu'elle n'existe pas, mais elle n'est jamais rien de ce qu'on pourrait connaître.
On ne peut être conscient de sa conscience. Ce serait avoir deux consciences distinctes, la première et celle dont on est conscient.

Rien, espace vide d'objets de conscience admet tous les objets de conscience.


Tant que nous tenons à être quelque chose, du connu, ce quelque chose ou ce connu sera qui nous sommes – nous nous vivrons comme tels – et nous ne pourrons accepter d'être qui nous sommes vraiment : rien du point de vue de la connaissance.


Ce rien ou cette conscience-espace-vide est conscience des émotions, désirs, pensées, sensations, sentiments, sans être rien de tout cela, en étant libre de tout cela.


Si nous ressentons que nous sommes véritablement ce qui passe dans la conscience, si nous croyons être tout ce qui peut être dit, c'est parce que nous ne sommes plus la conscience : rien.

Tout est susceptible d'être nommé et relié à un savoir, un système de pensée. C'est un cadre verbal qui nous place en position de sujet séparé de l'objet, avec tout les rapports prévus entre eux.


Le verbe nous offre donc la possibilité d'être quelque chose ou quelqu'un de défini. Et la palette est très riche mais pas forcément réjouissante pour nous. Tout dépend de notre conditionnement socio-culturel.


Il y a cette prégnance, ce pouvoir d'un sens profond de la vie qui éclaire, oriente, informe toutes nos expériences, toutes nos perceptions. La continuité du sujet dans ce sens est assurée, de même que le sentiment de séparation avec le monde, et notre identification à un grand nombre de concepts.


" Un effort pour trouver un point de référence. Quelque chose, n'importe quoi à saisir. Une sorte d'explication ou de raison. Quelque chose pour remplir le rien " (Unmani Liza HYDE .- Die to Love)
 
Je me pense. Je me pense. Je me pense. Cela ne veut pas dire que je suis bien conscient d'une pensée qui parle de moi – c'est plus sournois que cela – cela veut dire du réfléchi, du familier, une reconnaissance en permanence. Une sorte d'extension conceptuelle, culturelle de l'enfant qui suce son pouce. Je me.


J'ai depuis longtemps intériorisé, convenu, qu'il y avait de la reconnaissance, de l'attribution dans le sens que l'on exprimait.
Le sens dans les paroles semble si capital, au point d'être l'objectif, l'enjeu primordial de la vie.

C'est à qui ? c'est pour qui ? c'est qui ? A qui est-ce ? J'acquiesce. Je suis celui à qui cela est.


A qui est-ce : attribution. Acquiesce : reconnaissance.


Cet accord ou acquiescement ne peut être refusé, évité. C'est la base de toute relation, la condition première de toute entente, acceptation, reconnaissance. Il faut ce fait : que « je me » sur invitation. Le contenu vient après.

C'est ainsi que l'on hésite toujours quand il faudrait décevoir ou détromper les attentes, les  opinions des autres à son sujet.

Ce fait de se penser est fondamental.

C'est l'invention de quelqu'un, de la personne. Car il ne peut exister une pure idée de sujet, vide, sans attributs, comme il ne peut y avoir d'attributs, de caractères qui ne soient portés, attribués à quelqu'un.


D'où les pensées incessantes. Une reconnaissance, dépendante de quelque chose, est toujours à renouveler. D'où l'effet de personnalisation, c'est le sens même de l'attribution et de la reconnaissance.


Ainsi, j'agis, je parle, je suis ému, je décide, je réagis, comme si je savais ce que je fais, ce que je dis, ce que j'éprouve, ce que je décide et ce que j'en pense.

"Q : D’où viennent, selon toi, les réactions ? Y a-t-il moyen de s’en libérer ?

Y : Elles viennent de la pensée. De la croyance en l’idée d’être une personne. Quand cette croyance tombe – et cela se fait en un instant, pas besoin de vingt ans de pratique pour ça – il n’y a plus que ce silence, cette intensité, alors tu te laisses faire.» (YOLANDE)

http://www.dsyolavie.org/yolande/yolande.html

Croyance têtue dans le contrôle ou le savoir. Auto-illusion indispensable à l'attribution-reconnaissance. Mais j'ai peur que l'on voit ce que je sais déjà : que je ne sais pas, que je ne me contrôle pas, que je ne me sais pas. Alors je me protège.


Pourquoi, de quel droit cette attibution, voulue par l'entourage ? Non, mais....!

 
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