| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Les religions, la morale, la psychologie, la société, notre entourage nous invitent plus ou moins clairement à nous changer en vue de notre salut, d'un monde
meilleur, de meilleures relations avec les autres etc
C'est à dire que ce changement est toujours motivé, il obéit à certaines raisons. Le changement, la volonté de nous améliorer commencent donc par un jugement sur
nous-mêmes. (Sinon pourquoi changer ?)
Avons-nous changé, si le changement, aussi infime soit-il, n'est pas une mutation globale, holistique et définitive ?
Dans « L'éveil de l'intelligence » (Ed. Stock) Jiddu KRISHNAMURTI montre bien en quoi cette approche est source de désordre et de souffrance.
Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, il est évident que, pour chacun d'entre nous, le monde n'est pas autre chose que notre conscience du monde. Le monde dans lequel je vis n'est pas la conscience du monde de mon voisin. Et que serait un monde dont nous n'aurions pas conscience ?
« Ma conscience est la conscience du monde. Le monde, c'est ma conscience, et le contenu de ma conscience, c'est le contenu du monde »
Mais ma conscience du monde est fonction de toute mon histoire, mes opinions, mes croyances etc de mes « connaissances » au sens le plus général.
Il n'y a pas un monde extérieur et un monde intérieur. Tout est objet de conscience. (Conscience de l'avion au loin ou celle d'une sensation en fonction de mes connaissances)
Réactualisées, ajustées ou pas, toutes nos pensées, raisons, sont les réponses de notre mémoire.
Donc, quand nous voulons nous changer, que voulons-nous faire ? Voulons-nous un changement global, une autre conscience, ou voulons-nous changer une partie de notre conscience ou de nos
connaissances ?
Si nous voulons nous changer pour certaines raisons, nous ne voulons changer que certains aspects de nous-mêmes.
Pour ce faire, nous nous appuyons sur des raisons qui font partie de notre conditionnement. Ces raisons sont aussi le fruit de notre histoire et des convictions que nous nous
sommes forgés. Un aspect de notre conscience prétend changer un autre aspect.
Ce n'est, éventuellement, qu'un réaménagement interne.
Et encore, puisque nos convictions principales, au nom desquelles nous voulons nous changer demeurent, il y aura, de toute façon, bien peu de changement.
Nous avons le sentiment que l'acteur de ce changement, celui que nous croyons être, est au-dessus de la mêlée, séparé de ce qu'il faut changer, non compromis :
« Quand nous parlons de changer, cela semble impliquer qu'il existe une entité séparée dans le sein de la conscience, mais capable d'effectuer une transformation «
« c'est dans cette conscience que l'homme a donné naissance à une entité qui dit : je suis en dehors de ma conscience. L'observateur dit : je suis autre chose
que la chose observée. Le penseur dit : mes pensées sont autre chose que moi-même »
Mais ce n'est que le pur produit, le prolongement de la raison qui nous motive. Il est indissociable de cette raison : « quand il n'y a pas de pensée du tout, il n'y a pas de
penseur. »
et d'autre part, le but poursuivi, le changement voulu est exactement celui qui est signifié par la raison. Quelle autre intention que celle de la pensée existerait-elle ?
« Dans l'Esprit, il n'y a aucune volition, autrement dit aucune affirmation et négation, à part celle qu'enveloppe l'idée en tant qu'elle est idée «
Corollaire : « La volonté et l'intellect sont une seule et même chose » (SPINOZA .- Ethique Part II – Proposition 49)
« tout le contenu est la conscience et tout effort que je fais pour m'en sortir fait précisément partie du même contenu »
Malgré notre sentiment, l'acteur n'en est pas séparé. Il n'est pas indépendant de notre conscience conditionnée, il l'épouse, il en est partie intégrante.
Ce qui fait dire justement à Alan WATTS : « La partie de vous-même qui veut changer les choses est celle-là même qui aurait besoin d'être
changée »
Cet acteur, suscité par la raison, ne va pas, ne peut pas se changer lui-même. Il ne peut vouloir changer que ce qui est (ou semble) séparé de lui.
Le moi est l'expression, le penseur de la pensée dominante, le maître d'oeuvre apparent de cette vélléité permanente de changement qui n'en est pas un.
« Un fragment entre les autres si nombreux devient l'autorité, le censeur, l'observateur, celui qui examine, celui qui réfléchit....le boss »
La volonté de se changer a besoin de l'existence d'un autre fragment pour exister. Elle est à l'origine de la fragmentation et du conflit.
C'est aussi la grille, la forme de pensée à travers laquelle nous voyons le monde et qui est cause du désordre, parce que nous l'entretenons.
« Le cirque continue quand il y a action de la volonté »
«s'affranchir de la volonté, c'est s'affranchir de cette fragmentation »
« Quand ils (les fragments) ne sont pas en lutte les uns avec les autres, ils ne sont pas des fragments »
»il (la volonté du moi) entretient la fragmentation » pour pouvoir se maintenir et donc aussi le désordre, la souffrance intérieurs et extérieurs.
« S'affranchir de la volonté, c'est s'affranchir de cette fragmentation »
Ce qui rejoint ADYASHANTI quand il suggère d'être totalement permissif avec la conscience : « Vous refusez à l'état de conscience egotique l'unique chose dont il a besoin pour rester dans l'état de transe. Il a besoin de luttes, il doit se battre »
Commentaires